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Ça gronde en surface

Ça gronde en surface
Par Eurosport

Le 08/11/2011 à 22:16Mis à jour Le 09/11/2011 à 14:01

Très rapide en 2010, la surface est beaucoup plus lente cette année à Bercy. Un virage radical, qui suscite la colère de nombreux joueurs, fatigués du manque de constance du tournoi parisien d'une année sur l'autre. Et pour couronner le tout, les balles sont aussi dans le collimateur de certains.

Si les oreilles de Jean-François Caujolle ont sifflé mardi à Bercy, que le patron du tournoi parisien ne cherche plus longtemps la cause de ces bourdonnements. Ils provenaient directement de la salle de presse du POPB, où plusieurs joueurs ont fait part de leur mécontentement. La gronde avait commencé timidement la veille, mais elle a pris une autre ampleur mardi. En cause, les balles et surtout la surface. En 2010, les organisateurs avaient choisi un revêtement ultra-rapide. Cette année, virage à 180° avec un retour à un terrain de jeu beaucoup plus lent. Evidemment, ça ne plait pas à tout le monde. Notamment aux gros serveurs.

Sorti d'entrée par Feliciano Lopez mardi après avoir atteint le dernier carré en 2010, Michael Llodra n'a pas été le dernier à se plaindre de ce changement radical. "Je ne comprends pas bien comment on peut changer à ce point. Je ne vois pas l'intérêt d'opérer un tel changement, sauf à dire que les organisateurs s'étaient complètement trompés l'année dernière", peste le gaucher français, qui n'a vraiment pas trouvé les conditions de jeu à son goût. "Il y a le court et il y a les balles. Elles sont molles, elles n'avancent pas. Je regardais le match de Julien contre Roddick, c'est impossible de faire un point du fond du court."

Tsonga avocat de la défense

Andy Roddick, justement, en a remis une couche un peu plus tard, après sa victoire contre Benneteau. Contrairement à Llodra, l'Américain a gagné, mais il regrette lui aussi le choix de l'organisation. Plus que la lenteur du court, c'est le manque de suivi, d'une édition à l'autre, qu'il déplore. "On ne sait jamais ce qui va nous tomber dessus ici, a-t-il confié, visiblement agacé. On ne sait jamais comment se préparer. On est passé d'un extrême à l'autre entre l'année dernière et cette année. On est tous dans l'expectative. Chaque fois qu'on arrive ici, quand on pose le pied par terre, il faut s'attendre à tout. Mais malheureusement, ce n'est pas moi qui prends ce type de décision. Je n'en sais pas les raisons."

Sur ce point, Jean-François Caujolle s'est chargé de répondre aux grognards. La direction du tournoi assume sa position. "L'année dernière, on avait peut-être poussé le bouchon un peu loin", justifie Caujolle. "Le but, ajoute-t-il, c'était de se rapprocher davantage de ce qui se fait à Londres pour le Masters. Bâle lent, Paris rapide et le Masters entre les deux, ça manquait de cohérence." Mais le rôle du Masters 1000 de Bercy est-il vraiment de se soucier de la cohérence des surfaces des tournois de fin de saison, ou des intérêts de son propre tournoi? Car aujourd'hui, c'est bien Bercy qui souffre d'un déficit de cohérence. Un souci récurrent, comme le rappelle Roger Federer. "Ca a toujours été le problème à Bercy", note le Suisse, qui s'est exprimé mardi matin avant de tester la surface pour la première fois dans la soirée. "J'espère qu'on ne reviendra pas à ce que c'était en 2007 quand j'avais perdu contre Nalbandian, s'inquiète-t-il. C'était vraiment trop lent. Pour moi, ce n'est pas ça le jeu en indoor."

Heureusement pour les organisateurs, ils peuvent compter sur l'avocat attitré du tournoi, Jo-Wilfried Tsonga. Le Manceau adore Bercy, et pour lui en faire dire du mal, il faut se lever de bonne heure. "La surface est bien", assure-t-il, avant d'argumenter: "A Valence, la semaine dernière, c'était pire que ça. Je n'arrivais pas à bouger Querrey, qui fait deux mètres. Les joueurs se plaignent ici mais franchement, c'était beaucoup plus lent à Valence." Du baume au coeur pour Jean-François et son équipe. Mais Tsonga a quand même une réserve, émise plus tôt par Llodra ou Milos Raonic: les balles. "Elles n'avancent pas. Il faut vraiment la traverser, sinon ça reste dans le filet à chaque fois. Elles ne me conviennent pas trop." Un regret plus qu'une critique. Il y en avait eu assez comme ça pour la journée, doit se dire la direction du tournoi...

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