Laver Cup 2025 - Yannick Noah et Andre Agassi, capitaines rookies : "L'important dans le coaching, c'est d'écouter, pas de parler"
Par Laurent Vergne
Publié 18/09/2025 à 23:08 GMT+2
La Laver Cup ne fait pas peau neuve. Elle conserve le même principe et le même look visuel. Toutefois, la nouveauté sera réelle sur le banc des deux équipes. Exit John McEnroe et Björn Borg, bienvenue Andre Agassi et Yannick Noah. L'Américain et le Français sont les deux nouveaux capitaines des équipes "Monde" et "Europe". Les deux rookies vont devoir trouver leur place et la bonne distance.
Laver Cup, à la recherche du sens perdu
Video credit: Eurosport
Ils sont la vraie nouveauté de cette édition 2025. John McEnroe et Björn Borg avaient fini par faire partie des meubles de la Laver Cup après avoir officié comme capitaine des équipes "Monde" et "Europe" lors des sept premières années. Les deux anciens rivaux ont décidé de laisser la place. Roger Federer, sans qui rien ne se décide sur la Laver Cup, a choisi de se tourner vers Yannick Noah et Andre Agassi.
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Le Français et l'ancien Kid de Las Vegas n'ont pas le même lien que celui que Borg et McEnroe avaient pu tisser sur le court pendant leurs carrières, mais ils se sont brièvement croisés à l'arrivée d'Agassi sur le circuit, s'affrontant à deux reprises en 1989, en Coupe Davis et à Indian Wells. "L'un de mes plus grands regrets a été de ne pas avoir eu plus de contacts avec la carrière de cet homme, a confié l'Américain à propos de Noah. C'était tout simplement une personnalité remarquable sur le terrain comme en dehors."
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Deux stars, chacun à leur manière. Mais deux personnalités très différentes, ce qui pourrait se ressentir dans leur façon d'utiliser leur rôle de capitaine ce week-end à San Francisco. McEnroe et Borg avaient déjà ce côté yin et yang. Comme ils l'avaient été en tant que joueurs, le Suédois restait placide quand Big Mac était plus extraverti. Cela pourrait être à nouveau le cas avec Noah et Agassi, le Français déplaçant probablement le curseur de l'enthousiasme et de l'émotivité dans le clan européen.
Alcaraz a trouvé Noah "très drôle"
Yannick Noah a pour lui son long vécu de capitaine de Coupe Davis. Il a notamment remporté trois fois l'épreuve dans trois différents mandats, en 1991 face aux Etats-Unis (équipe au sein de laquelle évoluait un certain Andre Agassi), en 1996 contre la Suède puis en 2017 face à la Belgique. Il s'est toujours épanoui dans ce rôle, même si, au fil du temps, la connexion avec ses joueurs a pris un caractère différent. Une question de générations. Il n'avait évidemment pas les mêmes liens avec Henri Leconte qu'avec un Jo-Wilfried Tsonga ou un Lucas Pouille. Il a été le pote, le grand frère et il se voit aujourd'hui à 65 ans comme "le tonton", ainsi qu'il l'a confié à Eurosport.
Mais il serait étonnant qu'une fois dans le feu de l'action au Chase Center, le dernier vainqueur français de Roland-Garros ne retrouve pas ses automatismes de la Coupe Davis et cet allant naturel pour la compétition et, plus encore, le goût du collectif. Avec ses troupes, menées par Carlos Alcaraz, il n'y a pas de raison pour que le feeling ne soit pas bon. "Pour être honnête, je ne le connais pas très bien, mais je sais ce qu'il a fait évidemment, avait expliqué l'Espagnol lors du dernier US Open. Je l'avais rencontré quelques jours l'année dernière pendant la Laver Cup. Il nous avait raconté plein d'anecdotes marrantes du temps où il était joueur. Il est très drôle. Je suis sûr qu'on va passer une semaine ensemble. On verra comment ça se passe sur le court, mais ça va être fun, je pense."
Andre Agassi part davantage dans l'inconnu. Il fut un grand joueur de Coupe Davis, rarement décevant dans cette épreuve, mais contrairement à McEnroe ou à Jim Courier, il n'avait jamais envisagé d'officier comme capitaine. Voilà pourquoi son arrivée à la tête du "Team World" a pu surprendre. "Pour ainsi dire, je ne sais pas comment je vais gérer ça en tant qu'entraîneur, en tant que capitaine", a-t-il admis dans un sourire et non sans une grande modestie. "Je dois apprendre ça sur le tas, rappelle-t-il. Je vais juste suivre leur motivation, leur énergie, leur concentration, et essayer d'être prêt à un niveau d'engagement élevé."
Sans être un suiveur, l'octuple vainqueur en Grand Chelem n'arrive avec aucune idée préconçue. Et un credo assez clair : "L'important dans le coaching, c'est d'écouter, pas de parler". "Apprendre qui ils sont en tant que personnes et en tant que joueurs, voilà le défi pour moi", dit-il aussi à propos de Taylor Fritz, de Joao Fonseca et des autres. On verra dès vendredi soir si, dans l'esprit, il est davantage un capitaine à la Borg ou à McEnroe. Ou à la Noah…
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