Il a tenu sa parole. Pas vraiment adepte des déclarations tapageuses, Rafael Nadal avait pourtant affirmé avant d'arriver à Rome qu'il comptait bien gagner le tournoi et confirmer sa montée en puissance dans ce printemps sur terre. Et ce dimanche, le Majorquin a joint les actes aux mots en dominant son grand rival et numéro 1 mondial Novak Djokovic en finale du Masters 1000 italien en trois sets (7-5, 1-6, 6-3) et 2h49 de jeu. Cette victoire, très importante pour sa confiance à deux semaines de Roland-Garros, lui permet de glaner un 10e titre à Rome, le 88e de sa carrière et le 36e en Masters 1000 (record de Djokovic égalé).
S'il y avait encore des gens pour s'inquiéter de l'impression laissée par Rafael Nadal cette saison sur ocre, l'Espagnol les a sans doute rassurés. Certes, le numéro 3 mondial n'a pas écrasé Novak Djokovic comme il l'avait fait à Roland-Garros voici un peu plus de six mois (ce qui relève quand même de l'exception entre ces deux mastodontes). Il a aussi connu une vraie baisse de régime au cours d'un deuxième set rapidement abandonné au Serbe. Mais il a eu le dernier mot, et c'est bien là l'essentiel pour lui. Se dire qu'il a encore une belle marge de progression par rapport à son tout meilleur niveau doit d'ailleurs en effrayer plus d'un.
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Cette fois, Djokovic n'a pas refusé le combat

Car de l'autre côté du filet ce dimanche - et heureusement pour l'intérêt de cette finale qui consacrait leur 57e duel sur le circuit -, le "Djoker" était bien prêt au combat. Comme à son habitude, il a fait preuve d'une capacité assez exceptionnelle à récupérer de sa journée marathon de la veille (près de cinq heures passées sur le court), à tel point que c'est bien lui qui a remporté la grande majorité des longs échanges de la partie (20 sur 25 quand ils ont dépassé les 9 frappes). C'est donc dans la filière courte que Nadal, une fois n'est pas coutume, est allé chercher son salut (il a gagné 50 des 86 échanges de moins de 5 frappes).

Encore une chute et une grosse colère pour Nadal

Malgré un break concédé d'entrée, le Majorquin, sûr de sa force, a su refaire son retard dans la foulée. Et peu à peu, son travail de sape et son agressivité ont fait basculer la tendance en sa faveur dans un premier set très accroché et au cours duquel il aura encore chuté en se bloquant le pied dans une ligne cloutée. Furieux sur le moment, il a su se remettre dans sa partie et exploiter une baisse de tension de Djokovic au service pour virer en tête (7-5). Au rayon des satisfactions pour Nadal figure assurément son coup droit : sur cet atout majeur de son jeu, il a retrouvé toute sa brutalité et sa percussion (26 de ses 37 coups gagnants).

Nadal plus efficace et tranchant dans le "money time"

Le service, en revanche, a encore connu des hauts et des bas. Sa qualité de première balle a drastiquement baissé dans le deuxième acte et Djokovic ne s'est pas privé de l'exploiter. Très calme malgré le scénario contraire du premier set, le numéro 1 mondial a su reprendre la main dans le sillage de ses qualités exceptionnelles de relanceur, mais aussi en distribuant remarquablement bien le jeu en revers croisé puis long de ligne. Bien campé sur ses jambes, il a même semblé prendre un avantage psychologique et tennistique en début de troisième set, obtenant les deux premières balles de break à 2-2.
C'est sans doute à ce moment-là que s'est joué cette finale. D'une faute en coup droit d'attaque dans le filet (36 erreurs dans le match), Djokovic a raté le coche. Puis, Nadal a su placer le coup de reins décisif dans le jeu suivant en breakant blanc sur un passing de revers aussi merveilleux que caractéristique. Avec cette 4e décima (après Roland-Garros, Monte-Carlo et Barcelone) sur terre battue, le voilà fin prêt pour Paris où il sera, une fois de plus, le grand favori à sa propre succession.
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