Ce n'était pas un objectif. C'était bien plus que ça. Une part d'inaccessible. Oui, même quand on s'appelle Roger Federer, il n'est pas raisonnable d'envisager certaines choses. Redevenir numéro un mondial, voilà qui eut été une pensée bien cocasse de la part du phénomène de Bâle. Dans ses heures les plus sombres, comme à la fin de l'été 2013 ou durant ce second semestre 2016 au cours duquel le tennis a dû se passer de lui, il était à mille lieues d'un tel horizon. Il se savait capable de regagner un Grand Chelem. Deux semaines au top suffisent pour ça. Mais une année entière, préalable indispensable au trône du classement ATP...
Ce n'était donc plus un objectif. Mais c'était un rêve. "Un rêve devenu réalité", comme il l'a dit vendredi après avoir battu Robin Haase et validé son billet pour les demi-finales de Rotterdam. Jamais on ne l'avait vu aussi ému après un quart de finale gagné dans un ATP 500. On a même cru qu'il allait craquer lors de son discours au public néerlandais lors de la cérémonie organisée pour fêter son retour au pouvoir. Sans doute parce qu'il mesure déjà la portée de cette performance. A 36 ans et demi, il sera lundi le plus vieux numéro un mondial de l'histoire de son sport.
Quand vous êtes plus vieux, vous devez travailler deux fois plus et vous battre dur pour revenir à cet endroit-là
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A l'instar de Rafael Nadal l'été dernier, quand la première place tendait à nouveau les bras à son vieux compère, Federer a longtemps minimisé l'hypothèse d'une reconquête du trône. Mais il l'a admis vendredi, "être numéro un mondial est un aboutissement suprême en tennis." Personne ne le sait mieux que lui qui a passé plus de temps que n'importe qui d'autre à cette place. La saveur est cette fois toute particulière. De par son âge d'abord, puisque, comme il l'a dit, "quand vous êtes plus vieux, vous devez travailler deux fois plus et vous battre dur pour revenir à cet endroit-là".
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Mais peut-être plus encore parce qu'il semblait s'être éloigné définitivement d'une telle perspective. "Je n'avais jamais imaginé que ça puisse être possible après mon opération du genou (NDLR : en 2016), mais ça a été une quête géniale, savoure-t-il. J'ai bataillé pour y arriver, j'ai dû gagner beaucoup de matches l'année dernière. C'est peut-être un des accomplissements qui signifient le plus dans ma carrière. Etre là, numéro un mondial à 36 ans, bientôt 37, c'est vraiment un rêve."

Rotterdam, tout sauf un hasard

Après son nouveau titre à Melbourne, et la défaite en quarts de finale de Rafael Nadal, Federer s'était rapproché si près qu'il était devenu impossible de ne pas y penser très fort, le matin en se rasant ou le soir en se couchant. Imaginez une seconde qu'il ait pris ce mois de février en mode repos avant de revenir en mars pour Indian Wells et Miami, où il aura 2000 points à remettre en jeu après son doublé de 2017. Il ne faut pas négliger le destin quand il vous tend les bras. Les trains ne repassent pas toujours deux fois. "J'aurais eu d'énormes regrets si je n'étais pas venu ici cette semaine", concède-t-il.
Jouer entre l'Australie et la tournée américaine était donc inévitable. Et sa venue à Rotterdam, où il a décidé de demander une invitation, au grand bonheur du patron Richard Krajicek, presque une évidence. Pourquoi ? Peut-être parce que le Suisse, qui a le souci de l'histoire de son sport, a aussi la mémoire de sa propre histoire. "Retrouver la place de numéro un ici, a-t-il évoqué vendredi, où j'ai obtenu la toute première wild-card de ma carrière en 1998, ça signifie beaucoup pour moi". Avec l'âge d'un retraité, la fraicheur d'esprit d'un junior et un jeu qui, lui, demeure sans âge, Federer continue son petit surhomme de chemin...
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