Il est de retour. Trois semaines après sa chute en quart de finale de Roland-Garros, Dominic Thiem reprend le chemin du circuit, qui plus est dans la position de champion sortant à Vienne, un tournoi particulièrement cher à l’Autrichien. Il ne devrait donc pas manquer de motivation pour ce rendez-vous, mais le numéro 3 mondial sera-t-il pour autant à la hauteur de sa réputation, celle associée au surnom "Dominator" dont il a été affublé ?

Echo à celui déjà donné à son glorieux aîné Thomas Muster ("Musterminator") et à la saga hollywoodienne incarnée par Arnold Schwarzennegger, il a contribué à donner de Thiem, véritable bourreau de travail, l’image d’un joueur inépuisable physiquement. Mais sur la terre battue parisienne dernièrement, l’intéressé a craqué sur ce plan. Après avoir donné des signes de faiblesse contre Hugo Gaston en huitième de finale, c’est finalement face à son ami Diego Schwartzman qu’il avait cédé, totalement rincé dans l’ultime manche.

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Roland-Garros - Thiem: "J'ai donné tout ce que j'avais"

En quête d'un second souffle et de fraîcheur mentale

Non, Thiem n’est pas un robot. Et il n’est pas non plus à l’abri de la panne sèche. Même si ses facultés de récupération sont bien supérieures à la moyenne, il n’y a parfois qu’un seul moyen de refaire le plein : le repos total. "Je me sens assez bien à nouveau. Il y a eu peu de temps entre l’US Open et Roland-Garros, mais j’ai bien géré cette période. J’ai donné tout ce que j’avais. J’étais évidemment complètement à plat après Roland, donc j’ai pris une semaine ‘off’ pendant laquelle je n’ai rien fait. Et il fallait aussi que j’analyse et que je me retourne sur ce que j’avais accompli à Flushing Meadows", a-t-il ainsi expliqué avant son entrée en lice en Autriche mardi contre le lucky loser ukrainien Vitaliy Sachko (453e mondial) qui a remplacé Kei Nishikori, forfait de dernière minute.

Calendrier démentiel oblige, le numéro 3 mondial n’avait ainsi pas eu vraiment le temps de digérer son exploit new-yorkais. Même s’il avait passé un cap tennistique indéniable ces deux dernières saisons, il n’avait pas réussi à "transformer l’essai" jusqu’alors en finale de Majeur. Sa défaite au bout des 5 sets en Australie en début de saison contre Djokovic l’avait d'ailleurs particulièrement affecté. Alors quand le Serbe s’est exclu tout seul de la course sur le dur américain, Thiem a su qu’il ne fallait pas laisser passer l’occasion. D'où son état de nervosité extrême lors d’une finale presque tragi-comique contre Alexander Zverev qu’il a finalement remportée in extremis à son grand soulagement.

"Les 18 derniers mois ont été phénoménaux pour moi, mais aussi très durs parce que je me suis vraiment mis beaucoup de pression. Je suis bien sûr super content d’avoir finalement gagné un tournoi du Grand Chelem, et que mon plus grand rêve soit devenu une réalité. Les choses sont un peu plus faciles. Je me sens un peu plus relâché depuis que j’y suis parvenu. Je suis heureux et enthousiaste à l’idée de tout ce qui m’attend désormais", a-t-il aussi confié. A le croire, Thiem est donc paré pour atteindre de nouveaux sommets, et ce dès ce tournoi de Vienne.

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Le tableau est incroyable : c'est probablement l'ATP 500 le plus relevé jamais joué

Mais il le sait, tout ne dépendra pas que de lui. L’annulation des Swiss Indoors de Bâle, autre ATP 500 habituellement au programme dans le calendrier, a permis au tournoi autrichien de réunir un plateau digne d’un Masters 1000. Le numéro 1 mondial a même fait le déplacement pour la première fois depuis 13 ans pour conforter son statut. "C’est toujours spécial d’aborder un tournoi en tant que tenant du titre. Mais cette année, le tableau est incroyable. C’était déjà fort sans Novak (Djokovic), et avec lui, c’est devenu irréel. C’est probablement l’ATP 500 le plus relevé jamais joué. Défendre mon titre n’est pas mission impossible, mais presque", a d’ailleurs considéré le numéro 3 mondial.

Il n’empêche, Thiem compte bien trouver en lui un supplément d’âme pour réaliser le doublé. "Après l’US Open, je pense que c’est le plus grand titre de ma carrière (il compte le Masters 1000 d’Indian Wells à son palmarès pourtant, NDLR). C’est probablement l’un des plus riches en émotions, parce que je connais le tournoi depuis que j’ai 4 ou 5 ans : j’étais un spectateur qui ne comprenait même pas le tennis à l’époque. Et d’année en année, j’ai joué les qualifications, j’ai été invité dans le grand tableau, puis directement qualifié grâce à mon classement et tête de série. Tout ce qui peut arriver dans une carrière de joueur de tennis est arrivé pour moi à Vienne, jusqu’à ma victoire en 2019."

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Plus relâché, mais moins soutenu

Pour finir de se persuader de l’importance de cette semaine pour lui, il suffit de se remémorer son parcours victorieux de la saison passée. Très tendu pour commencer ses matches, Thiem avait été mené trois fois (sur 5 matches) une manche à zéro avant de renverser la vapeur et de faire respecter son statut de favori à domicile, notamment en finale contre Schwartzman. "Chaque match était à guichets fermés, l’atmosphère était fantastique. Et c’était assez dramatique aussi", s’est-il encore rappelé.

Cette fois, il ne pourra pas compter sur un soutien massif, la jauge de spectateurs ayant été bien réduite à cause du coronavirus (1000 par jour aux dernières nouvelles). Il en a d’ailleurs profité pour assister aux premières loges au match à suspense de son ami et compatriote Dennis Novak perdu face à Kevin Anderson lundi. Mais déchargé du fardeau des attentes, peut-être n’en sera-t-il que plus dangereux ? Après un 1er tour très accessible, Stan Wawrinka puis Andrey Rublev, un des hommes en forme du moment, pourraient lui être proposés avant même le dernier carré. Thiem devrait être vite fixé sur sa capacité à assumer ses ambitions. La finale rêvée face à Djokovic est encore loin.

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