La 2e chance de Murray

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Andy Murray a l'occasion de surmonter sa dernière défaite à Wimbledon sur le gazon londonien des JO de Londres face au même Roger Federer. Une seconde chance inespérée, un mois après la première, de remporter un grand titre sur le sol britannique devant un public tout acquis à sa cause.

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Perdre ses quatre premières finales de Grand Chelem, c'est dur à encaisser, presque cruel. Ce n'est pas son entraîneur, Ivan Lendl, qui lui dira le contraire. Perdre une finale olympique, qui plus est devant son public, ressemblerait à un coup de grâce. Andy Murray le sait mieux que quiconque. Mais le Britannique, qui visera l'or olympique dimanche, ne voit pas l'événement qui l'attend comme un fardeau. Au contraire. Un mois après avoir perdu sa première finale à Wimbledon, il a l'occasion d'atténuer sa déception en remportant l'or olympique sur le même gazon londonien, au meilleur des cinq sets (15 heures). Une chance quasi-inespérée. Quasi, car face à lui, se dressera encore Roger Federer, grand de 17 victoires en Grand Chelem et toujours avide de titres prestigieux, surtout quand ceux-ci manquent encore à un palmarès déjà immense.
Pour une fois, Andy Murray sera sur un pied d'égalité avec l'autre candidat à la médaille d'or : le Britannique et le Suisse disputeront leur première finale olympique, et l'Ecossais compte bien là-dessus pour tenter de battre celui qui est redevenu numéro un mondial il y a un mois face à lui en remportant son septième titre au All-England Club. "C'est tellement rare pour lui d'être dans une position où il essaye d'accomplir quelque chose de nouveau car il a tellement fait de choses extraordinaires dans notre sport... J'espère pouvoir quelque part en profiter." Il a déjà réussi ses Jeux à domicile en dominant Novak Djokovic en demi-finale. Comme en 2008, le Serbe a été battu pour la deuxième fois de sa carrière dans le dernier carré du tournoi olympique suite à 'l'un des grands matches et l'une des plus grandes victoires" de la carrière de Murray, dixit l'Ecossais "himself". Un succès qui promet une médaille olympique, ça n'a pas de prix.
Une médaille d'or, "pinacle" de Murray
"Je ne me suis jamais vu sourire à ce point, après ma victoire face à Novak... Je n'ai pas pu m'arrêter à ma sortie du court central." Enveloppé d'une énergie positive, l'Ecossais en sera-t-il pour autant irrésistible dimanche, même face au joueur qui l'a déjà battu trois fois en finales majeures ? "J'irai avec une attitude de gagneur, assure le sujet de Sa Majesté en quête du quinzième titre olympique de sa délégation à Londres. Je n'ai jamais été dans cette position avant aux Jeux Olympiques. Je ne sais pas si la pression sera supérieure à un jour de finale de Grand Chelem... Je sais juste que, vu ma joie après ma victoire en demi-finale, celle de dimanche en cas de succès sera beaucoup plus intense."
Etant privé de grands titres, autres que les Masters 1000, il est évident qu'un succès dimanche, en plus face à la référence actuelle du tennis mondial, ne pourra être que la plus belle de sa carrière. Pour ne pas dire la plus bouleversante. Davantage que celle qu'il pourrait également décrocher en finale du double mixte avec Laura Robson. Mais aurait-elle une valeur supérieure à ses yeux qu'une victoire en Grand chelem ? Réponse de l'intéressé : "Si vous m'aviez posé la question avant le tournoi, je vous aurais dit qu'en tennis, un titre à Wimbledon, un Grand Chelem, est le titre le plus important à gagner dans une carrière. Mais dans le sport, pris au sens large du terme, une médaille d'or est un sommet, un pinacle même."
"Perdre en finale olympique sera tout aussi terrible à vivre qu'en Grand Chelem"
La rareté de l'épreuve fait de la finale olympique un événement tellement à part que le circuit professionnel a d'ailleurs choisi de ne pas trop le gratifier en terme de points ATP. Chez les hommes, la médaille d'or équivaut à 750 points ATP (685 chez les femmes). Soit un total à mi-chemin entre un tournoi 500 et un Masters 1000. Au-delà des points, donnés davantage pour la symbolique de l'effort que pour la valeur réelle de l'événement, le titre olympique représente une cerise dorée sur le gâteau d'un palmarès, que peu de joueurs (Andre Agassi, Rafael Nadal ou encore Evgueni Kafelnikov par exemple) peuvent se targuer d'avoir goûté.
"J'aurai une motivation gigantesque pour gagner cette médaille d'or, renchérit Andy Murray. Gagner en plus contre Roger Federer dans un match comme celui-là aurait une portée très importante pour moi. Je vais être désespérément en quête de victoire dimanche. La dernière fois, il avait joué un grand tennis sous le toit du central. Je pense que cela a fait la différence. Je jouerai avec la même tactique dimanche. J'arriverai peut-être à faire la différence cette fois-ci. Sinon, une médaille d'argent, rien que ça, c'est déjà très bon. Même si perdre en finale sera tout aussi terrible à vivre..." Entre la peur immense d'échouer si près du but et le bonheur encore plus grand de gagner un titre rare, il n'y aura qu'un pas. Pour les deux joueurs.
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