"Joachim est redouté"

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Capitaine de l'équipe suédoise de Coupe Davis, Mats Wilander aborde la rencontre France-Suède, ce week-end à Strasbourg, avec prudence. Le multiple vainqueur de Roland-Garros ne dispose pas de spécialistes de la terre battue, mais il reste optimiste. Inte

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Crédit: Eurosport

Pouvez-vous nous dire un mot sur Joachim Johansson ?
M.W.: C'est actuellement l'un des joueurs les plus redoutés du circuit. Il n'a, certes, encore rien prouvé sur terre battue, mais en Coupe Davis, il suffit d'être performant sur un ou deux matches, contrairement aux tournois traditionnels où, non seulement, il faut gagner cinq matches d'affilée, mais aussi parfois affronter quatre Espagnols de suite... L'idée en elle-même pourrait suffire à démoraliser plus d'un joueur de surface rapide. La terre battue couverte et le format de la Coupe Davis font que Joachim représente une réelle menace.
Quelle est la force de votre équipe ?
M.W.: Le fait que nous n'ayons pas à choisir entre quinze ou seize joueurs peut apparaître comme un handicap, mais c'est à mes yeux un avantage. Nos six joueurs savent qu'à chaque rencontre de Coupe Davis ils auront une occasion de jouer. De fait, la Coupe Davis est clairement inscrite à leur calendrier. La fédération suédoise n'impose pas aux joueurs d'y participer, mais l'histoire montre que tous les grands champions suédois ont toujours voulu disputer cette compétition. C'est une épreuve qui nous tient particulièrement à coeur. Par ailleurs, il existe une réelle amitié et une concurrence très saine au sein de ce groupe.
Et sa faiblesse ?
M.W.: Tous nos joueurs sont adeptes du même type de surface. Qui n'est pas la terre battue...
En quoi votre expérience de joueur vous sert-elle dans votre rôle de capitaine ?
M.W.: Le message que j'essaye de faire passer est le suivant : en Coupe Davis, il y a un capitaine, une équipe et surtout pas d'individualités. Si un joueur perd son match, c'est que j'ai fait un mauvais choix ou que le tennis suédois n'est pas assez bon pour gagner la rencontre. Durant ma carrière de joueur, les matches de Coupe Davis étaient ceux où j'éprouvais le moins de pression, car je savais que tout ce qu'on me demandait était de faire de mon mieux. Alors qu'en tournoi, je ne me disais pas « Fais de ton mieux », mais plutôt « Tu dois gagner ».
La France a choisi la terre battue pour vous recevoir. Que vous inspire ce choix ?
M.W.: La terre battue est la surface sur laquelle je pense pouvoir être le plus efficace en tant que capitaine. Au-delà des conseils tactiques, je pense pouvoir aider efficacement mes joueurs sur le rythme à adopter. C'est ce qu'il y a de plus important pour un match sur terre battue. Et c'est une chose que je comprends mieux que tous autres joueurs suédois, Björn Borg mis à part peut-être. Je sens aussi que mes joueurs sont beaucoup plus réceptifs et ouverts à mes conseils lorsqu'ils évoluent sur terre battue. Mon rôle de capitaine prend donc plus d'importance lorsque la rencontre se déroule sur cette surface. J'ai la sensation de pouvoir changer le cours d'un match.
Quelles seront, selon vous, les clés de la rencontre ?
M.W.: Ce qui est très important pour moi, c'est le fait de savoir qu'il est possible de remporter les cinq matches. Je déteste savoir qu'un ou deux matches sont impossibles à gagner. Je m'explique : si vous jouez contre les Etats-Unis chez eux, il est quasiment impossible de battre Andy Roddick. A ce moment-là, une pression beaucoup plus forte s'exerce sur les trois autres matches.
Les joueurs français apparaissent actuellement en petite forme. Cela doit vous rassurer...
M.W.: Ce qui m'effraie de la part d'une nation comme la France, c'est son réservoir de joueurs. A l'Open d'Australie, récemment, la France avait quinze joueurs dans le tableau final. Un joueur du tableau final d'un Grand Chelem est capable de jouer la Coupe Davis. Ce qui me réconforte, c'est qu'aucun d'entre eux n'ait gagné Roland-Garros, ni même atteint la finale dans les cinq dernières années.
-Que redoutez-vous dans l'équipe de France ?
M.W.: La France a connu une belle réussite en Coupe Davis ces dix dernières années sans pour autant avoir de superstars. Sébastien Grosjean, qui est le meilleur Français depuis cinq ou six ans, ne gagne pas trois matches à lui tout seul. Ce n'est pas comme Roger Federer qui porte son équipe à bout de bras. Ce détail me laisse perplexe.
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