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Jo-Wilfried Tsonga, retraité depuis mai 2022 : "Ce qui me manque le plus, ce sont les ambiances"
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Publié 07/12/2022 à 23:53 GMT+1
Retraité depuis le mois de mai dernier et un dernier Roland-Garros plein d'émotion, Jo-Wilfried Tsonga était de passage aux Etoiles du Sport cette semaine. Entre une séance de padel et une sortie à ski aux côtés de Martin Fourcade, "Jo" est revenu sur ses premiers pas loin du circuit. Après deux mois difficiles, Tsonga a tourné la page et semble désormais épanoui dans ses différentes activités.
Jo-Wilfried Tsonga en mai 2022 lors de son dernier match en carrière face à Casper Ruud
Crédit: Getty Images
Jo-Wilfried, comment occupez-vous vos journées depuis votre retraite à Roland-Garros ?
Jo-Wilfried Tsonga : Je suis très occupé, les premiers mois ont été un peu difficiles, on se sent un peu vide. J'ai été habitué à avoir des objectifs quotidiens, à court et long terme, et tout à coup, il n'y a plus tout ça. Toute la routine qu'on a mise en place disparaît également. Le tennis occupait 100% de mon temps. On vivait tennis, on mangeait tennis, on dormait tennis… La totalité de mon temps était dédiée à ça et tout à coup, c'est vide. Il n'y a plus rien, il n'y a plus les ambiances, les stades chauffés à blanc. C'est vrai que ça a été un peu dur les deux premiers mois, mais désormais ça va. Je suis bien entouré avec ma famille. Maintenant, je me sens bien, je découvre plein de choses, je fais plein d'activités comme ici, aux Etoiles du Sport, qui me permettent d'échanger et d'ouvrir mon spectre de connaissances, c'est vraiment chouette.
Qu'est-ce qui vous manque le plus ?
J-W. T. : Ce qui me manque le plus, ce sont les ambiances. Je suis allé à Bercy, ça faisait longtemps que je n'y étais pas allé. La seule chose où je me suis dit que j'aimerais revivre ça, c'est vraiment l'ambiance, l'entrée sur le terrain avec le public, l'échange avec le public après un gros point. Ça, c'est vraiment quelque chose qui me manque et qui me manquera toute ma vie sauf si je fais tout d'un coup un autre métier artistique. Le reste, je m'en passe avec grand plaisir.
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Moment de grâce : l'émotion de Tsonga sur la chanson hommage d'Alexandre Prévert
Video credit: Eurosport
Continuez-vous de vous entraîner ?
J-W. T. : Oui je continue, j'ai changé mon revers, maintenant je fais des revers à une main. Il faut que je perfectionne encore ma technique mais ça commence à être pas mal. Je me mets des petits objectifs personnels. Je passe du temps avec les jeunes dans mon académie, sur le terrain. J'essaye de partager et de transmettre mon expérience, ce que j'ai vécu tout au long de ces années sur le circuit. Sinon, je profite vraiment de mon temps pour faire des choses que je n'ai pas pu faire quand j'étais joueur.
Dans quels domaines voulez-vous rattraper du temps justement ?
J-W. T. : Dans un premier temps, je souhaite passer du temps avec mes enfants, vraiment. Parce que même s'ils voyageaient avec moi, je n'étais pas toujours disponible. Faire des choses comme j'ai fait ce matin avec Martin Fourcade où on est parti sur les pistes pendant trois heures. Il m'a fait découvrir toute la chaîne des Alpes, c'était un moment privilégié, c'était extraordinaire. Je joue au padel, je rejoue aussi dans le club de foot de mon village.
Avec votre académie, vous avez voulu mettre en avant la transmission. Comment voyez-vous l'évolution de ce projet ?
J-W. T. : Ce n'est pas un coup de fusil. Pour moi, c'était très important non pas de redonner car je n'aime pas trop ce terme-là, je ne me sens pas redevable des choses. Mais vraiment de donner ce que j'ai vécu, de raconter et de partager. J'avais envie de faire ça dans mon sport. C'est une manière pour moi de rester et d'œuvrer pour le tennis. Je vais mener tous ces projets à bien et apporter le maximum de positif aux jeunes de l'académie et aux personnes qui viennent jouer au club.
Est-ce que vous vous imaginez jouer un rôle au niveau fédéral ?
J-W. T. : C'est quelque chose qui est envisageable. J'ai été joueur de tennis, je suis un pur produit fédéral comme on dit. Je pense avoir toujours eu une image positive auprès de ma Fédération, j'ai toujours mouillé le maillot pour l'équipe de France. Aujourd'hui, la Fédération c'est notre mère. Même si aujourd'hui, j'entreprends des projets privés, ce n'est jamais sans la Fédération. C'est toujours dans l'optique de travailler ensemble pour promouvoir le tennis. J'espère qu'à l'avenir, j'aurais la possibilité de travailler encore plus avec la Fédération pour faire avancer les choses.
Vous êtes dans l'organisation de l'Open 13, est-ce que vous vous impliquez encore davantage depuis l'arrêt de votre carrière ?
J-W. T. : Oui, j'ai 100% de mon temps pour être dans mes affaires. C'est vrai que je m'investis beaucoup à Marseille, à Lyon, à l'Open de Moselle, sur un challenger à Saint-Tropez ainsi qu'un Future à Grasse. Ça fait partie de mon engagement pour mon sport, je découvre plein de domaines que je ne connaissais pas, je repars de zéro. Je suis aussi investi dans mon association "Attrap' la Balle" pour que des jeunes réalisent leurs rêves dans le tennis.
Avec le recul, quels sont les meilleurs moments de votre carrière ?
J-W. T. : Il y a en a plein, je pourrais écrire un livre ou plusieurs. C'est d'ailleurs quelque chose qui me trotte dans la tête. Pourquoi ne pas écrire pour raconter au grand public les anecdotes que je n'ai pas pu raconter quand j'étais joueur. J'avais peur de voir comment ça allait être perçu. Maintenant, je peux dire ce que je veux et délivrer l'expérience comme elle l'était vraiment.
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