Masters 1000 Monte-Carlo - La nouvelle vie de Valentin Vacherot : "Je ne vais pas me plaindre de signer des autographes…"
Par Laurent Vergne
Publié 06/04/2026 à 00:06 GMT+2
Du total anonymat aux attentes. Tout a changé pour Valentin Vacherot depuis son extraordinaire victoire à Shanghai. Le Monégasque revient chez lui, à Monte-Carlo. Devant son public et ses amis, dans ce club qu'il côtoie depuis l'enfance, il va tenter de grimper à nouveau sur son nuage de l'automne dernier. Il se sait très attendu. Mais il ne va pas pleurnicher. Ce serait un comble.
Valentin Vacherot.
Crédit: Getty Images
C'était il y a tout juste un an. Face à Jan-Lennard Struff, alors membre du Top 50, Valentin Vacherot décrochait sa toute première victoire à Monte-Carlo, avant de bousculer Grigor Dimitrov au tour suivant. Pour le Monégasque, cette poussée à domicile semblait alors avoir quelque chose du paroxysme de sa carrière. Lui, le 256e au classement ATP, s'offrait un petit moment de gloire, un tennistique quart d'heure warholien, avant de retourner dans l'anonymat d'où personne ne l'imaginait sortir à bientôt 28 ans. Douze mois plus tard, le voici de retour à la maison. Il n'est plus le même joueur, plus le même homme. Plus personne ne le regarde la même manière.
Shanghai est passé par là. La sensation du siècle. Le sacre le plus improbable jamais vu dans un Masters 1000. Depuis, il a confirmé en douceur, sans exploit, mais sans honte, a grimpé jusqu'à la 23e place dans la hiérarchie, en attendant mieux. On ne s'étonne plus de le voir là. Avec le recul, on s'interrogerait plutôt pour tenter de comprendre comment et pourquoi il a mis si longtemps à percer. Sans doute n'aura-t-il jamais autant senti son changement de statut que cette semaine, dans ce Masters 1000 sur le Rocher. Alcaraz, OK. Sinner, bien sûr. Et tous les autres. Mais l'attraction locale, à Monte-Carlo, c'est Valentin Vacherot.
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Video credit: Eurosport
"Il y a plein de joueurs qui ont des tournois dans leur pays, mais moi, j'ai l'un des plus grands tournois au monde, dans mon club, là où j'ai foulé les courts depuis que j'ai six-sept ans, rappelle-t-il. Ce sont les vestiaires où je me prépare tous les jours, les parkings où je me gare tous les jours. C'est pour ça que je suis comme un enfant chaque année dès qu'il y a le tournoi ici. La pression monte petit à petit. C'est un truc de dingue pour moi". Chaque année, oui, mais celle-ci n'a tout de même pas exactement le même parfum.
Je pense que maintenant, c'est à moi de passer la seconde
"C'est super, ça me pose aucun souci. Je ne vais pas me plaindre de signer des autographes entre la sortie du court et la rentrée dans les vestiaires, a confié à Eurosport l'unique Monégasque du classement ATP. Ça fait plaisir de sentir l'engouement. J'étais même impatient de ce jour, du début du tournoi, de sentir l'engouement dans les allées." Que du bonheur, en somme, et certainement pas un poids : "Je ne le prends pas comme un truc au milieu de mes pattes qui serait un peu chiant et me fait perdre du temps. Non, c'est cool. Si je repense à où j'étais il y a un an…"
Il y a un an, sa victoire face à Struff avait eu valeur de sommet pour lui. Il ne peut évidemment plus se contenter de ça. Mais en dépit de sa nouvelle envergure, il n'est pas tête de série dans ce Monte-Carlo 2026. S'il se défait du qualifié polonais Kamil Majchrzak, potentiellement dangereux, il affrontera l’Italien Lorenzo Musetti, 5e mondial et finaliste ici l'an dernier. Le genre de matches dont il a à la fois envie et besoin.
"Il n'y a pas eu d'énormes résultats depuis Shanghai, mais il n'y en a pas eu beaucoup de mauvais", résume-t-il. Jusqu'ici, cette saison, il a globalement été à sa place, là où son nouveau classement lui réclamait de se hisser. Un troisième tour à l'Open d'Australie et à Indian Wells, un huitième à Miami. Mais plus vraiment de très grosse performance. "Je sais très bien que tout ce qui s'est passé, c'était un petit peu le pic, le petit nuage et que j'allais retomber à un moment, poursuit-il. Je pense que maintenant, c'est à moi de passer la seconde, lâcher un peu cette attente pour aller rechercher des demies, des finales et un titre cette année. Pourquoi pas dès cette semaine, à la maison ?"
Ce ne serait pas le pire moment, en effet. Mais Valentin Vacherot ne veut pas tout voir via le seul prisme des résultats ou du classement. Un Monte-Carlo réussi, pour lui, ce serait ? "Déjà, une ou plusieurs victoires évidemment, mais sans parler de victoire, c'est surtout d'essayer de passer un super moment avec le public, de leur donner le maximum, m'amuser avec eux. Evidemment que des beaux matches avec la victoire au bout ce serait le meilleur, mais, déjà, qu'on passe des super moments avec le public, mes amis. Je voudrais continuer à procurer des émotions à toutes les personnes qui m'ont suivi depuis que j'ai commencé le circuit il y a cinq ans, ceux qui regardent tous mes matches, mes amis d'ici, du lycée, mes anciens d'entraineur, etc." Monte-Carlo n'a pas besoin d'être un second Shanghai pour que Valentin Vacherot soit comblé. Même si, après tout, rien n'est interdit.
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