Il n'a toujours pas perdu le moindre set. Et pourtant, Alexander Zverev continue d'alterner le bon et le moins bon au cours de ses matches à Rome, c'est dire s'il a retrouvé un niveau moyen suffisant face à 95 % des joueurs du circuit. Vendredi, le numéro 3 mondial a ainsi été accroché pendant la première manche avant de ramener le Chilien Cristian Garin, 45e mondial, à la raison sur le score de 7-5, 6-2 en un peu moins de deux heures de jeu (1h51 précisément) en quart de finale. Comme lors des deux premiers Masters 1000 sur terre battue à Monte-Carlo et Madrid, il jouera donc pour une place en finale face à Stefanos Tsitsipas, tombeur de Jannik Sinner (7-6, 6-2) dans la foulée.
Alexander Zverev a eu du mal à mettre la machine en route ce vendredi. Était-ce dû à l'horaire matinal de son quart de finale, au souvenir de son premier duel perdu face à Garin sur l'ocre de Munich, voici trois ans, ou bien encore à autre chose ? Difficile de le savoir. Toujours est-il que l'Allemand a dû se faire violence au cours d'un premier set qui l'a vu davantage réagir que prendre les choses en main. Après avoir sauvé les deux premières balles de break de la partie à 3-2 contre lui, il s'est ainsi emparé de l'engagement adverse pour dilapider son avantage dans la foulée (4-4). Puis, il a refait la différence à 5-5 et a écarté deux nouvelles balles de débreak pour passer devant (7-5).
ATP Rome
Une bulle à part pour Djokovic, le plafond de verre de Tsitsipas
15/05/2022 À 22:03
Cette première manche en montagnes russes - reflétées par les statistiques de Zverev et ses 14 coups gagnants pour 16 fautes directes - a duré plus d'une heure (1h07 exactement). Et elle a autant libéré le champion olympique de Tokyo qu'accablé Garin. Le Chilien, beaucoup moins précis et solide à l'échange, a concédé le break d'entrée de second acte et n'y a plus vraiment cru. De son côté, Zverev s'est lâché, finissant tambour battant avec un magnifique décalage de coup droit fulgurant pour sceller l'affaire. Il n'a d'ailleurs commis que deux erreurs (pour 10 coups gagnants) dans cette seconde manche bien plus convaincante. De quoi aborder le week-end avec confiance.

Une heure et demie incandescente, puis Tsitsipas a éteint Sinner et le public romain

Tsitsipas a tenu le choc avant de dérouler

Dans la foulée, Stefanos Tsitsipas a connu un quart de finale au scénario voisin contre Jannik Sinner, 13e à l'ATP. A ceci près que la qualité et l'intensité des débats étaient franchement supérieures entre le Grec et l'Italien, porté par le public romain. La partie a ainsi duré près de deux heures et demie (2h26 précisément) - même si le malaise d'un spectateur avant la balle de match l'a rallongé d'une dizaine de minutes - pour deux sets (7-6, 6-2) d'une belle bataille.
Comme Zverev avant lui, Tsitsipas a imposé sa loi en résistant au retour de Sinner dans un premier acte très indécis de quasiment une heure et demie (1h26). Après avoir breaké d'entrée (3-0), le numéro 5 mondial a davantage subi en fond de court face au poids des frappes adverses. Il s'est ainsi fait fréquemment enfermer côté revers, contraint de reculer, et a perdu son avance (3-3). Intelligemment, Sinner a utilisé cet avantage en puissance pour distiller une petite dizaine d'amorties gagnantes sur lesquelles son rival n'a même pas pu courir. Le grand mérite de Tsitsipas a été de s'accrocher et de se concentrer sur son service pour aller jusqu'au jeu décisif.
Il a alors eu les nerfs plus solides que Sinner - auteur d'une double faute notamment - et a profité de la moindre opportunité pour se ruer au filet. Sur deux volées gagnantes, il a ainsi viré en tête (7-6). Dès lors plus en confiance, Tsitsipas a retrouvé plus de longueur et beaucoup mieux résisté et contré les coups de boutoir de l'Italien. Ce dernier a plongé de son côté, probablement un peu gêné au dos après avoir pris un temps mort médical entre les deux sets. Avec 33 coups gagnants pour 18 fautes directes, le Grec a retrouvé une sacrée densité pour terminer et semble prêt à défier Zverev pour la 3e fois consécutive en demie de Masters 1000.

Casper Ruud à Rome en 2022

Crédit: Getty Images

Ruud attend Djoko

Dans le troisième quart de finale, le combat a été aussi intense et il a également été conclu en deux manches. Plutôt décevant jusqu'ici dans cette saison sur ocre, Casper Ruud a rappelé qu'il était l'un des meilleurs terriens du monde. Le Norvégien, 10e mondial, a pris le meilleur sur Denis Shapovalov, tombeur de Rafael Nadal en huitième. Il l'a emporté en deux sets très accrochés (7-6, 7-5) et 2h20 de jeu. Pour atteindre sa deuxième finale en Masters 1000, il devra se défaire de Novak Djokovic ou Félix Auger Aliassime.
Ce duel de cogneurs en fond de court s'est joué à très peu de choses. Après avoir arraché la première manche 9 points à 7 au tie-break, sauvant une balle de set au passage, Ruud a fait la différence dans le 11e jeu du second acte. Il a vu sa persévérance payer, convertissant sa... 9e balle de break. Il lui aura donc "suffi" de prendre une fois le service de Shapovalov pour l'emporter.
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