Tsonga: l'aventure humaine

Jo-Wilfried Tsonga est prêt pour repartir à la conquête du circuit en 2011. Dans un long entretien donné à Tennis Magazine en décembre, le Français le plus régulier lors des tournois majeurs ces trois dernières années évoque ses motivations profondes.

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Crédit: Eurosport

Jo-Wilfried Tsonga entre "dans une autre phase" de sa carrière. En 2011, le N.13 mondial a décidé de revenir aux sources de son jeu, aux sources du plaisir de jouer, c'est-à-dire à un tennis "atypique, porté vers l'offensive". Dans un long entretien passionnant donné à Tennis Magazine, publié en décembre, Tsonga est revenu sur une saison 2010 étrange et tronquée à cause des blessures (genou), et sur ses motivations profondes. En toute franchise, il brosse le portrait d'un joueur sans complexe, qui a mûri mais qui doit encore se prouver qu'il peut aller chercher de grandes victoires.
"Je ne veux avoir aucun regret dans ma carrière", lance Jo-Wilfried Tsonga pour tourner une page 2010 un peu lourde. Lui qui a manqué une grande partie de la saison et une finale de Coupe Davis ne veut pas s'appesantir sur les mauvais souvenirs. Une seule loi : "Ce qui compte, c'est ce que l'on va faire, pas ce que l'on a fait". Il retient donc la demi-finale en Australie, le fait de finir 13e mondial "en jouant pour ainsi dire la moitié de l'année", et surtout les matches en cinq sets joués à Melbourne.
"Partager"
Pendant trois ans, JWT a donné l'impression de vouloir traverser le circuit comme on s'élance dans le Paris-Dakar, avec une détermination inflexible et un gros moteur. On l'a rarement entendu parler de ses doutes. Ici, il se confie. Ce premier match en cinq sets, cela commençait par l'obséder : "Cela va peut-être paraître un peu bête, mais pour moi, c'était un objectif de jouer en cinq sets. [...] J'avais envie de vivre cette expérience. [...] Avant sincèrement, je m'interrogeais sur ma capacité à tenir la distance." Il s'interrogeait aussi, et c'est plus personnel, sur sa capacité financière. Le Tsonga des publicités voulait se "mettre à l'abri", et peut maintenant faire le métier sans cette pression : "Je n'ai pas fait de longues études, c'était important pour moi". Et cela a peut-être parasité son approche du circuit.
Rassuré financièrement, sorti de l'étonnement des premières années, il veut désormais éviter les polémiques (comme à Roland-Garros cette année, quand il avait critiquer la programmation de la FFT) et retrouver le tennis spontané et offensif qui lui convient : "C'est le jeu que je pratiquais à l'Open d'Australie 2008 et cette année à Wimbledon. Cela correspond davantage à ma personnalité. Et c'est le tennis que j'aime."
Leader de l'équipe de France ? Ce n'est pas un objectif. Etre le relais entre plusieurs générations ? Pourquoi pas. Mais le véritable but, ce sont les titres : les Jeux Olympiques d'abord ("les Jeux ça dépasse le monde du tennis", dit-il), ensuite les tournois du Grand Chelem ("Sept matches, c'est un périple extraordinaire") et la Coupe Davis ("Je l'ai désacralisée"), voici la hiérarchie étonnante de Tsonga. Et mieux encore : "Partager". "Si vous gagnez tous les Grand Chelem du monde et que vous êtes tout seul chez vous pour les fêter, quelque part, cela n'a aucun sens. Vous ne serez pas heureux. [...] Pour moi, ma carrière, ça restera une aventure humaine avant d'être sportive." Fort de cette certitude, conscient qu'il n'a pas encore de palmarès à l'échelle de ses ambitions, il veut enfin décrocher un titre majeur : "Mon objectif, c'est de marquer un petit peu le tennis". On l'attend déjà impatiemment à Melbourne.
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