Si l'arrêt des circuits tennistiques a un mérite, c'est qu'il permet de réfléchir à leur fonctionnement. Et parfois de le remettre en cause. Dans un entretien la semaine dernière, Grégoire Jacq, 705e joueur mondial, pointait ainsi du doigt la mauvaise répartition des gains qui empêche, selon lui, une partie des joueuses et joueurs professionnels de gagner leur vie. Il proposait ainsi de réduire quelque peu le "prize money" des champions de Grand Chelem et de le redistribuer aux circuits secondaires (Challengers, Futures). Invitée à s'exprimer sur le sujet par le site tennismajors.com, Marion Bartoli a évoqué une autre solution qui devrait faire débat : supprimer des doubles pour réaffecter leurs gains aux petits tournois de simples.
"Je sais que je ne vais pas me faire d'amis mais je pense qu'il faut le dire : je ne comprends qu'il y ait autant de compétitions de doubles toute l'année. Pendant les Grands Chelems et les Jeux Olympiques d'accord, parce que le double fait partie de l'histoire du tennis, mais j'ai été sur des tournois avec ma joueuse (Jelena Ostapenko, ndlr) et j'ai vu ces joueurs de doubles qui ont des équipes de six personnes autour d'eux. Quand j'étais joueuse sur le circuit, je n'avais pas les moyens de payer six personnes pour voyager à temps plein avec moi", a observé la championne de Wimbledon en 2013.
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"En double, on ne s'entraîne pas autant"

Les tableaux de doubles attirent souvent beaucoup moins de spectateurs que ceux de simples et c'est un problème parfois pour les directeurs de petits tournois. Pour Bartoli, le prize money offert aux équipes de doubles sur les circuits ATP et WTA ne tient pas compte de ce décalage. "Pourquoi ne pas donner une partie de cet argent aux joueuses et joueurs de qualifications, ou à ceux qui ne jouent que les Challengers ? En double, on ne fait pas les mêmes efforts qu'en simple. On ne s'entraîne pas autant... et ces équipes gagnent de l'argent toutes les semaines. Je ne sais pas s'il faut arrêter les doubles complètement, mais redistribuer une partie de cet argent devrait être une solution", a-t-elle conclu.
Avec trois titres en double et plus de 200 matches dans la discipline au cours de sa carrière, Bartoli a une certaine légitimité pour en parler mais risque de se mettre à dos les spécialistes. Elle a, en tout cas, sûrement lancé un nouveau débat.
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