L'air des compétitions par équipes fait un bien fou à la Russie, dans tous les sens du terme. La phase finale de la Coupe Davis a par exemple permis à Andrey Rublev, 5e mondial dans le creux, de retrouver du peps après une fin de saison où il est apparu épuisé physiquement et psychologiquement. Mais principalement grâce à une émulation collective présente depuis le début de la saison chez la "Sbornaya" version tennis, déjà auréolée d'un sacre lors de l'ATP Cup en début de saison aux Antipodes.
Pour le fer de lance de cette impressionnante équipe russe, Daniil Medvedev, la compétition a permis de faire ressortir le démon qui était en lui. Car le contexte de cet événement s'y prêtait totalement. Ce diable qui sommeille en lui n'est jamais vraiment parti non plus, mais la fin de match face à Jan-Lennard Struff avait des petits airs d'US Open 2019. Et s'il faut un Medvedev en mode "Venom" pour réveiller cette compétition défigurée, où le public a principalement déserté sauf en finale de l'édition 2019, le tennis dans son ensemble est preneur.

Di Pasquale : "Si la formule ne change pas, la Coupe Davis finira par disparaitre"

Coupe Davis
"Je suis inquiet pour la Coupe Davis" : Murray, le nostalgique du Saladier
21/12/2021 À 16:44
Que s'est-il passé exactement lors de cette banale rencontre de Coupe Davis ? Tancé par le public madrilène, présent dans les travées de la Madrid Arena, le n°2 mondial s'est fait justice lui-même après sa victoire contre Jan-Lennard Struff. Et, évidemment, à sa manière. Des gestes pour dire "calma, calma" - les mêmes que Cristiano Ronaldo au Camp Nou en 2012 pour les amateurs de football - un doigt vers le sol pour indiquer qu'il était chez lui, et des pas étranges qui avaient probablement la même connotation : le show Medvedev était à l'image de son auteur. Il y avait un peu d'arrogance, oui, mais aussi une confrontation directe avec cet acteur du jeu qui a aussi fait l'histoire de la Coupe Davis.
Je le répète depuis 2019 : si vous voulez que je perde, encouragez-moi, ne me huez pas
Conspué après sa victoire, Medvedev a sorti un speech digne de son 8e de finale new-yorkais gagné à l'époque face à... un Espagnol, Feliciano Lopez. Il a évidemment lâché quelques balles en cours de chemin à l'auditoire furibard. Forcément, le succès russe en phase de groupes face à l'Espagne a laissé des traces dans les deux camps. Aslan Karatsev, avec un humour pince-sans-rire, avait également souligné son bonheur de battre la "Roja" chez elle lors du double décisif d'Espagne - Russie. C'était il y a une semaine.
Medvedev a donc suivi les pas de son compatriote, mais en y allant un peu plus fort, avec ce petit ton suffisant qui fait froncer les sourcils. Qui énerve même. "Je suis vraiment ravi pour l'équipe d'être en finale. On a passé deux semaines incroyables. Battre l'Espagne, c'était vraiment le sommet. Dans le vestiaires, nous étions tous très heureux de battre l'Espagne à Madrid, chez elle. C'était vraiment un bon feeling et j'en étais vraiment heureux", a-t-il malicieusement glissé au début de cette prise de parole un peu lunaire. "Je le répète depuis 2019 : si vous voulez que je perde, encouragez-moi, ne me huez pas. Sinon, je continuerai à gagner."
Dimanche, le Russe va devoir emmener son équipe vers la victoire face à un adversaire très coriace, la Croatie de Marin Cilic qu'il affrontera en personne, mais aussi forcément le public espagnol qui sera présent en nombre. Un public qui ne lui fera aucun cadeau, de quoi rendre l'ambiance électrique, chose que n'a jamais connu la Coupe Davis version Rakuten-Kosmos-Piqué.
Il faudra passer sur le corps de deux adversaires de taille dimanche, sous les coups de 16h00, mais Medvedev en a vu d'autre. Pour la Russie, il y a un troisième sacre qui l'attend potentiellement après 2002 et 2006. Pour cette nouvelle génération qui aime la confrontation et l'esprit "Davis", il y a un premier très grand sacre collectif au tournant. Détestez-les, oui. Mais dans ce contexte, ils n'en seront que plus forts.
Coupe Davis
Reconduits capitaines jusqu'en 2024, Grosjean et Benneteau auront davantage de responsabilités
09/12/2021 À 12:09
Coupe Davis
"La nouvelle version de la Coupe Davis l'a tuée, l'envoyer à Abu Dhabi va l'enterrer"
08/12/2021 À 15:58