Du repos et des examens à gogo : Jannik Sinner, check-up géant avant Wimbledon
Eurosport sur GoogleJannik Sinner a pris le temps de récupérer. De son coup de massue, d'abord, après son élimination surprise dès le 2e tour de Roland-Garros face Juan Manuel Cerundolo, alors qu'il faisait office de grand favori. De son coup de chaud, ensuite, son staff souhaitant approfondir la question relative à son état de santé. Passé par la case hôpital, le N.1 mondial est prêt à reprendre sa marche en avant.
"Cobolli a raté la plus belle occasion de sa carrière"
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Jannik Sinner a bien fait de nous le rappeler. Après avoir été renversé par Juan Manuel Cerundolo au deuxième tour de Roland-Garros alors qu'il menait deux sets zéro, 5-1 dans le troisième, l'Italien avait tenu à rappeler en conférence de presse qu'il "n'était pas un robot", mais bien un être humain comme nous tous. Ce que nous avions un peu oublié, il faut l'admettre, encore plus après sa razzia du début d'année une série de 30 victoires après ses titres à Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid et Rome.
"Aujourd'hui, je n'avais pas d'énergie, et ça peut arriver. Personne n'est un robot, soulignait-il le visage marqué et les traits tirés. J'ai eu des difficultés. Je me sentais mal, la tête tournait (...) Il faisait chaud, mais pas tant que cela. Les conditions étaient bonnes pour pouvoir jouer. Je n'ai donc rien à dire concernant la chaleur (...) J'étais complètement à plat, tout le corps. Je ne me souviens pas de la dernière fois où je me suis senti aussi faible."
Des déclarations quelque peu inquiétantes, quand même, pour celui qui était arrivé à Paris dans la peau de l'immense favori, encore plus en l'absence de son grand rival Carlos Alcaraz. Mais que s'était-il bien passé pour que Sinner, à un tout petit jeu de rafler le match, s'effondre de la sorte ? Était-ce simplement un gros coup de chaud, lui qui avait été alors programmé à midi sur le court central ? Ou bien quelque chose de plus profond, comme lui semblait l'avoir souligné après son revers ? Depuis ce 28 mai, c'est tout le staff du numéro un mondial qui s'est mobilisé pour comprendre l'origine du mal.
Un check-up nécessaire
Si le principal intéressé, lui, a décidé de faire ses valises direction la Sardaigne pour profiter de quelques jours de repos, le tout avec sa compagne Laila Hasanovic, son père Hanspeter et un couple d'amis de sa famille, son "team" est resté sur le pont pour analyser en profondeur l'ensemble des données recueillies, notamment celles concernant un physique parfois en trop grande souffrance. Il suffit de se rappeler qu'en janvier dernier, à Melbourne, Sinner fut à deux doigts de prendre la porte prématurément après avoir été en proie à des crampes et une trop grande déshydratation.
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Les Italiens brillent sans Sinner : Que font-ils de mieux que les autres ?
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"Il y a une différence entre être en forme et être préparé, expliquait récemment André Angassi à TNT Sports. Et je dois souligner une faiblesse dans cette préparation, parce qu’il y a quelque chose que vous pouvez faire pour y remédier. De voir Sinner passer d’une finale de 5h45 l’an passé, à un coup de chaud au bout d’1h45… (...) Ce n’est pas que ce gars ne travaille pas dur, ce n’est pas qu’il n’est pas en forme – il n’était qu’à un jeu (de gagner) et tout le tableau se serait ouvert. On pensait tous le voir là-haut, peut-être sans perdre le moindre set. (...) Il y a beaucoup de méthodes scientifiques aujourd’hui pour leur préparation, leur repos. Je suis sûr qu’il est entouré de médecins et d’autres gens. Il doit trouver ce qu’il faut changer. Peut-être ramener quelqu’un de nouveau. C’est sûrement un problème d’hydratation."
Après avoir coupé avec le tennis la semaine passée, Sinner, passé rapidement par ses Dolomites natales, est réapparu publiquement lundi matin à l'hôpital San Raffaele de Milan. Au programme, un check-up de neuf heures (!) en compagnie de Luca Semperboni, le médecin de son staff, pour tout scruter et tout analyser. Si le secret médical est évidemment bien gardé concernant la nature de ces examens, les médias italiens ont confirmé mardi que rien n'avait été omis durant ce "day medical".
Une préparation adaptée en vue de Wimbledon ?
"Jannik veut comprendre et aller au fond du problème", écrivait dans ses colonnes La Gazzetta dello Sport, précisant que le héros national, resté muet depuis fin mai, se voulait plutôt "serein" au moment de regagner son hôtel dans la soirée. "On parle d’examens approfondis sur les plans cardiaque et métabolique, afin de n’exclure aucune pathologie ni aucune carence (...) Le corps d’un athlète de son niveau repose sur des équilibres délicats qu’il faut préserver, et pour mener une carrière longue et victorieuse, aucun détail ne doit être négligé", précisait le principal quotidien sportif transalpin.
Le quadruple champion de tournois du Grand Chelem était de nouveau attendu au San Raffaele mardi matin pour terminer cette impressionnante batterie de tests médicaux, dont les résultats seraient plutôt rassurants, puisque ce gros coup de moins bien serait uniquement lié à la fatigue accumulée ces derniers mois. En attendant, le numéro un mondial devrait regagner son domicile de Monaco avant de reprendre, peut-être cette semaine, le chemin de l'entraînement. Mais en douceur, puisque Sinner ne devrait disputer aucun tournoi sur gazon avant d'entamer la défense de son titre à Wimbledon (29 juin-12 juillet).
Selon La Gazzetta dello Sport, il pourrait arriver à Londres une dizaine de jours avant son entrée en lice, avec une possible exhibition à définir. Malgré son élimination précoce à Roland-Garros, et par ricochet une période de repos qui n'était pas vraiment prévue dans son calendrier, l'Italien n'a pas souhaité modifier le programme initialement prévu en vue de la saison sur gazon. Seul possible changement : le contenu de ses entraînements, qui sera certainement adapté par son préparateur physique Umberto Ferrara en fonction de ses résultats médicaux. Car oui, il est toujours bon de le rappeler : Jannik Sinner n'est pas surhumain.
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