De vilain petit canard à héritier du "Big 4" : comment Daniil Medvedev est devenu numéro 1

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A 26 ans, Daniil Medvedev est devenu lundi l'homme qui a mis fin à l'hégémonie de 921 semaines consécutives du "Big 4" à la première place mondiale. Retour sur les différentes étapes qui ont conduit le Russe, qui fut d'abord l'un des représentants les moins en vue de la fameuse Next-Gen, sur le trône du tennis.

Medvedev, un "vieux" parmi les rois du tennis

Video credit: Eurosport

"Quand vous êtes jeune, vous pensez que c'est impossible, donc c'est pour ça que vous en rêvez. Quand ça se rapproche, vous en faites plus pour y arriver. Ce n'est plus un rêve, mais un objectif." Tels étaient les mots de Daniil Medvedev la semaine dernière à Acapulco quelques jours avant de s'assurer cette fameuse place de numéro 1 mondial. Ce lundi, le Russe est devenu le 27e joueur à monter sur le trône du classement ATP. Le rêve d'enfant a donc été exaucé, et l'objectif d'adulte atteint.
Quoi qu'il arrive désormais, le Russe restera désormais dans l'Histoire du jeu comme celui qui a succédé à Novak Djokovic, Roger Federer, Rafael Nadal et Andy Murray qui ont régné sur le circuit pendant plus de 18 ans depuis la prise de pouvoir du Suisse le 2 février 2004. Et pourtant, de prime abord, il était difficile de voir dans ce grand échalas de quasiment 2 mètres (il est d'ailleurs avec son mètre 98 le plus grand numéro 1 mondial à ce jour) l'héritier du quatuor.

Les débuts : une éclosion tardive mais une progression linéaire

Medvedev n'a ainsi pas commencé sa carrière sur les chapeaux de roue. Quand il fait ses débuts professionnels sur le circuit secondaire ITF dans des Futures à l'été 2014 - son entrée dans le Top 1000 mondial à la 780e place date du 18 août de cette année -, il a déjà 18 ans. A titre de comparaison, Carlos Alcaraz, qui n'a pas encore atteint 19 printemps, compte déjà à son actif un quart de finale en Grand Chelem et a fait une entrée récente et remarquée dans le Top 20 mondial après son premier titre en ATP 500 à Rio.
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Medvedev, un "vieux" parmi les rois du tennis

Video credit: Eurosport

Le Russe n'avait donc rien d'un phénomène de précocité au destin tracé. Son style et sa technique peu académiques semblaient d'ailleurs le limiter et lui ont valu quelques commentaires amusés, si ce n'est désobligeants. Mais il avait ce qui manque à bien des joueurs au tennis léché : un sacré caractère, quitte à dépasser souvent les bornes dans sa jeunesse. Il n'empêche, cette flamme a alimenté une motivation hors normes qui lui a permis de passer les caps importants les uns après les autres.
Dans le sillage de ses 4 premiers tournois sur le circuit (Nice, 's-Hertogenbosch, Saint-Pétersbourg et Moscou), le Moscovite de naissance est entré pour la première fois dans le Top 100 (98e) le 14 novembre 2016. Quelques mois plus tard, il a fait tomber une autre barrière, celle du Top 50 (3 juillet 2017). Avant de passer encore la vitesse supérieure la saison suivante avec ses trois premiers trophées glanés (Sydney, Winston Salem et Tokyo) et surtout une entrée remarquée parmi les 20 meilleurs joueurs du monde (16e fin 2018).

2019 : un été fou en guise de déclic

Une fois le décollage réussi, la fusée Medvedev ne demandait qu'à se mettre sur orbite. Ce fut chose faite lors d'une saison 2019 aux allures de déclic pour lui. Dès l'Open d'Australie, sa technique ne faisait plus rire grand-monde, à commencer par le numéro 1 mondial lui-même. Car le longiligne Daniil a alors obligé Djokovic à sortir le bleu de chauffe en huitième de finale en quatre sets (6-4, 6-7, 6-2, 6-3) et 3h15. La victoire la plus difficile du Serbe sur le chemin de son 7e sacre à Melbourne.
Et ce n'était qu'un avertissement. Quelques semaines plus tard, Medvedev s'est offert pour la première fois de sa carrière ce même Djokovic en quart de finale de Monte-Carlo sur une terre battue qu'il ne porte pourtant pas dans son cœur. Mais tout a vraiment changé à l'été. En l'espace de dix semaines de Washington à Shanghai, le protégé de Gilles Cervara s'est fait un nom auprès du grand public. Son bilan ? Six finales d'affilée dont 3 titres (Cincinnati, Saint-Pétersbourg et Shanghai), 29 victoires pour 3 petites défaites et une place dans le Top 5 mondial (4e en septembre).
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Daniil Medvedev's speech, Rafael Nadal, US Open-2019 Final

Crédit: Getty Images

L'apogée de cette séquence ahurissante, Medvedev l'a connue à l'US Open où il s'est d'abord attiré les foudres du public new-yorkais en assumant son côté "bad boy", avant de le conquérir lors d'une finale épique et perdue en cinq sets face à Rafael Nadal. L'efficacité de son tennis a alors sauté aux yeux du grand public avec un mélange détonant d'explosivité au service (capacité à enchaîner les aces foudroyants), de régularité à l'échange et d'une couverture de terrain extraordinaire pour un gabarit aussi imposant. Jusqu'alors dans l'ombre des Alexander Zverev et Stefanos Tsitsipas, il devient finalement le premier membre de la Next-Gen à aller aussi loin en Majeur.

2021-2022 : le nouveau rival de Djokovic à la conquête du trône

C'est sûrement dans le sillage de cette saison 2019 que Medvedev a su qu'atteindre la place de numéro 1 mondial ne relevait plus du rêve à moyen terme. Et ce même si l'irruption du coronavirus en 2020 et l'interruption de la saison pendant cinq mois ont contrarié ses plans. Malgré une demi-finale à l'US Open 2020 à la reprise, il lui a fallu quelques semaines de compétition pour retrouver son "mojo" avant un doublé impressionnant Bercy-Masters pour finir l'année en feu d'artifice.
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La question qui fâche : Medvedev ferait-il un n°1 mondial crédible ?

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Et Medvedev a su entretenir sa dynamique folle pour démarrer 2021 avant que Djokovic ne l'arrête en finale de l'Open d'Australie. Dans l'intervalle, le Russe avait aligné 20 succès dont 8 contre des Top 10. Sur dur, il s'est imposé comme le nouveau rival du numéro 1 mondial, dont il devient officiellement le dauphin en mars après un titre à Marseille. Mais c'est surtout dans le dernier tiers de la saison sur dur et indoor qu'il a assumé son rôle de potentiel numéro 1, avec en point d'orgue la conquête de l'US Open aux dépens de Djokovic qui y visait le premier Grand Chelem calendaire depuis Rod Laver en 1969. Ses finales à Bercy et au Masters de Turin n'ont fait qu'amplifier sa dynamique.
Avant même l'expulsion d'Australie de Djokovic, la place de numéro 1 mondial était donc devenue un objectif légitime pour Medvedev. Les circonstances l'ont indéniablement aidé à l'atteindre plus rapidement, mais c'est avant tout la récompense d'une éthique de travail exceptionnelle sur plusieurs années. A ce niveau, il n'y a pas de hasard. Comme Djokovic est le premier à le reconnaître, Medvedev a bien mérité son couronnement.
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