Le Top 10 des plus grandes saisons de l'ère Open : Roger Federer en force, John McEnroe tout en haut
Par Laurent Vergne
Mis à jour 11/09/2025 à 15:43 GMT+2
Dans l'ère Open, 24 saisons se sont achevées avec un joueur au-delà des 90% de victoires. Carlos Alcaraz, actuellement sur ces bases, rejoindra-t-il ce cercle fermé que Jannik Sinner avait intégré l'an dernier ? Voici les 10 saisons les plus folles en termes de ratio. Roger Federer y prend de la place. Mais pas la toute première, qui échoit à John McEnroe lors de son extraordinaire campagne 1984.
"Dépassé et frustré, Sinner a vécu à l’US ce qu’Alcaraz a vécu à Wimbledon"
Video credit: Eurosport
10. 1985 : Ivan Lendl
84 victoires – 7 défaites (92,3%)
11 titres
1 Grand Chelem
11 titres
1 Grand Chelem
Dans cette liste, la seule saison avec moins de deux titres en Grand Chelem. Mais 11 tournois remportés, tout de même, et surtout une superbe série de 31 victoires à compter de l'US Open jusqu'au cœur de l'automne. La machine Lendl s'est mise en route à ce moment-là, s'installant à la première place mondiale pour trois années.
9. 2024 : Jannik Sinner
73 victoires – 6 défaites (92,4%)
8 titres
2 Grands Chelems
8 titres
2 Grands Chelems
Et dire que, fin 2023, Jannik Sinner ne se trouvait même pas encore parmi les cinq meilleurs joueurs du monde. On peut parler d'explosion au plus haut niveau pour l'Italien. Titré deux fois sur dur en Grand Chelem (Australien, US Open), il aura fait preuve par ailleurs d'une régularité extravagante, sur toutes les surfaces.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/09/09/image-5811f273-0ca9-4dda-89e4-6e8aaa482cd2-85-2560-1440.jpeg)
"Dépassé et frustré, Sinner a vécu à l’US ce qu’Alcaraz a vécu à Wimbledon"
Video credit: Eurosport
7. 2004 : Roger Federer
74 victoires – 6 défaites (92,5%)
11 titres
3 Grands Chelems
11 titres
3 Grands Chelems
L'année où Roger Federer a véritablement commencé à créer le monstre qui allait le poursuivre pendant quatre ans. Un Petit Chelem (le premier depuis Mats Wilander chez les hommes en 1988) et le Masters notamment à son actif. Il est clairement devenu le maître du monde lors de cette saison 2004.
7. 1986 : Ivan Lendl
74 victoires – 6 défaites (92,5%)
9 titres
2 Grands Chelems
9 titres
2 Grands Chelems
Le retour d'Ivan le Terrible. Promis, pour ceux qui ne l'aimaient pas, c'est la dernière fois que vous le verrez ici. Mais quelle constance durant ce milieu de décennie des années 80 ! À noter lors de cette saison 1986 : 25 victoires pour débuter l'année, et seulement 5 sets perdus sur ces 25 rencontres. Malheureusement pour lui, pas d'Open d'Australie en 1986 au calendrier, pour recaler le tournoi en janvier l'année suivante.
6. 2015 : Novak Djokovic
82 victoires – 6 défaites (93,2%)
11 titres
3 Grands Chelems
11 titres
3 Grands Chelems
La voici donc, la meilleure saison statistique de Novak Djokovic. La seule où il a dépassé les 80 victoires. 11 tournois gagnés (son record), 3 Grands Chelems, 6 Masters 1000 (!!!) et le Masters. La quasi-perfection. La finale de Roland-Garros l'aura privé du chef-d'œuvre absolu, mais quel bilan incroyable.
Sa fin de saison, notamment : 26 victoires sur ses 27 derniers matches, sachant que l'unique défaite, en phase de poule au Masters contre Federer, n'a eu aucune incidence puisqu'il allait remporter le titre quelques jours plus tard. 2011 n'est pas mal non plus (92,1%) mais un finish plus délicat, marqué par une fatigue certaine, l'empêche de figurer plus haut ici (elle est 11e exæquo avec Borg 1980 et Lendl 1982).
5. 1979 : Björn Borg
84 victoires – 6 défaites (93,3%)
13 titres
2 Grands Chelems
13 titres
2 Grands Chelems
1980 est peut-être l'année où Björn Borg a atteint le sommet de sa carrière, mais statistiquement, sa saison 1979 fut plus remarquable encore, avec en point d'orgue un nouveau "Channel Slam", le doublé Roland-Garros – Wimbledon. Seul John McEnroe parvient à le battre plus d'une fois cette année-là. Sa défaite en quart de finale de l'US Open contre Roscoe Tanner aurait pu lui couper les jambes, mais, après ça, il termine 1979 en trombe sur 22 victoires en 22 matches.
