Cette fois, Jannik Sinner peut oublier la place de numéro un mondial en fin de saison, elle sera pour Alcaraz

Eurosport sur Google

Conséquence de son spectaculaire abandon en 16es de finale au Masters 1000 de Shanghai dimanche contre Tallon Griekspoor, Jannik Sinner va manquer dans la capitale chinoise une occasion de relancer la course à la place de numéro un mondial. Même s'il se remet sur pied et qu'il parvient à finir en trombe la saison, cela ne devrait pas suffire à combler son retard sur Carlos Alcaraz.

Jannik Sinner et Carlos Alcaraz

Crédit: Getty Images

C'était peut-être leur dernière grande bataille de 2025. Après avoir croisé le fer en finale des trois derniers tournois du Grand Chelem, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner avaient tourné cette page majuscule avec en guise de perspective, pour refermer le roman de 2025, le chapitre de la place de numéro un mondial en fin d'année. Après Alcaraz en 2023 et Sinner en 2024, qui, de l'Espagnol ou de l'Italien, allait partir en vacances fin 2025 en trônant au sommet de la hiérarchie ? Cet enjeu-là a pris un gros coup sur la tête dimanche soir et c'est sans doute une affaire réglée pour de bon.
Pour Sinner, la porte était déjà étroite. Son gros trimestre d'absence en raison de sa suspension en début d'année (il n'a pas joué entre l'Open d'Australie fin janvier et le Masters 1000 de Rome en mai) l'obligeait à réussir un carton presque plein. D'autant que l'exceptionnelle saison de son grand rival a encore compliqué sa tâche. Alcaraz traverse une période faste et, nouveauté chez lui cette saison, il fait preuve d'une constance en tous points remarquable. Il compte déjà huit titres et, en gros, quand il n'est pas bon, il va en finale. Il a toujours joué le match pour le titre lors de ses neuf derniers tournois.
picture

L'image-choc : l'abandon de Sinner, paralysé par les crampes

Video credit: Eurosport

Malgré tout, le forfait du Murcien à Shanghai offrait une petite chance à Jannik Sinner de relancer au moins en partie le suspense. Mais pour cela, il lui fallait conserver son titre en Chine et rafler les 1000 points en jeu. Son élimination, brutale sur la forme avec cet abandon provoqué par des crampes violentes qui l'empêchaient quasiment de marcher dimanche face à Tallon Griekspoor, scellent sans doute la course à la première place mondiale entre les deux assoiffés de titres du moment.

Alcaraz a placé la barre trop haut

En quittant la Chine, l'Italien compte très exactement 2540 points de retard sur son rival (8500 contre 11040) à la Race, le point de repère le plus efficace puisqu'il prend en compte uniquement les points engrangés depuis le 1er janvier de l'année en cours. Il lui reste trois tournois à disputer cette saison. Il est inscrit à Vienne (ATP 500, du 20 au 26 octobre). Après quoi il lui restera le Rolex Paris Masters et les ATP Finals, chez lui, à Turin. En admettant qu'il effectue un carton plein avec trois titres, dont un sans-faute lors du Masters turinois, il cumulerait alors 3000 points. Suffisant, en théorie, pour combler son retard sur Alcaraz.
Mathématiquement, les jeux ne sont donc pas encore définitivement faits. Mais d'une part, un tel hat-trick automnal lors de la tournée européenne en indoor est loin d'être garantie, et il pourrait ne pas être suffisant. Pour qu'il le soit, il faudrait que, dans le même temps, Carlos Alcaraz n'inscrive pas plus de 460 points. Pour l'heure, "Carlitos" n'est engagé ni à Bâle ni à Vienne lors de la dernière semaine de 500 de l'année. S'il ne demande pas de wildcard, il jouera "seulement" le Masters 1000 de Paris et le Masters.
Toutefois, même en admettant qu'il reste au repos de la finale de Tokyo jusqu'au coup d'envoi du RPM, compte tenu de la dynamique qui est la sienne et de sa motivation de briller enfin dans une fin de saison, on l'imagine mal échouer dans des proportions aussi grandes sur les deux derniers rendez-vous de l'année. Même s'il n'a jamais vraiment réussi à Bercy jusqu'ici (qui sait, le déménagement à Nanterre lui fera peut-être du bien…), mais 500 ou 600 points sur 2500 possibles de Paris à Turin n'a évidemment rien d'insurmontable. Et tout ceci, rappelons-le, dans l'hypothèse où Sinner effectuerait une razzia finale.
Les crampes de Shanghai resteront donc peut-être comme le dernier épisode de la course au trône 2025. Jannik Sinner était condamné à la perfection mais cette mission était trop complexe. L'un et l'autre auront affiché un rythme digne d'un numéro un mondial cette saison. Mais l'Italien, en dépit de ses deux couronnes majeures, a trop peu gagné par ailleurs, avec seulement trois titres, Pékin étant venu s'ajouter à ceux conquis à Melbourne et Wimbledon. Alcaraz a placé la barre trop haut, même pour lui.
picture

"Avec ce qu'il s'inflige, on peut avoir peur pour la fin de saison d'Alcaraz"

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité