L'annonce remonte au 26 avril dernier : "John Isner et Diego Schwartzman feront équipe lors du tournoi de double du Masters 1000 de Rome". Nous sommes le samedi 14 mai et le duo le plus improbable du circuit s'est qualifié pour la finale du tournoi romain de double.
Vainqueurs au super tie-break (6-4, 4-6, 11-9) de la paire composée du Kazakhstanais Andrey Golubev et de l'Argentin Maximo Gonzalez - l'équpe "John-Diego", surnommée "Isnerman", est désormais à une victoire du titre. Ce qui paraissait être une touche d'humour et une union axée sur le plaisir, - la différence de 38 centimètres entre les deux hommes est évidemment très visible -, est surtout devenue une idée redoutable sur le plan sportif.
En y repensant, le tweet d'Isner, le jour de l'annonce, était prémonitoire de ce qu'aller proposer cette paire des extrêmes : "Allez Diego Schwartzman, machine à relancer, on fonce." Le principe était simple : John Isner, 2,08m, était la machine à aces et Diego Schwartzman, 1,70m, devait être la caution relance. Chacun leurs forces pour rendre le duo complémentaire. Ils se sont surnommés : "Ace-bot" et "Return-bot".
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Schwartzman, alias "Return-bot", a fait de sa taille une force

Quatre rencontres : quatre victoires. Dans la Ville éternelle, voilà les deux joueurs avec le titre en ligne de mire. Sur la route de la finale, ils ont notamment épinglé les Colombiens Juan Sebastian Cabal et Robert Ferah - 11es mondiaux, et parmi les meilleurs joueurs de double depuis de longues saisons - à leur tableau de chasse.
Amis depuis longtemps, adversaires récurrents sur le circuit en simple, Isner et Schwartzman ont souvent plaisanté de leur différence de taille au fil du temps. Sujet à moqueries pour sa taille, qu'il juge exactement à 1,68m et pas 1,70m, l'Argentin avait d'ailleurs semblé agacé par les remarques au fil du temps, mais jamais il ne s'en est plaint sur le plain sportif. Au contraire, il s'est adapté.
Exemple concret : "El Peque" a grandement compensé son manque de centimètres en devenant très précis sur les zones d'impact de ses mises en jeu. Ses faiblesses sont devenues des chantiers pour progresser. "J'ai beaucoup travaillé mon jeu depuis la ligne de fond de court. J'ai aussi beaucoup travaillé mon service et d'autres choses pour battre les joueurs plus grands que moi. (...) Être grand peut vous aider pour beaucoup de choses, vous pouvez servir très bien et très fort. Depuis la ligne de fond, vous pouvez faire beaucoup plus de choses, parce que vous avez plus d'armes", expliquait-il en 2017.
Récemment, lors de l'annonce de la composition des équipes pour la Laver Cup, le joueur né à Buenos Aires n'avait pas manqué d'humour pour commenter sa présence dans l'équipe reste du monde. "Ce qui a de mieux avec la Laver Cup, c'est que je peux retrouver mes deux frères." Les deux frères en question : son copain Isner, évidemment, mais aussi l'autre géant du circuit : Reilly Opelka, 2,11m et désormais le plus grand joueur du Top 100 à l'ATP.
En attendant les retrouvailles en famille, l'envie de voir "Ace-bot et "Return-Bot" faire Roland-Garros ensemble s'est évidemment renforcée. Pourvu que ça dure !

Diego Schwartzman et John Isner lors du Masters 1000 de Rome 2022

Crédit: Getty Images

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