Open d'Australie 2026 - Carlos Alcaraz et l'après Juan Carlos Ferrero : "Il faut voir comment il aura digéré ce changement"

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Les regards convergent plus que jamais vers Carlos Alcaraz avant cet Open d'Australie 2026. Non seulement parce que le numéro un mondial vient chercher à Melbourne l'unique titre majeur qui lui fait encore défaut à 22 ans, alors qu'il n'y a jamais brillé. Mais c'est aussi une affaire de contexte : séparé de son entraîneur historique Juan Carlos Ferrero, comment va-t-il gérer le court terme ?

Alcaraz peut-il y arriver sans Ferrero ? "Il savait le calmer dans les moments chauds"

Video credit: Eurosport

Mais où est-il passé ? Sans doute faudra-t-il un peu de temps pour s'habituer, quand les regards se porteront vers la box de Carlos Alcaraz, et que personne n'y trouvera la silhouette bien connue de Juan Carlos Ferrero. La séparation entre le numéro un mondial et son entraîneur historique aura été l'évènement de l'intersaison. Comme dans un couple de stars qui s'éloigne, leur désunion a constitué un choc. Nous étions trop habitués à ce que l'un fonctionne avec l'autre. D'une certaine manière, cette saison 2026 marque ainsi un nouvel acte dans la carrière du Murcien. Un nouveau chapitre.
Il est difficile aujourd'hui de mesurer l'impact exact de cette décision sur Carlos Alcaraz. Comme tout le monde, Justine Hénin se pose la question. Comme nous autres, elle n'a pas toutes les réponses. "J'ai lu beaucoup de choses, des gens qui disent 'Il a tellement gagné en maturité l'année dernière que ça ne l'affectera pas', nous explique-t-elle. Et c'est vrai qu'il a énormément muri. Mais aucun d'entre nous ne peut vraiment le mesurer. Parce que ça reste quelqu'un de très émotif, qui fonctionne beaucoup à cette énergie, aux émotions."
Le début de saison est toujours le réceptacle des interrogations, entre espoirs et doutes. Mais aucune question n'est plus centrale que celle-ci. "Bien sûr que sa carrière va continuer, c'est un joueur d'exception et il va en gagner d'autres, des titres, convient la consultante d'Eurosport. Mais là, à court terme, connaître l'impact de cette séparation… D'autant qu'il a tout de suite un objectif majeur, car il a clamé haut et fort en fin de saison que l'Open d'Australie était son but. Or, il arrive avec un gros changement de staff et de repères. Ce sont des éléments qui rendent l'approche de son Open d'Australie intéressant. Tout le monde est curieux."
 

Il ne restera pas seul

 
C'est peu dire que l'homme aux six titres du Grand Chelem, en quête d'une septième couronne et surtout du "Career Slam" qui, à seulement 22 ans, l'installerait dans une position déjà légendaire, n'arrive pas en terrain conquis à Melbourne. C'est non seulement l'unique Majeur encore absent sur son CV, mais il n'y a jamais brillé, ne s'y est encore jamais épanoui. Il n'y a aucune raison que ce ne soit pas le cas un jour, et pourquoi pas dès ce mois de janvier 2026, mais la situation particulière de son entourage apporte une incertitude conjoncturelle venant se greffer à ses structurelles difficultés australiennes. Un élément de plus tendant à renforcer l'ampleur du défi qui le guette.
Pour le dire autrement, Alcaraz aura beaucoup de choses à gérer ici. À commencer, dès ce vendredi, par sa grande conférence de rentrée où, à n'en pas douter, il sera bombardé de questions autour de Ferrero, du pourquoi du comment de la rupture, de son futur coach, etc. "Ils ne vont pas le lancer au casse-pipe, rassure Justine Henin. Ça a été préparé. Quand on voit le clan et l'armada autour de lui, la présence permanente de Molina derrière lui... (Albert Molina, son agent, NDLR). Ça ne va pas l'affaiblir pour cet Open d'Australie. Mais sur la forme, oui, c'est un moment à passer. Les gens vont avoir envie d'en savoir plus, et s'il aura été bien préparé, il faudra quand même arriver costaud."
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Carlos Alcaraz et son coach Juan Carlos Ferrero lors des ATP Finals, le 13 novembre 2025 à Turin

