Un Federer à deux visages

Comme chaque année depuis 2003, Roger Federer a marqué la saison. En remportant un 16e titre majeur à l'Open d'Australie, mais également en perdant sa place de N.1 mondial une nouvelle fois au profit de Rafael Nadal. Mais le Suisse reste un solide N.2, avec encore quelques prétentions.

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Quelle image garder de Roger Federer après la saison 2010 : celle du champion défaillant à Roland-Garros qui a raté la dernière marche des 286 semaines au rang de N.1 ? Ou celle du champion revigoré qui bat Rafael Nadal en finale de la Masters Cup ? C'est tout le dilemme. Posez-lui la question : lui-même ne vous dira jamais qu'il a réalisé une mauvaise saison. Entre un 16e titre majeur, décroché à Melbourne fin janvier, et une 5e Masters Cup, soulevée à Londres fin novembre, Federer a remporté plus de trophées cette année (5) que les deux saisons précédentes (4 chacune). Mais un de ses plus grands regrets restera cette période mal négociée entre mai et juillet qui lui a fait perdre ses deux titres en Grand Chelem et a figé une maudite marque à 285, à une longueur du record de Pete Sampras.
Il ne fallait pas grand chose pourtant pour entrer un peu plus dans l'histoire de son sport. Une 13e victoire consécutive sur Robin Söderling en quarts de finale de Roland-Garros aurait pu permettre cela. Mais le Suisse, pourtant tenant du titre des Internationaux de France, a failli, laissant à Nadal l'occasion de s'installer de nouveau au premier rang mondial. Cela aurait pu lui couper les jambes, comme la perte de son titre à Wimbledon dans la foulée le laissait pressentir. Mais la fin de saison a montré que l'Helvète savait être aussi affûté physiquement que l'Espagnol, dominé dans le dernier tournoi des Maîtres de l'année.
3305 points à combler, pour l'instant
Federer en bonne forme en fin de saison, l'ex-N.1 l'avait annoncé. Une bonne récupération après l'US Open a été essentielle pour lui, comme en témoigne son excellent parcours avec trois tournois remportés (Stockholm, Bâle et le Masters), une finale (Shanghai) et une demi-finale (Paris), soit un excellent ratio de 21 victoires pour 2 revers: le premier assez net face à Andy Murray en Chine. Le second nettement moins face à Gaël Monfils à Bercy, qui n'est pas sans rappeler celui subi face à Tsonga au Masters du Canada en 2009, le Suisse ayant eu le match en main (5 balles de match face à Monfils) avant de s'incliner.
"Je prends les défaites avec un peu plus de légèreté qu'à l'époque où j'essayais de percer, se plaît à relativiser le Suisse. Quand on n'a encore rien réussi, on ressent les échecs plus durement. Même si je perds, personne ne pourra m'enlever mes victoires. Quand on essaie de s'imposer, de prouver qu'on peut gagner des Grands Chelems et devenir N.1 mondial, on est sous la pression des médias. De soi-même aussi. C'étaient les moments les plus stressants de ma carrière. Maintenant, je peux jouer beaucoup plus relax". Sa défaite en quart de finale de Wimbledon face à Berdych est sans doute l'exception. Ce match restera le point noir de sa saison et celui qui a longtemps hanté le sextuple vainqueur du All-England Club.
Ne concluez pas que l'ambition l'a quitté. Pour cette année, le sommet de la hiérarchie occupée par Rafael Nadal lui sera inaccessible jusqu'au mois de juillet, période de l'année où l'Espagnol aura à défendre trois Masters 1000 sur terre battue et deux titres en Grand Chelem, mais cela ne perturbe guère le Suisse. "Ce sera très difficile, car Rafa joue bien. Je devrais défendre les points de ma victoire à l'Open d'Australie. Mais ce n'est pas quelque chose que j'ai en tête en ce moment", assure le Suisse qui a 3305 points à combler au classement. Et surtout 2000 à défendre à Melbourne, contre seulement 360 pour son adversaire. Mais il en est persuadé, la victoire est toujours à la portée de sa raquette. Il l'a démontré en égalant le record de Pete Sampras et d'Ivan Lendl avec un cinquième titre au Masters. En attendant de rejoindre la place de N.1 ? Après tout, il est déjà le 2e joueur de l'ère Open à être revenu au top l'an passé après avoir quitté le trône pendant plus d'un an.
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