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Goven : "Je n'ai pas peur"
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Publié 11/07/2006 à 07:50 GMT+2
Malgré un match-couperet face aux Tchèques en barrage de Fed Cup ce wee-end, Georges Goven, sélectionneur des Bleues, est sûr d'une implication totale de ses joueuses. Pour lui, son équipe, emmenée par la n°1 mondiale Amélie Mauresmo, retrouvera sa place
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GEORGES GOVEN, cette rencontre vous fait-elle peur ?
G.G. : Non ! Elle ne me fait pas peur. On va l'assumer comme une grande équipe de France. Quand je dis qu'on va l'assumer, c'est qu'on va conditionner nos joueuses pour qu'elles donnent le meilleur et j'espère qu'elles feront la différence. J'en suis quelque part, au fond de moi-même, convaincu. Il y a chez nos joueuses cette capacité à dire : "Là, on est presque dans le rouge, on va remonter la pente et on va rebondir là-dessus."
Comment comptez-vous gérer cette pression, forcément différente par rapport à celle d'une finale ?
G.G. : On va aller gagner le match, c'est tout. Pour les filles et pour moi, c'est un match de Fed Cup comme un autre. A partir du moment où on est sur le terrain, on va complètement oublier ces histoires de barrage. Notre objectif va être de gérer la transition gazon / terre battue, d'amener les filles à leur pic de forme pour le samedi et le dimanche de cette rencontre, sachant que Nathalie Dechy ou Emilie Loit, qui ont perdu au premier tour à Wimbledon, vont pouvoir récupérer et arriver fraîches pour se préparer et s'entraîner.
L'équipe de France n'est-elle pas trop "Mauresmo dépendante" ?
G.G. : On est toujours un peu dépendant quand on a la n°1 mondiale dans ses rangs. C'est sûr que quand Mary Pierce est au top de sa forme, c'est probablement un gros plus pour l'équipe. D'un autre côté, que se passera-t-il pour les Tchèques si Vaidisova se blesse ou n'est pas en forme ? Ce serait comme pour nous avec Amélie. Ce sont les aléas des rencontres par équipes. Sur la dernière rencontre, on a quand même eu deux blessées. C'est beaucoup, ça déséquilibre une équipe.
Y a-t-il une relève qui s'annonce ?
G.G. : La relève, pour l'instant, est constituée de joueuses comme Golovin, Bartoli, Cornet, Rezai. Elle est là, la relève.
A Roland-Garros, Aravane Rezai a réalisé un beau parcours. Sortie des qualifications, elle a poussé Vaidisova jusqu'au troisième set au troisième tour. Où se situe-t-elle sur une éventuelle liste d'attente ?
G.G. : Elle fait partie des joueuses qui sont un peu derrière. Après Roland-Garros, elle a perdu trois fois de suite au premier tour des qualifications (NDLR : à Birmingham, Eastbourne et Wimbledon). Si on analyse ses matches à Roland-Garros, elle n'est pas loin de perdre contre Sugiyama et, face à Vaidisova, même si elle prend le deuxième set, elle perd 6-0 au troisième. Son "Roland" aurait donc pu se passer différemment. Cela dit, elle a bien renversé certaines situations, ce qui prouve que c'est une "matcheuse". Elle fait partie des joueuses qui, à un moment donné, sont amenées à bien jouer en Fed Cup. Mais il faut laisser encore un peu de temps à Aravane. Elle est née en 1987, elle n'a que 19 ans...
Que vous inspire le parcours de Séverine Brémond à Wimbledon ?
G.G. : Séverine est sur une forme plus qu'ascendante. A Wimbledon, elle est sortie des qualifications pour se qualifier pour les quarts de finale, après avoir éliminé notamment Schnyder, Dulko ou Sugiyama. Elle pourrait intégrer le groupe, car on peut, jusqu'au tirage au sort, modifier la composition de l'équipe. De toute façon, elle fait partie du vivier qui compose le groupe France. Elle a d'ailleurs joué pour la première fois en Fed Cup, l'an passé, "chez elle" à Aix-en-Provence lors de la demi-finale contre l'Espagne.
Avec le recul, si vous pouviez revenir en arrière, changeriez-vous certaines choses du premier tour disputé à Nancy face à l'Italie ?
G.G : On avait fait le choix de la terre battue, comme on a également fait ce choix pour le barrage à Cagnes-sur-Mer. On pense que nos joueuses sont capables de bien jouer sur cette surface et elles aussi le pensent. La question que je me pose est : fait-on le bon choix ? Au moment où on a opté pour la terre battue pour le barrage, tout le monde était d'accord. Mais aujourd'hui, j'ai un peu le sentiment que la terre battue n'est pas nécessairement la meilleure surface de toutes nos joueuses. Au moment où l'on a fait le choix, je comptais sur Mary Pierce qui répète sans arrêt que la terre battue est sa meilleure surface. Si on regarde les résultats d'Amélie Mauresmo, mis à part Roland-Garros, on s'aperçoit rapidement que la terre n'est pas une mauvaise surface pour elle.
Regrettez-vous ce choix de la surface ?
G.G. : Non. C'est un choix commun. Ce n'est pas le capitaine contre tous, c'est une décision collégiale dont on a parlé. On a regardé les résultats des Tchèques et on en a conclu que la terre battue était la surface la mieux adaptée pour nous et la moins bonne pour elles. Mais ce qu'a fait Vaidisova à Roland-Garros est exceptionnel. Sera-t-elle en mesure de le reproduire ? On verra. Mais en principe, Peschke, Koukalova et Benesova, les autres joueuses tchèques, jouent mieux sur des surfaces dures.
La France a perdu ses deux dernières finales lors du double décisif. Or, on ne voit toujours pas deux Françaises s'associer régulièrement en double sur le circuit...
G.G. : Non, elles n'y arrivent pas ! C'est très compliqué. Amélie Mauresmo a trouvé un système où elle ne joue que quelques tournois avec Kuznestova. Cela ne satisfait pas forcément d'autres joueuses françaises qui ont envie de jouer toute l'année. Amélie se réserve toujours la possibilité de dire : "Si je ne me sens pas bien, je laisse tomber." Emilie Loit, de son côté, n'arrive pas à trouver une Française avec qui elle a envie de jouer régulièrement et avec qui elle joue bien à haut niveau. Tout comme Marion Bartoli que l'on voit aussi régulièrement en double. C'est compliqué.
Leur avez-vous demandé d"essayer de faire un effort dans ce sens ?
G.G. : On en a parlé. On essaie de leur demander de jouer ensemble, mais on a beaucoup du mal. On voit toujours la même chose. Cela peut être un point faible dans notre équipe, mais c'est dû au fait qu'on a beaucoup de bonnes joueuses de simple. Et de toute façon, on ne pourra sélectionner à chaque fois qu'une joueuse de double, et non pas une équipe qui ne fait que du double. Parce qu'à ce moment là, si on a le moindre problème, on n'a pas de joueuse de simple de rechange. Ce n'est jamais facile.
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