Masters 1000 Monte-Carlo - Pour Arthur Rinderknech, plus c'est gros, plus ça passe

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Tombeur de Karen Khachanov (7-5, 6-2) lundi à Monte-Carlo, Arthur Rinderknech a une fois encore montrer sa capacité à mettre en danger les membres du Top 20. C'est devenu chez lui une excellente habitude depuis l'été dernier. Plus c'est fort en face, mieux il se sent. Il aimerait paradoxalement afficher la même régularité contre les joueurs classés à l'étage en-dessous.

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Arthur Rinderknech est tout de même un sacré coupeur de tête. Karen Khachanov en a à son tour fait les frais lundi à Monte-Carlo. Le Russe, 14e mondial, a été scalpé par le numéro un français (7-5, 6-2). Il n'est pas le premier et sans doute pas le dernier. Rinderknech est de ces joueurs dont le jeu et les armes se nourrissent de la difficulté. Plus le niveau est élevé en face, mieux il se comporte. Khachanov est ainsi le neuvième membre du Top 20 au classement ATP qu'il fait chuter depuis Roland-Garros l'an dernier.
Face au gratin, il affiche même un bilan assez nettement favorable sur les 10 derniers mois contre des joueurs de ce calibre (9-6). Pour ce qui est du Top 10, il a ainsi épinglé deux fois Alexander Zverev (Wimbledon, Shanghai) et Ben Shelton, ainsi que, pour ceux classés juste derrière cette zone de prestige, Casper Ruud, Alejandro Davidovich Fokina, Jiri Lehecka, Félix Auger-Aliassime, Flavio Cobolli et, donc Karen Kachanov. Des victoires sur herbe, sur dur, ou sur terre. Pour un joueur qui, lui-même, n'a encore jamais mis les pieds aussi haut dans la hiérarchie, un tel bilan est assez saisissant. Anormal, d'une certaine manière.
A titre de comparaison, si l'on prend certains joueurs déjà installés parmi les 20 meilleurs joueurs du monde, leur bilan contre le Top 20 est loin d'être aussi resplendissant. Sur la même période, de Roland-Garros 2025 à Monte-Carlo 2026, un garçon comme Flavio Cobolli n'a ainsi battu que deux membres du Top 20, pour neuf défaites. Alejandro Davidovich Fokina fait un peu mieux, avec cinq succès, mais sur 13 matches disputés. Il est rare d'afficher un ratio positif contre le Top 20. C'est en général l'apanage du gratin du gratin, de ceux qui campent dans les 10 premiers mondiaux.
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Ce que je dois faire, c'est faire ça à chaque match, quel que soit le joueur de l'autre côté du filet
Le match qui avait fait prendre conscience à Arthur Rinderknech de ses capacités, c'est paradoxalement une défaite, en trois sets qui plus est. A Roland-Garros, l'an dernier, il avait buté sur Jannik Sinner (6-4, 6-3, 7-5), mais il avait vraiment secoué l'Italien dans le troisième acte et cela lui avait mis la puce à l'oreille. "Je sais maintenant que je peux les battre, a-t-il témoigné lundi sur le Rocher à propos du Top 20. Je l'ai prouvé. J'ai aussi des qualités dans mon jeu et physiquement, ça me permet de leur rendre la tâche difficile contre moi. C'est quelque chose que je fais bien."
Face à eux, il se sent en confiance. En son potentiel, en ses atouts. A Indian Wells, récemment, il avait même pris un set à un Carlos Alcaraz qui était alors encore invaincu en 2026. L'Espagnol s'était alors agacé, assurant avoir l'impression que, contre lui, ses adversaires haussaient systématiquement leur niveau de jeu. "S'ils jouaient à ce niveau à chaque match, ils devraient être mieux classés", avait-il lancé. La tirade ne s'adressait pas exclusivement à Arthur Rinderknech, mais elle lui colle parfaitement.
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Car il y a forcément une anomalie dans cette situation. Il est effectivement trop mal classé pour un joueur aussi menaçant pour les meilleurs. Il en convient, son problème, c'est de se mettre au niveau de l'adversaire. Pour le meilleur ou pour le pire… "Contre eux (les membres du Top 20, NDLR), je sais que je ne peux pas faire d'erreurs, je ne dois rien donner, explique-t-il. Ce que j'aimerais, c'est avoir de bonnes stats comme ça contre des joueurs entre le Top 20 et le Top 50. Si j'avais les mêmes stats que contre le Top 20, je serais encore plus content. Mais ce que je dois faire, c'est faire ça à chaque match, quel que soit le joueur de l'autre côté du filet."
En schématisant, on dira donc qu'Arthur Rinderknech, capable d'être fort avec les forts, doit maintenant cesser d'être faible avec les faibles. Un peu comme s'il arrivait à résoudre les équations les plus difficiles pour caler sur les plus simples. Dommage. S'il gagne en constance, il pourrait alors s'approcher du Top 20. Mercredi, à Monte-Carlo, il fera face en 16es de finale à Joao Fonseca. Le jeune prodige brésilien semble promis à de grandes choses mais, pour l'heure, il est 40e mondial. Pile dans l'étiage dont parle le Français. Celui qui lui pose problème. Là où il doit progresser.
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