Masters 1000 de Montréal I "Je suis loin d'être le joueur que je veux devenir" : Ben Shelton, champion en (re)construction

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À Montréal, où il défend son titre, Ben Shelton tient à faire savoir qu'il trouve son jeu du moment très imparfait. S'il admet des progrès et se dit "confiant pour l'avenir" après deux échecs en Grand Chelem, l'Américain se trouve "loin" du niveau qu'il ambitionne, à 23 ans : celui des très grands. Nombre d'entre eux ont déserté le Canada : son premier gros test sera Joao Fonseca (dimanche). 

Shelton, l’heure des comptes

Video credit: Eurosport

N'allez pas raconter trop fort à Ben Shelton qu'il sait jouer au tennis. En tout cas qu'il a bien servi face à Zizou Bergs, martelé 6-3, 6-2 en 1h4 à Montréal, vendredi. Au moment où Tennis TV s'est approché de l'Américain pour lui suggérer qu'il avait sans doute démontré son tout meilleur niveau au service face à Bergs, Shelton a tranché, sincère et presque surpris : "Même pas en rêve (not even close). Je pense que je peux être meilleur". Sans ironie. Alors que Zizou Bergs n'a pas inscrit le moindre point sur le service de Shelton dans la deuxième manche (4 jeux blancs au service, 2 breaks). 
Au Canada, où il défend son titre de l'an passé, Ben Shelton la joue autocritique, comme souvent. Pas question de montrer les muscles, alors que son statut de favori s'est affiné au fil des tours et des forfaits : il reste le seul membre du Top 10 encore en lice. Les (très) gros ne sont pas venus (Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Novak Djokovic), les autres sont vite repartis (Alexander Zverev, éliminé au 2ᵉ tour, Félix Auger-Aliassime, forfait avant le sien…). 

Des breaks plus réguliers

Circonstances ou pas, Ben Shelton sort du lot. D'abord parce qu'il remet son propre titre en jeu. Question de stature. Mais parce qu'il impressionne, surtout, sur le court. Avant Bergs, éparpillé au troisième tour, le fils de Bryan avait déjà disposé du revenant Jenson Brooksby (6-3, 7-5) en deux manches. Là où ses adversaires de l'an passé Flavio Cobolli et Taylor Fritz ont chuté. Alex de Minaur n'a lui tenu qu'un tour de plus avant de s'incliner. 
Là, pour son entrée en lice, Ben Shelton a trouvé du mieux. Voire du bon. "La manière avec laquelle j'ai remporté le deuxième set, en ayant été breaké, et en breakant deux fois à mon tour pour terminer le travail : c'est énorme pour mon évolution en tant que joueur, a-t-il raconté à Tennis Channel, mercredi. C'est un set que j'aurais perdu dix fois sur dix il y a quelques années."
Lui, le gros serveur, ne s'inquiète plus de savoir engager la balle – "Je n'ai pas particulièrement bien servi la semaine dernière à DC (Washington), mais je suis plutôt confiant quant au fait que je vais pouvoir régler ce problème" –, mais il travaille à mieux la renvoyer.  
Il y a tellement de parties de mon jeu que je peux améliorer…
"C'est (le retour de service) quelque chose sur lequel je travaille sans relâche, précisait-il à Tennis Channel avant d'affronter Zizou Bergs. Et j'ai perçu d'énormes progrès en la matière ces dernières semaines. J'ai breaké douze fois lors de mes quatre derniers matches, et c'est quelque chose qui me satisfait beaucoup." À Washington, Shelton avait dû batailler pour vaincre Martin Damm Jr (6-4, 4-6, 6-4), puis Ugo Humbert (6-7, 6-3, 6-4), avant de tomber face à Alejandro Tabilo, toujours en trois sets (4-6, 7-5, 6-4) et avec trois breaks à son crédit. Ajoutez-y trois autres, obtenus face à Bergs, pour porter le total à quinze en cinq matches. 
Même imparfait, selon ses dires, ce Ben Shelton que n'a su toucher Zizou Bergs fera plus que tester Joao Fonseca, autre épouvantail du tournoi, en huitièmes. Le Brésilien s'est joliment défait de Stefanos Tsitsipas et Casper Ruud lors de ses deux premières sorties, sans céder le moindre set.
Dans le combat, souvent rude contre Fonseca, Ben Shelton va trouver les réponses qu'il cherche, lui l'ancien demi-finaliste qui rêve de retrouver les hauteurs à l'US Open, après deux gros échecs à Roland-Garros (défaite au 2e tour), puis Wimbledon (défaite au 1er tour). "Je n'ai pas été aussi régulier que j'aurais aimé l'être cette année", reconnaissait-il encore. Et puis, "Il y a tellement de parties de mon jeu que je peux améliorer… Je sais que je ne suis même pas proche d'être le joueur que je peux devenir, et que je veux devenir. C'est mon point de concentration chaque jour."
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