Pour obtenir une wild-card dans un ATP 500 quand on a 18 ans et que l'on est un "étranger", il faut forcément avoir un petit quelque chose de spécial. Felix Auger-Aliassime l'a, sans aucun doute. Les organisateurs du tournoi de Rio le savaient et c'est pourquoi ils ont attribué au tout jeune Canadien une invitation. Ils ne le regrettent pas. Il sera en finale dimanche et, en cas de victoire, pourrait conférer à cette drôle d'édition 2019 un petit parfum historique, de ceux dont le nez perçoit encore les effluves des années après, quand on se dit : "c'est ici, et cette semaine-là, que tout avait commencé".
Felix Auger-Aliassime avait impressionné depuis le début du tournoi carioca, en ne concédant pas une seule manche lors de ses trois premières victoires face à Fabio Fognini, Christian Garín et Jaume Munar. Il a lâché son premier set samedi contre ce vieux briscard de Pablo Cuevas, mais ce nouveau succès est peut-être plus significatif encore. Parce que l'enjeu, celui d'une potentielle première finale, était plus impactant encore, et qu'il lui a fallu naviguer dans des eaux parfois stressantes. De fait, le Canadien a parfois plié, mais dans la tête, il a toujours tenu bon, pour finalement l'emporter 6-3, 3-6, 6-3.

Un set perdu, quelques frayeurs, mais un pas dans l'histoire pour Auger-Aliassime

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Chez lui, la tête vaut bien le bras

Le premier set a été conforme à ce que l'on avait pris l'habitude de voir : un break rapide, dès le troisième jeu, et une promenade de santé pour l'ancien vainqueur de l'US Open Juniors, dont la sérénité et l'autorité ne manquaient pas de subjuguer. Et quand il a pris à nouveau le service de Cuevas dès le premier jeu de la manche suivante, on a cru que le jeune Felix allait tranquillement voguer vers une nouvelle victoire sans histoire.
Mais Pablo Cuevas a brusquement haussé son niveau de jeu, alors que son jeune rival affichait quelques signes de précipitation. Résultat, un debreak, un break, et l'Uruguayen, moribond vingt minutes plus tôt, menait 4-1 avant de recoller à un set partout peu après. C'est là qu'Auger-Aliassime a été fort, prouvant que, chez lui, la tête vaut décidément bien le bras. On aurait compris qu'il ne se relève pas de cet avantage d'un set et d'un break, qu'il rumine, cogite, voire s'écroule. Or il a retrouvé son âme de patron sur le court. C'est lui qui a porté le premier coup pour mener 3-0 rapidement et tenir ce break jusqu'au bout.

Le plus jeune en finale d'un 500

Il aura tout de même connu une ultime frayeur au moment de conclure. A 5-3, 40-0, il a vu s'envoler trois balles de match, dont la dernière après un point improbable, une défense sauvage de Cuevas et un deuxième smash bas du filet du Québécois. Là encore, ça aurait pu gamberger. Mais non. Une grosse première et une volée de coup droit pleine de sang froid et, deux points plus tard, la finale était bien là cette fois. Jamais un joueur aussi jeune n'avait atteint la finale d'un ATP 500.
Dimanche, l'histoire s'écrira peut-être en lettres plus dorées encore. De cette improbable semaine, cette finale entre Felix Auger-Aliassime et Laslo Djere est peut-être la moins illogique. Après tout, ils ont, à eux deux, sorti d'entrée les deux plus grosses têtes de série du plateau, Fognini pour l'un, Dominic Thiem pour l'autre. Le Serbe, 90e mondial en arrivant à Rio, a bénéficié du forfait du Slovène Aljaz Bedene samedi. Il aura l'avantage de la fraicheur. Cela pourrait ne pas être anodin. Mais qui sait, Felix le lion n'a peut-être pas encore montré toutes les facettes de son (immense) talent.
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