Ce n'était qu'une question de temps. Felix Auger-Aliassime a l'habitude d'aller vite depuis ses débuts. A 14 ans, le Canadien était devenu le plus jeune joueur à remporte un match sur le circuit Challenger, la deuxième division du tennis professionnel. Lundi, à 18 ans et demi, il sera le plus jeune membre du Top 100 et peut-être même du Top 50 s'il va au bout en battant en finale du tournoi brésilien l'autre surprise de la semaine, Laslo Djere.
Bien sûr, Rio n'est pas l'ATP 500 le plus clinquant du circuit. Des 13 tournois regroupés dans cette catégorie, c'est même probablement le plus "faible". Son plateau manquait déjà de densité mais avec la disparition de sept des huit têtes de série dès le premier tour, cette édition 2019 est devenue plus ouverte que jamais. Auger-Aliassime en aura profité au maximum, mais il ne doit rien à personne. Il a sorti Fabio Fognini, le numéro deux du tableau et affiché une solidité à toute épreuve.

Auger Aliassime au tournoi de Rio

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Pour moi, gagner ou pas le titre, ce n'est pas le plus important aujourd'hui
En cas de victoire, le Québécois serait le plus jeune vainqueur d'un 500 sous cette appellation. Mais Pete Sampras était plus jeune de quatre jours en 1990 à Philadelphie et Andrei Medvedev n'avait pas encore 18 ans lors de son sacre à Stuttgart. Ces deux tournois étaient des "Gold Series", l'équivalent actuel des 500. Peu importe. Dans le contexte actuel, où le vieillissement de la hiérarchie est une réalité, atteindre la finale d'un tel tournoi à 18 ans demeure une sacrée performance.
Sur le grand circuit, c'est donc l'acte de naissance de Felix Auger-Aliassime. Il peut devenir dimanche le plus jeune joueur en un quart de siècle à glaner un titre de cette envergure. Mais pour lui, ce n'est pas une priorité. Le protégé de Guillaume Marx et Frédéric Fontang ne raisonne pas sur du court terme. Il voit beaucoup plus loin. "Pour moi, gagner ou pas le titre, ce n'est pas le plus important aujourd'hui, parce qu'à la fin je veux avoir une grande carrière, chaque année, a-t-il assuré après sa victoire contre Pablo Cuevas samedi. Je ne veux pas qu'on se rappelle de moi pour une finale ou un titre quand j'avais 18 ans."

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Ambition et déférence

Ne croyez pas pour autant qu'il trouve "normal" tout ce qu’il vit depuis quelques jours. Cette explosion, il l'espérait, mais ne l'attendait pas forcément aussi rapide et brutale. Logique puisque, jusqu'à cette semaine, il n'avait atteint qu'une seule fois les quarts de finale sur le grand circuit, l'an dernier, à Chengdu.
"C'est incroyable, surréaliste", sourit le Montréalais, qui se faisait presque une montagne de son match contre Pablo Cuevas : "Je crois toujours en moi mais, honnêtement, je pensais n'avoir qu'une petite chance de gagner parce que Pablo est un joueur incroyable. Il a déjà gagné le tournoi ici, il est très expérimenté. Mais je me suis bien senti et après avoir gagné le 1er set, je me suis dit 'OK, je vais peut-être avoir une chance de gagner ce match'". Chez Felix Auger-Aliassime, l'ambition, réelle, se drape encore d'une forme de pudeur et de déférence pour les anciens, et c'est très bien ainsi.

Auger-Aliassime : "C'est incroyable !"

Je n'ai jamais joué contre Laslo, mais je l'ai observé
Il a aussi cette fraîcheur qui fait du bien. Comme lorsqu'il évoque son trouillomètre au moment de conclure sa demi-finale face au vétéran uruguayen. Il a vu s'envoler trois balles de match, dont une sur un point incroyable, où deux smashes ne lui ont pas permis d'achever les débats. "Je crois que c'est le truc le plus dingue qui me soit arrivé sur un court, rigole-t-il. Mais je suppose que c'est le genre de trucs qui arrive quand vous êtes sur le point d'atteindre votre première finale..."
Dimanche, ce sera le match le plus important de sa jeune carrière. Pour un premier titre. Face à lui, un joueur à peine mieux classé en arrivant à Rio (Auger-Aliassime était 104e, Laslo Djere 90e). Mais le Serbe, très bon joueur de terre battue, a lui aussi signé une semaine parfaite, avec un coup d'éclat initial contre Dominic Thiem. Et il n'a même pas eu à jouer en demi-finale, bénéficiant du forfait d'Aljaz Bedene. "Je n'ai jamais joué contre Laslo, mais je l'ai observé, et je m'attends à un match vraiment compliqué", prédit la nouvelle pépite canadienne. Mais quoi qu'il advienne dimanche soir, de beaux lendemains l'attendent.
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