Masters 1000 Indian Wells - Novak Djokovic voit grand pour Carlos Alcaraz : "Mon record de 41 victoires ? Il peut le battre"
Par Laurent Vergne
Publié 08/03/2026 à 12:23 GMT+1
Retour gagnant pour Novak Djokovic. Pour son premier match depuis la finale de l'Open d'Australie, le Serbe de 38 ans s'est imposé en trois manches contre Kamil Majchrzak (4-6, 6-1, 6-2). À l'horizon, pour lui, une possible demi-finale face à Carlos Alcaraz, le joueur lancé sur les traces de son record de 41 victoires en début de saison. Un pari pas si fou que ça, pour le "Djoker".
Sans pitié, Alcaraz a balayé Dimitrov
Video credit: Eurosport
Ce sera peut-être le grand feuilleton tennistique du printemps. À court terme, la place de numéro un mondial n'est plus un débat entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, et Roland-Garros, le prochain Grand Chelem, est encore loin. Nous allons donc peut-être vivre au rythme d'une course folle, celle que le champion espagnol pourrait mener s'il se lance durablement en quête du record de Novak Djokovic. Du calme. Détendez-vous. Personne n'évoque (encore) les 24 titres du Grand Chelem de l'homme de Belgrade, mais bien ses 41 victoires au début de la saison 2011. La meilleure entame de l'histoire.
Carlos Alcaraz en est encore très, très loin. Même après son succès contre Grigor Dimitrov à Indian Wells samedi, le Murcien n'a ainsi même pas encore fait le tiers du chemin. C'est dire. Il est à 13 succès en 2026 (7 à l'Open d'Australie, 5 à Doha et un, donc, dans le Masters 1000 californien). Pour que l'exploit devienne possible, il faudrait déjà qu'il signe le "Sunshine Double", à savoir enchaîner Indian Wells et Miami. Fin mars, Alcaraz serait alors à 24 victoires de rang. Un tel doublé reste rare. Depuis la création de l'ATP Tour en 1990, ils sont sept à l'avoir accompli mais, au cours des 25 dernières années, seuls Roger Federer (trois fois) et Novak Djokovic (quatre) y sont parvenus.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/02/24/image-43b360c7-60e0-42f2-97c2-5b7998cc42ee-85-2560-1440.jpeg)
Pour Alcaraz, la meilleure défense, c’est la contre-attaque
Video credit: Eurosport
Pourtant, si la mission s'annonce complexe, et si cette perspective est encore floue compte tenu de sa distance, l'idée commence déjà à faire son chemin, ce qui en dit long sur le regard porté sur Alcaraz et son infini potentiel. Novak Djokovic, notamment, ne considère pas du tout la chose comme utopique. "Mon record de 41 victoires ? Il peut le battre", a jugé le Serbe, samedi, après lui aussi avoir entamé victorieusement son tournoi, face à Kamil Majckrzak (4-6, 6-1, 6-2). "Il a tout ce qu'il faut pour y arriver, en termes de jeu bien sûr, mais aussi d'adaptabilité aux différentes surfaces, ou encore par rapport à sa condition physique et sa faculté de récupération", estime l'ancien numéro un mondial.
Quand vous gagnez autant et que vous êtes portés par cette vague de succès, vous n'avez pas envie de la laisser filer
Personne n'est mieux placé que le "Djoker" pour mesurer ce qu'implique une telle quête. Il se souvient de cette folle période, il y a 15 ans. A l'époque, Djokovic avait, comme Alcaraz aujourd'hui, remporté l'Open d'Australie avant de gagner un 500 en février (Dubaï). Ce fut ensuite le doublé Indian Wells – Miami, puis Monte-Carlo, Madrid et Rome sur terre battue, avant de coincer en demi-finale à Roland-Garros contre Roger Federer, dans un match d'une ébouriffante qualité, resté dans toutes les mémoires.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/02/01/image-65f8f733-81b5-41a3-9dd6-b64770a4c8cd-85-2560-1440.jpeg)
"Ça a été une sacrée aventure" : Djokovic, très ému, laisse planer le doute sur la suite
Video credit: Eurosport
Il sait donc parfaitement à quel point le fait de rester en éveil sur une période aussi longue vous oblige à puiser physiquement et psychologiquement dans vos ressources. "C'est très exigeant, relève-t-il. Mais dans le même temps, quand vous gagnez autant et que vous êtes portés par cette vague de succès, vous n'avez pas envie de la laisser filer. Donc vous surfez dessus aussi longtemps que possible, parce que votre niveau de confiance est tellement élevé qu'il faut en profiter." Tout est donc une question d'équilibre : gérer son calendrier pour ne pas trop tirer sur la corde, mais enchaîner suffisamment pour bénéficier aussi longtemps que possible de cette fameuse vague.
Le physique sera la base de tout, à l'évidence. "Il devra maintenir son corps en bonne santé, adresse Djokovic en guise de conseil. S'il y parvient, alors je le crois assez bon pour gagner n'importe quel tournoi dans lequel il va s'aligner." Ce qui peut inciter à l'optimisme, concernant Carlos Alcaraz, c'est que l'Espagnol a non seulement atteint un niveau plancher extraordinairement élevé, mais qu'il connait en prime très peu de sautes de tension. Le relâchement lui est même devenu quasiment étranger depuis un an. Seule exception, sa sortie de route d'entrée lors du Rolex Paris Masters, fin octobre, contre Cameron Norrie. Pour le reste, il a atteint la finale de 12 des 13 tournois qu'il a disputés depuis le mois d'avril 2025.
Si son héritier au sommet du tennis mondial devait le surpasser, Novak Djokovic n'en ferait pas un drame. "Je lui souhaite de continuer à enchaîner les victoires, assure-t-il. Je pense qu'il apporte tellement à notre sport. Tout ce qu'il accomplit est remarquable." Et il sait de quoi il parle, en la matière. Avec une limite, toutefois : si tout va bien d'ici là, Djokovic et Alcaraz devraient se retrouver en demi-finale à Indian Wells. L'Espagnol en serait alors à 16 victoires d'affilée en 2026. Toujours loin des 41. Mais si Djokovic peut tuer dans l'œuf sa cavalcade printanière, il ne se gênera pas.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité