Eurosport
ATP Rotterdam : Ascension fulgurante, héritage tchèque, Camporese… Cinq choses à savoir sur Jiri Lehecka
Par
Publié 12/02/2022 à 00:37 GMT+1
ATP ROTTERDAM - Son parcours est incontestablement l'événement de la semaine dans l'ATP 500 néerlandais : issu des qualifications, Jiri Lehecka, 137e mondial, a joué les coupeurs de têtes pour se frayer un chemin jusqu'en demi-finale. Avant son rendez-vous face à Stefanos Tsitsipas, voici ce qu'il faut savoir sur le Tchèque de 20 ans que l'on n'attendait pas à pareille fête.
Jiri Lehecka à Rotterdam en 2022
Crédit: Getty Images
Il est issu d'une famille de sportifs
C'est à l'âge de trois ans que Jiri Lehecka dit avoir tenu une raquette pour la première fois. Il voulait ainsi imiter sa sœur, elle-même influencée par leur grand-mère qui avait joué au tennis au niveau national en République tchèque. Si ses parents n'étaient pas eux-mêmes des passionnés de la petite balle jaune, ils ont tous les deux connu le monde du sport professionnel : son père dans la natation et sa mère dans l'athlétisme.
Son entourage lui a donc été d'une aide importante dans son parcours vers le tennis professionnel. "C'est une bonne chose que mes parents aient cette histoire parce qu'ils savent à quoi ressemble la vie d'un athlète. Ils savent ce que le corps peut subir et ils peuvent m'aider dans certaines situations", a confié Lehecka au site de l'ATP.
Il n'avait jamais gagné un match sur le circuit avant Rotterdam
Si Lehecka fait autant sensation cette semaine, c'est aussi et surtout parce qu'il n'avait aucune référence sur le circuit ATP avant son aventure néerlandaise. Pas la moindre victoire dans un tableau principal avant son exploit du premier tour contre le 12e joueur mondial, Denis Shapovalov (battu 6-4, 6-4). C'est le décalage entre ce niveau de performance et son absence de résultats qui a créé la surprise. Le voir doubler, puis tripler la mise respectivement face à Botic van de Zandschulp et Lorenzo Musetti n'en est que plus exceptionnel.
Il est néanmoins à noter que Lehecka était sorti des qualifications à l'Open d'Australie et avait poussé Grigor Dimitrov à jouer quatre sets (6-4, 4-6, 6-3, 7-5) au 1er tour dans la foulée. Et si le Tchèque ne comptait aucune victoire sur le circuit auparavant, c'est aussi et surtout parce qu'il disputait des Challengers en majorité l'an passé. Il en avait d'ailleurs gagné deux à Tampere (Finlande) et Bucarest (Roumanie) et avait atteint deux autres finales à Poznan (Pologne) et Pau.
Le plus mal classé à aller si loin depuis 27 ans
Grâce à ses résultats en Challengers, Lehecka a fait une première percée remarquable au classement ATP la saison passée. Il est ainsi passé de la 354e place mondiale en janvier à la 141e fin décembre 2021. Il n'empêche qu'en atteignant les demi-finales à Rotterdam en tant que 137e à l'ATP, le Tchèque de 20 ans est devenu le joueur le plus mal classé à aller aussi loin dans le tournoi néerlandais depuis un certain Omar Camporese en 1995.
L'Italien, qui s'était d'ailleurs imposé à Rotterdam en 1991, pointait à l'époque au 225e rang mondial. Et il s'était arrêté en demie, battu par le directeur actuel du tournoi, Richard Krajicek, en deux manches (6-3, 7-5). Ce dernier était alors 10e joueur mondial. La tâche sera encore plus ardue pour Lehecka qui défiera un joueur du Top 5 en la personne de Stefanos Tsitsipas (4e).
Berdych et Stepanek l'ont inspiré
Grâce à son parcours exceptionnel cette semaine, Jiri Lehecka est d'ores et déjà assuré de faire partie du Top 100 mondial lundi prochain, une grande première dans sa jeune carrière. Il sera par la même occasion le seul Tchèque parmi les 100 meilleurs joueurs de tennis du monde, alors même que son pays a été gâté pendant de longues années avec Tomas Berdych, membre régulier du Top 10, et Radek Stepanek qui a fait des incursions remarquées dans le Top 20.
Lehecka peut-il incarner la relève ? Il semble en tout cas avoir pris certaines qualités des deux hommes avec ses frappes sèches du fond du court et son goût pour le jeu au filet. Et il ne cache pas que ses illustres aînés ont bercé sa jeunesse. "Quand j'étais enfant, ils gagnaient la Coupe Davis (doublé en 2012 et 2013, NDLR) et jouaient des matches incroyables. A chaque fois qu'ils jouaient, je les regardais à la télé, et j'imaginais ce que ce serait de me retrouver à leur place, soutenu par autant de fans tchèques", s'est-il encore remémoré sur le site de l'ATP.
Il s'est aussi distingué en double
Enfin, si Lehecka est aussi à l'aise au filet, c'est aussi parce qu'il pratique régulièrement le double. Chez les juniors, il avait été ainsi titré dans l'épreuve à Wimbledon en 2019. Et il a enregistré de belles performances avec des partenaires différents sur le circuit Challenger l'an passé, décrochant trois titres, à Milan, Poznan et Bergame.
A noter enfin qu'il a aussi disputé le double en phase finale de Coupe Davis en novembre dernier contre… l'équipe de France. Associé à son compatriote Tomas Machac, il s'était incliné face à la paire Mahut-Herbert, non sans être parvenu à remporter le premier set (3-6, 6-4, 6-3).
/origin-imgresizer.eurosport.com/2021/11/25/3260448.jpg)
Jiri Lehecka et Tomas Machac face au double Nicolas Mahut-Pierre Hugues Herbert en Coupe Davis.
Crédit: Getty Images
Sur le même sujet
Publicité
Publicité