ATP 500 Pékin | Novak Djokovic, une fin de saison pour quoi faire ?
Par Laurent Vergne
Publié 28/09/2026 à 23:36 GMT+2
Il est devenu rarissime de voir Novak Djokovic au charbon avant le Masters 1000 de Shanghai. Mais après sa sortie de route d'entrée de jeu à l'US Open, l'ancien numéro un mondial est en quête de repères et de confiance. Il n'a plus grand-chose à jouer ou espérer en cette fin de saison. Son horizon, sa motivation ? Se remettre en selle pour… l'Open d'Australie.
"Ce qui mine le plus Djokovic, c’est que son mental ne suffit plus"
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L'automne s'annonce long pour Novak Djokovic. Sera-t-il interminable ? L'immense champion serbe l'a assez répété depuis maintenant des années, seul le Grand Chelem possède véritablement du sens à ses yeux à ce stade de sa carrière. Non qu'il prenne le reste par-dessus la jambe, en tout cas quand il daigne se présenter, mais la seule chose qui puisse encore constituer un plus significatif aujourd'hui pour lui serait un 25e titre majeur.
Or, même s'il convient de ne jamais dire jamais (précaution d'usage de mise pour tout le monde, mais absolument indispensable le concernant) cette hypothèse apparaît de moins en moins probable. 2026 l'aura pourtant vu retrouver la finale d'un Grand Chelem pour la première fois depuis l'US Open 2023 à l'occasion de l'Open d'Australie. Mais après ce pas en avant, il a semblé reculer d'un ou deux crans, et sa sortie dès le premier tour à New York récemment, avec un physique en déliquescence, n'incite guère à l'optimisme.
Mettons-nous à sa place aujourd'hui. Autant son échec déjà précoce (troisième tour) à Roland-Garros pouvait se digérer aisément et rapidement, Wimbledon et l'US arrivant presque dans la foulée, autant il a de quoi gamberger pendant plusieurs mois avant de retrouver une chance, en Australie. D'ici là, un long automne à traverser. Pourquoi et pourquoi faire ? Quel horizon devant lui ? Quelle motivation à court terme ? Il peut oublier le Masters de Turin, qu'il avait de toute façon esquivé ces deux dernières années malgré sa qualification. Cette fois, au moins, la question ne se posera pas.
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Venir ici m'apporte aussi un surcroît de confiance dont j'ai vraiment besoin
Alors, quoi ? il reste deux Masters 1000 pour boucler l'année à Shanghai puis à Paris. On doute que cela suffise à le placer dans un état d'exaltation ces prochaines semaines. Pourtant, comme après une violente chute de cheval, Djokovic a décidé de se remettre tout de suite en selle. Le revoici donc à l'abordage de la tournée asiatique. Il est sur le pont dès cette semaine, à Pékin. Ces dix dernières années, il n'avait pourtant joué qu'une seule fois un tournoi autre que le Masters 1000 de Shanghai en Extrême-Orient. C'était en 2019, à Tokyo. Pékin ne l'avait plus aperçu depuis… 2015.
La capitale chinoise fut pourtant longtemps un de ses endroits fétiches. Il était venu à six reprises entre 2009 et 2015, pour un total de… six titres. Oui, Novak Djokovic est invaincu ici. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles il a décidé d'y revenir, lui qui semble en quête de toute bonne "vibe" en ces temps quelque peu contrariés à l'approche de la quarantaine. "J'avais hâte de venir en Chine, comme toujours. Mon palmarès sur le sol chinois parle de lui-même. Venir ici m'apporte aussi un surcroît de confiance dont j'ai vraiment besoin", a-t-il d'ailleurs convenu. Puis, que ce soit à l'entraînement ou en match, je ressens beaucoup d'amour et de soutien de la part des fans de tennis chinois.
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La "NoleFam", comme il nomme son armée internationale de supporters, est il est vrai particulièrement active en Chine, où l'homme aux 24 Grands Chelems jouit d'une popularité importante depuis fort longtemps. Mais pas sûr qu'il ait choisi la facilité pour lancer son opération redémarrage post-US Open. Pékin est un 500 redoutable de densité. Actuel 12e mondial au classement, Djoko ne sera ainsi que la tête de série numéro 7. Placé dans le quart de tableau d'Alexander Zverev, il devra se montrer autrement plus convaincant que cet été s'il veut survivre ne serait-ce qu'à ses premiers matches, contre Nuno Borges puis possiblement Juan Manuel Cerundolo.
"Je me sens bien physiquement pour l'instant, a-t-il tenu à rassurer. Évidemment, c'est totalement différent de disputer un match officiel par rapport à des sets ou des séances d'entraînement. Mais jusqu'ici, tout va bien." En réalité, Pékin n'est pas un enjeu. Pas plus que ne le sera Shanghai ou, un peu plus loin cet automne, la tournée européenne en indoor. Le cap, c'est, déjà, janvier 2027 et Melbourne. Mais voilà bien l'ambivalence de la situation de Novak Djokovic : ce qu'il fera à court terme reste un mystère. S'il est aussi peu convaincant, tennistiquement et physiquement, qu'il ne l'a été en Amérique du Nord, pas sûr qu'il s'éternise cette saison. Il continue de voir plus grand et plus loin : le prochain Grand Chelem. L'Australie commence ici, et maintenant, à Pékin.
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