4. 2006 : Roger Federer
92 victoires – 5 défaites (94,8%)
12 titres
3 Grands Chelems
12 titres
3 Grands Chelems
La saison la plus prolifique du siècle en nombre de matches gagnés : 92. C'est même le record absolu depuis le début des années 90. Aucun autre joueur n'a atteint la barre des 90 victoires sur cette (longue) période. Un Petit Chelem, plus le Masters, 12 trophées et 16 finales en 17 tournois. Extravagant. Quatre de ses cinq défaites ont été concédées contre Nadal, toutes en finale. Seule exception : le jeune Murray, tombeur du roi à Cincinnati au 2e tour !
3. 2005 : Roger Federer
81 victoires – 4 défaites (95,3%)
11 titres
2 Grand Chelem
11 titres
2 Grand Chelem
Quatre petites défaites. Malheureusement, elles pèsent lourd, car elles n'ont pas été concédées sur des petites scènes, surtout pour trois d'entre elles :
. Demi-finale de l'Open d'Australie contre Marat Safin
. Demi-finale de Roland-Garros contre Rafael Nadal
. Finale du Masters contre David Nalbandian (alors qu'il était invaincu depuis Roland-Garros)
. Demi-finale de Roland-Garros contre Rafael Nadal
. Finale du Masters contre David Nalbandian (alors qu'il était invaincu depuis Roland-Garros)
Celle qui complète le tableau est moins dommageable, mais inoubliable pour nous, Français, puisque c'était face au jeune Richard Gasquet, 18 ans, à Monte Carlo. Au passage, le bilan de Roger Federer cette année-là dit tout de l'exploit du gamin de Sérignan.
Paradoxalement, c'est la seule année sur son historique quadriennal (2004 à 2007) où le Bâlois n'a pas réussi le Petit Chelem. Mais au niveau du ratio, cela reste sa campagne la plus remarquable. À quelques points près, cela aurait même été la meilleure saison de l'histoire de l'ère Open ! En effet, s'il avait battu Nalbandian en finale du Masters (où il a mené deux sets zéro avant de perdre 7-6 au 5e set), il aurait fini avec le même bilan que McEnroe en 1984 : 82-3. C'était aussi sa première finale perdue après 24 triomphes consécutifs. Le plus fou ? Federer a commencé la saison 2005 avec une cheville en vrac et l'a achevée avec la même cheville dans le même état...
/origin-imgresizer.eurosport.com/2021/06/02/3144820-64452128-2560-1440.jpg)
"Iconic" : Federer, Nadal et Djokovic vus par la photographe Corinne Dubreuil
Video credit: Eurosport
2. 1974 : Jimmy Connors
94 victoires – 4 défaites (95,9%)
15 titres
3 Grands Chelems
15 titres
3 Grands Chelems
Jimmy Connors ne compte aucun titre du Grand Chelem quand débute cette année 1974. À la fin de celle-ci, il en aura trois sur son CV : Open d'Australie, Wimbledon, US Open. Un Petit Chelem d'anthologie. Aurait-il pu réaliser le Grand, comme Donald Budge et Rod Laver ? Peut-être. Mais il a été privé de Roland-Garros, banni par Philippe Chatrier, désireux de punir ceux qui était allés monnayer leur talent dans des exhibitions lucratives.
Jimbo attaque le tournoi parisien pour être réintégré in extremis et prend Robert Badinter comme avocat. Mais si le futur Garde des Sceaux sauvera Patrick Henry de la guillotine, il ne permettra pas à Connors, débouté et dégoûté, de jouer Roland-Garros. Même sur terre battue, il semblait pourtant irrésistible. Sur le seul tournoi sur terre qu'il joue cette année-là, il domine Borg et Orantes… les deux finalistes de Roland-Garros. Sa formidable campagne lui permet de devenir numéro un mondial. Il y restera 160 semaines d'affilée.
1. 1984 : John McEnroe
82 victoires – 3 défaites (96,5%)
13 titres
2 Grands Chelems
13 titres
2 Grands Chelems
1984, ce n'est pas que le monde effrayant de George Orwell. C'est aussi le monde merveilleux de John McEnroe. Le génial gaucher américain n'a jamais été aussi magique qu'en cette saison de toutes les conquêtes. Il décroche 13 titres au total, dont Wimbledon, l'US Open et le Masters. Big Mac commence sa saison par 39 victoires, portant sa série à 42 puisqu'il avait achevé 1983 par trois matches gagnés.
96,5% de victoires, personne n'a jamais fait mieux, avant ou après lui. Pourtant, son match le plus célèbre de l'année reste un de ses trois revers, en finale de Roland-Garros, contre Ivan Lendl, alors qu'il menait deux sets zéro. Vijai Amritraj à Cincinnati et Henrik Sundstrom en finale de la Coupe Davis sont les deux autres à l'avoir battu lors de cette saison quasiment parfaite.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité