Coupe Davis | Retraite de Rafael Nadal : Retour sur une journée sans fin

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La fin de l’histoire. Battu en simple en début de soirée, Rafael Nadal n’a finalement pas été sauvé par ses coéquipiers, qui se sont finalement inclinés lors du double décisif au bout de la nuit. Voilà l’homme aux 22 titres du Grand Chelem officiellement retraité. Le tout malgré un stade en fusion. Malaga a vibré comme jamais ce mardi. Pour sa sélection. Mais surtout pour son roi.

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Video credit: Eurosport

Ils ont vacillé. Ils ont espéré. Mais ils ont fini par craquer sous le poids de l'enjeu. Pas tant de ce quart de Coupe Davis, qu'on se le dise. Mais plutôt pour ce qu'il représentait pour lui : Rafael Nadal. Battu d'entrée dans ce quart de finale face aux Pays-Bas, l'homme aux vingt-deux titres du Grand Chelem entre officiellement dans la peau d'un jeune retraité ce mardi soir après la défaite des siens face aux Pays-Bas (2-1).
"Cette victoire, elle est pour Rafa", s'était exclamé Carlos Alcaraz après sa victoire lors du deuxième simple. Elle n'aura servi qu'à repousser l'échéance. Car tout le monde avait le même objectif : éloigner le moment fatidique et prolonger le plaisir. Encore un peu. Même si le grand "Rafa" est loin, Nadal, lui, était bien là. Le double décisif (Alcaraz-Granollers) a fini par acter ce que tout le monde craignait. Au bout de la nuit et d'une folle journée un jour de novembre à Malaga. Des portes de l'aéroport au stade d'athlétisme municipal qui fait face au site de la phase finale en passant par les stations de métro, la ville toute entière a rendu hommage au héros national.
Caressés par le soleil d'une fin d'après-midi printanière (plus de 20 degrés) dans la file d'attente, les spectateurs ont rapidement pris possession des derniers sièges disponibles dans un Palais des sports plein à craquer, enchaînant les selfies avec le drapeau espagnol parfois barré d'un "Gracias Rafa" ("merci Rafa"). Assis par terre, debout dans les escaliers d'accès aux tribunes, penchés sur les balustrades : une fois entrés dans l'enceinte, toutes les positions étaient bonnes pour tenter d'apercevoir les ultimes coups du héros national.

Emotions entremêlées

Bien avant les premiers échanges de la journée, les abords du stade s'étaient déjà emplis de supporters aux couleurs rouge et or... ou orange, puisque l'Espagne affrontait les Pays-Bas en quart de finale de la Coupe Davis. Puis, rapidement, les perruques, drapeaux et "Raaaaa-fa" criés à pleine voix ont enflammé les tribunes. Dernier Espagnol à entrer sur le court, Nadal a reçu une ovation à la mesure de son immense carrière. De quoi rendre ses yeux humides lors de l'hymne espagnol, un premier moment d'émotion retransmis évidemment par les grands écrans de l'enceinte.
Après vingt-trois années sur le circuit, Nadal a donc d'abord cédé en deux manches contre le Néerlandais Botic van de Zandschulp (80e), vainqueur de la légende espagnole (6-4, 6-4). Poing serré, "Vamos" rageurs, petits rituels avant chaque service : le Majorquin de 38 ans a été fidèle à lui-même. Ce qui n'a toutefois pas suffit. Mais comme un symbole, son héritier, Carlos Alcaraz, numéro 3 mondial, a repris son destin en mains dans la foulée en remettant les deux équipes à égalité. Puis le double irrespirable. Et fatal. À l'Espagne et à Nadal. En l'espace de quelques heures, les émotions se sont suivies, mélangées, entremêlées. Nadal retraité. Puis peut-être que non. Puis finalement si. Officiellement. Bien que lui semblait déjà y être.

Pour lui, la fin était peut-être déjà écrite

"Dans mon esprit, si j'étais le capitaine, je ne me ferais pas jouer en demi-finale si on se qualifie. D'une certaine manière, cette défaite est peut-être positive. C'était mon dernier match, probablement mon dernier match. J'ai perdu mon premier match en Coupe Davis (en 2004), je viens de perdre mon dernier match. La boucle est bouclée", a-t-il déclaré après sa défaite, se disant "en paix" avec sa retraite sportive. Comme si, pour lui, le point final venait d'être inscrit qu'importe l'issue de ce quart de finale. Au terme du double, le regard dans le vide, il semblait toutefois encaisser le coup. Après avoir vibré et encouragé ses coéquipiers tout au long de la soirée. Après avoir conseillé son capitaine David Ferrer. Après s'être imaginé prendre du rab. Un tout petit peu. Les Pays-Bas en ont décidé autrement. Son destin aussi. Bien que sonné sous sa casquette, Nadal, vainqueur de quatre Coupes Davis avec l'Espagne, a pris le temps d'enlacer Carlos Alcaraz et tout le staff espagnol peu après minuit. Un ultime merci. Un dernier adieu. Deux ans après Roger Federer, il devient le deuxième membre du "Big 3" du tennis à poser sa raquette.
Dans les tribunes, les "Rafa, Rafa" ont continué à affluer malgré la déception et la tristesse. Sur certains visages, dont celui de sa sœur présente en tribunes, les larmes ont même commencé à couler. Inévitablement. La carrière de Rafael Nadal est officiellement terminée. Pour apaiser les cœurs, et puisque tous les scenarios avaient été envisagés en amont par les organisateurs, la légende espagnole a eu le droit à une belle cérémonie. Dommage qu'elle soit déroulée en pleine nuit. Mais qu'importe. Seul au centre du court, il s'est ensuite adressé au public et son équipe. "Merci de m'avoir donné cette opportunité et d'avoir vécu ces derniers jours avec moi", a-t-il notamment glissé, ému. C'est alors qu'un spectateur lui a hurlé : "Merci à toi !". Le porte-parole de nous tous.
(Avec AFP)
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