Roland-Garros - Renversé par João Fonseca au troisième tour, Novak Djokovic a-t-il fait un pas de plus vers la retraite ?
Par Paul Citron
Mis à jour 30/05/2026 à 08:08 GMT+2
C'est un nouveau match de légende qu'a vécu Novak Djokovic ce vendredi, un de plus dans son immense carrière. Mais celui-ci, il l'a perdu. Il a eu beau mener deux manches à rien au troisième tour de Roland-Garros, João Fonseca l'a retourné et lui a infligé une défaite dont tout le monde se souviendra. Le Serbe de 39 ans, lui, devra la digérer. Et il n'est pas certain que cela soit si facile.
Zverev et la pancarte du favori : "S'il ne gagne pas là, il ne gagnera jamais de Grand Chelem"
Video credit: Eurosport
Avant ce vendredi, Novak Djokovic n'avait perdu qu'une seule fois de sa carrière en Grand Chelem après avoir mené deux sets à rien. C'était contre Jürgen Melzer, le 2 juin 2010, en quarts de finale de Roland-Garros. Il y a seize ans. À l'autre bout de sa carrière. Il l'avait très mal vécu. "Cette défaite a été très difficile pour moi sur le plan émotionnel. J'ai pleuré après avoir été mis K-O. C'était un mauvais moment, je voulais arrêter le tennis parce que je voyais tout en noir", avait-il avoué plusieurs années après. Entre ce 2 juin 2010 et vendredi, Novak Djokovic a bien grandi. Il a 39 ans et il est devenu un extraordinaire champion. Le plus grand de l'histoire de son sport, qui en compte pourtant beaucoup. Cette fois-ci, il n'a peut-être pas pleuré en quittant le court Philippe-Chatrier après avoir été renversé par João Fonseca. Mais arrêter le tennis, pourrait-il y penser de nouveau ?
Fonseca l'a rendu impuissant
L'histoire de ces deux défaites est bien différente parce que Djokovic est un autre homme aujourd'hui. Infiniment plus sûr de lui, plus conscient de ses capacités, de ce dont il est capable ou pas. Il avait eu raison de persévérer après avoir perdu contre Melzer parce que dès 2011, il retrouverait le chemin vers la gloire. Sa défaite vendredi dit autre chose. Face à Fonseca, le Serbe a très bien joué, il a même largement dominé le début du match tactiquement. Et malgré cela, malgré toute son expérience des grands moments, malgré sa science du jeu, malgré son intelligence devenue référence, il n'a pas su empêcher un joueur de 19 ans qui vivait sa première sur le court Philippe-Chatrier de prendre le contrôle des événements.
Depuis que Rafael Nadal et Roger Federer ont quitté le circuit, seuls Carlos Alcaraz et Jannik Sinner s'étaient montrés capables de dominer le Serbe en Grand Chelem. Et encore : au moment où cela commençait à paraître irréversible, Djokovic a fait craquer l'Italien en demi-finale à l'Open d'Australie au mois de janvier. Les autres, le Djoker en faisait son affaire. Zverev, bien sûr, mais avec lui les Tsitsipas, Musetti, De Minaur, Fritz, Ruud, Rublev. Quant aux moins de 20 ans, aussi prometteurs soient-ils, il les tenait en respect en Majeur, avec 18 victoires à zéro jusqu'ici. Seuls les deux nouveaux extraterrestres, ainsi que son propre corps, pouvaient le faire dévier du but. Cette défaite ouvre en grand le champ des possibles que Djokovic était parvenu à garder étroit, notamment parce qu'il axait toute sa préparation vers les grands tournois, les seuls qui l'intéressent encore.
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Novak Djokovic à Roland-Garros.
Crédit: Getty Images
Mon dernier match à Roland-Garros ? Je ne sais pas
Ce vendredi, Djokovic a été battu par plus fort que lui. Il l'a reconnu lui-même en conférence de presse, avec le fair-play dont il sait faire preuve. "Je ne pense pas avoir commis beaucoup d'erreurs dans le jeu. C'est juste qu'il a été meilleur." Il est vrai que Fonseca n'est pas n'importe quel jeune joueur. Il n'empêche que cela n'était jamais arrivé dans ces circonstances, même face à ses deux féroces concurrents de l'époque. Lui qui arrivait toujours à repousser ses limites, il a paru vieux – peut-être a-t-il simplement fait son âge, dépassé physiquement au fil du match par un garçon de moins de 20 ans qui s'est peu à peu senti pousser des ailes. "A quelques moments, je sentais que je tenais à peine sur mes jambes vers la fin du match", a-t-il reconnu. Fonseca l'avait vu. "Je me suis rendu compte qu'il était un peu fatigué, ça m'a donné de l'espoir", a avoué le Brésilien.
Djokovic a ceci de particulier qu'il est au crépuscule de sa carrière mais qu'il reste au sommet. Alors qu'il était devenu l'un des candidats évidents à la victoire finale, la question lui a donc été posée après ce revers : est-ce possible qu'on ne le revoie plus à Roland-Garros ? Qu'il quitte Paris ainsi ? "Je ne sais pas", a-t-il balayé dans un soupir. Il verra plus tard. Pour l'heure, il lui faut se tourner vers Wimbledon, où il n'est pas encore usurpé de le placer parmi les favoris. "Là-bas, ce ne sera pas aussi exigeant physiquement, assure Boris Becker, interrogé par TNT Sports. C'est son prochain grand objectif et après ses performances cette semaine, il a toutes ses chances pour s'imposer." Cela paraissait déjà difficile, et ce le sera encore plus que prévu.
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Novak Djokovic a perdu contre João Fonseca.
Crédit: Getty Images
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