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Sur cette finale de Masters, Federer joue bien plus gros que Djokovic

Sur cette finale de Masters, Federer joue bien plus gros que Djokovic

Le 22/11/2015 à 07:16Mis à jour Le 22/11/2015 à 19:52

Après l'avoir battu en match de poules, Roger Federer devra battre Novak Djokovic une deuxième fois pour remporter son plus gros titre depuis Wimbledon 2012. Un titre qu'il guette avec impatience et qui compterait plus bien pour lui que pour le numéro 1 mondial.

Dimanche, Roger Federer jouera plus gros que Novak Djokovic. Non pas que la finale du Masters ne soit pas importante aux yeux du Serbe, mais étant donné qu'il est triple tenant du titre et au vu de tout ce qu'il a accompli cette saison, une défaite n'aurait pas la même portée qu'un revers du Suisse face au numéro un mondial au coeur de l'O2 Arena de Londres.

Le dernier grand titre du Bâlois remonte à Wimbledon 2012. Et depuis, Federer est toujours à la recherche de cette distinction importante qui pourrait concrétiser les efforts effectués depuis deux ans et cette fameuse saison 2013 où il avait "touché le fond", à son échelle... Cela le motive bien plus que la place de numéro deux mondial qu'il pourrait chiper à Murray en fin de saison. Il a eu trois occasions de regarnir son armoire à trophées majeurs en finale de Grand Chelem, mais à chaque fois, que ce soit à Wimbledon (2014 et 2015) ou à l'US Open (2015), un seul homme a annihilé ses espoirs de 18e titre majeur : Djokovic.

60% de réussite face à Djokovic dans des matches en deux sets gagnants

Une victoire dans ce tournoi, qu'il n'a d'ailleurs plus remporté depuis 2011, permettrait de décrocher cette récompense qu'il attend patiemment. Depuis, 2013, Federer n'a eu "que" trois Masters 1000 à se mettre sous la dent. Dimanche, le Suisse aura toutes les raisons d'y croire. Ces deux dernières années, ils ont joué dix fois l'un contre l'autre dans un match au meilleur des trois sets et le Suisse s'est imposé six fois (Dubai, Monte-Carlo, Shanghai en 2014 ; Dubai, Cincinnati et en phase de poules du Masters en 2015), dont cinq fois sur dur. 60% de réussite face au Serbe, ce n'est pas rien.

Pour Patrick Mouratoglou, jouer un match en deux sets gagnants et en salle rassemble même pour le Suisse les meilleures conditions pour battre le Serbe. "Je pense que Federer est même le seul joueur à pouvoir rivaliser avec Djokovic en indoor." Il faut remettre cette phrase dans son contexte : le coach de Serena Williams avait déclaré cela il y a quinze jours, en marge du tournoi de Bercy, sans savoir que le Suisse allait le dominer en phase de poules du Masters et le retrouver en finale quelques jours plus tard. "Sur cette surface avec la qualité du tennis qu'il pratique, Federer peut lui poser de réels problèmes et je ne vois que lui à pouvoir le faire". Bien vu.

Roger Federer et Novak Djokovic

Roger Federer et Novak Djokovic Imago

" Avoir battu Djokovic cette semaine en match de poules est un avantage pour moi, mais sa confiance à lui est encore plus élevée que la mienne "

Il le fera surtout si son physique tient la route. De ce point de vue, "Rodgeur" est de nouveau compétitif, et loin de celui qui avait le dos en vrac l'an passé au point de zapper la finale 2014 du Masters. "Je me sens bien mieux qu'après la demi-finale l'année dernière. La conférence de presse avait été assez pénible car je savais que je n'étais pas dans un super état. Cette année, c'est complètement différent. Je n'ai mal nulle part, je me sens bien. Je suis soulagé, content de ma semaine jusque-là. Avoir battu Djokovic cette semaine en match de poules est un avantage pour moi car ça me donne confiance. Mais je pense que sa confiance à lui est encore plus élevée que la mienne après la saison qu'il a connu et toutes ces victoires."

C'est enfoncer une porte ouverte que de dire que Novak Djokovic ne se laissera pas faire. "Il sait augmenter son niveau de jeu dans les compétitions majeures, soulignait encore Mouratoglou. La différence de niveau qu'il a montrée par exemple entre la finale de Cincinnati, remportée par Federer, et celle de l'US Open où il s'est imposé en est la parfaite illustration. A New York, c'était incroyable la façon dont il retournait les services du Suisse et lui posait des problèmes insolubles." Dimanche, à Londres, le constat sera sans doute le même. A moins que Federer ne sorte le match parfait. Et que Djokovic lâche un peu prise...

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