Crédit: Getty Images

Jusqu'ici, le numéro un mondial ne s'est pas exprimé sur le sujet, mais à défaut de l'entendre, on a pu le voir. Il est apparu tel qu'en lui-même. Souriant, détendu, presque détaché. "C'est sa personnalité, son côté un peu extraverti, mais il faudra voir sur le fond, d'une manière un peu plus profonde, comment il va s'acclimater et de quelle manière il aura digéré ce changement", dit encore l'ex-numéro un mondiale, pour qui il est impossible de minimiser cet évènement : "C'est de l'ordre de sa vie professionnelle évidemment, mais la relation était tellement forte, intime, que c'est aussi de l'ordre personnel. Même si, en apparence, il a l'air de bien gérer et digérer tout ça, il faut une armure solide pour se protéger de tout ça."
Quoi qu'il advienne ces deux prochaines semaines, qu'il soit en mode échec, triomphe, ou dans un entre-deux conforme à ses précédentes sorties aux antipodes, la question de la suite se posera rapidement pour ce qui est de son staff. Avec le départ de Ferrero, Samuel Lopez est aujourd'hui son unique entraîneur. Une situation qui ne durera pas. "Sur l'exigence qu'un tel niveau requiert, une voix, ça devient compliqué, juge Justine Henin. On a sans cesse plus de connaissances, d'expertises, donc d'experts autour du joueur. Le monde du tennis a changé sur ce point, il est devenu encore plus professionnel. Il y a beaucoup plus de paramètres à gérer."
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"Le match qui a changé le tennis" : le doc Eurosport sur la finale de l'Open d'Australie 2012

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Le fantasme Federer ? "Il faut avoir les pieds sur terre"

 Alors, qui, et quand ? "Ils ont certainement des idées, ajoute-t-elle. Est-ce que la recherche est déjà active ? C'était logique de ne pas embarquer quelqu'un en Australie, à court terme. Il aurait fallu se réhabituer très vite après la rupture dans quelque chose qui, forcément, sera différent. Mais on aura sans doute des signaux par rapport à ça assez rapidement." La question du profil est en effet probablement d'ores et déjà le fruit de réflexions chez le joueur comme son entourage. "On voit comment Ferrero essayait de le structurer et de le cadrer de A à Z, pointe l'ancienne championne belge. On a vu à quel point il avait déjà dû s'adapter, parce qu'Alcaraz est en train de grandir, de mûrir. Il faudra donc une voix capable de s'adapter à cette évolution, à cette maturité et à sa volonté de faire les choses à sa manière. Il y aura un équilibre à trouver."
Lui aussi consultant pour Eurosport, Mats Wilander a évoqué un nom, plus comme un fantasme que comme une cible réaliste : Roger Federer. "On a envie de se projeter, y compris sur des choses où on pourrait se dire 'c'est génial, c'est magique', sourit Justine Henin. Tout le monde a envie de voir Roger continuer à avoir un impact sur le jeu. Ce sont deux êtres d'exception. L'un qui a tout prouvé et l'autre qui a déjà prouvé pas mal de choses et à qui il reste pas mal de choses à accomplir. Cette idée-là est plus qu'amusante, elle fait rêver. Maintenant, je pense qu'il faut avoir les pieds sur terre." Bon, restons calmes et oublions, alors.
Une fois son passage devant la presse effectuée vendredi, Carlos Alcaraz mettra de côté la question de l'identité de son futur entraîneur. Il a d'abord la mission Melbourne à accomplir. La plus complexe, pour lui, et dans l'absolu, et dans le contexte de ce début d'année. Il devra impérativement s'en affranchir. "On sait à quel point faire abstraction des attentes extérieures et de se mettre dans sa bulle quand on traverse ce genre de moments, c'est difficile", conclut Henin. Tout Alcaraz qu'il soit, il fait face à une donnée inédite jusqu'ici dans sa carrière. Cela n'en rend son défi australien que plus passionnant. Mais aussi plus incertain.
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