Mathieu, ça ne suffit pas

Andy Murray, convalescent, a dominé Paul-Henri Mathieu au 3e tour du Masters d'Indian Wells (6-3, 6-2 en 1h16). Le Français, qui remet en cause son niveau de jeu, n'était simplement pas dans un grand jour. L'Ecossais, qui est ne l'oublions pas N.4 mondial, jouera Robredo ou Cilic.

Eurosport

Crédit: Eurosport

MASTERS 1000 INDIAN WELLS - 3e tour
Andy Murray (GBR/N.4) bat Paul-Henri Mathieu (FRA/N.32) 6-3, 6-2Prochain adversaire: Robredo ou Cilic
Avant le début de la saison 2009, le mot d'ordre du nouveau duo Paul-Henri Mathieu-Loïc Courteau, c'était : " Retrouver la confiance". Après trois mois et sept tournois, après une défaite en deux sets face à un Andy Murray convalescent à Indian Wells, PHM assène un constat inquiétant: " Je joue moins bien qu'avant, il faut que je regagne en confiance et que je travaille mon physique pour revenir à mon niveau d'avant." Ce genre de déclarations, c'est l'inverse de la méthode coué. Face à Murray, Mathieu a fait du Mathieu pas plus ni moins. On n'y a pas vu de défaillances plus graves que lors des saisons précédentes. Au pire, une performance médiocre au service et une défaite tactique, ce qui n'est pas une humiliation quand on a un technicien comme Murray en face.
Tout s'est joué dans la diagonale revers. Andy Murray y a fixé Mathieu pendant toute la partie. Et le Français y a entortillé sa stratégie et son tennis. Breaké rapidement au premier set, il est revenu immédiatement au score jusqu'à 3-3, avant de perdre son service une seconde fois dans la foulée. Contrairement à ce que le Francais a pu déclarer, on n'a pas vu un joueur étouffé en fond de court. PHM a tenté de sortir de cette insistante diagonale. Il est allé assez souvent vers le filet, il a pris des risques. Ses frappes étaient simplement mal ajustées en début de rencontre, et dans la seconde manche, où il s'est retrouvé mené 2-4, il a peut-être un peu trop retenu son bras.
Non, Mathieu ne joue pas "moins bien qu'avant", c'est "Murray qui fait mal jouer"
Ce Mathieu-là ne joue pas moins bien qu'il y a un an ni qu'à Brisbane en janvier où il a atteint les demi-finales. Il se retrouve face à un dilemne trop souvent connu : comment sortir des deux schémas de jeu entre lesquels il semble avoir si souvent hésité : la prise de risque maximale et le jeu bridé. C'est en cognant toutes les balles qu'il avait gagné ses deux premiers tournois en 2002 (Lyon et Moscou). C'est en "élevant son niveau de jeu moyen" , selon sa propre expression qu'il avait remporté les deux autres (Casablanca et Gstaad en 2007).
Ce que l'on apprécie dans son jeu cette saison, c'est sa volonté d'aller chercher les points vers l'avant. Cependant, comme on l'a vu face à Andy Murray, contre un relanceur de cette qualité, il faut soit aller plus vite, soit frapper plus lourdement, soit tout simplement être plus précis. Mathieu a eu sa chance, mais il a commis deux fois plus de fautes directes que l'Ecossais (30 contre 14 pour Andy).
Pour contredire encore une fois le constat trop rapide de Mathieu, il faut écouter ce qu'il dit lui-même un peu plus loin : "Murray est un joueur qui fait mal jouer, il ne faut pas lui ouvrir la moindre porte sinon il saisit l'opportunité". Murray, c'est surtout le N.4 mondial. Un joueur, qui malgré dix jours d'absence en raison d'un virus contracté à Dubaï, est juste derrière les intouchables Nadal et Federer. Mathieu, quant à lui, est un joueur qui a besoin d'être chauffé à blanc comme un métal sous l'enclume. Quand ça chauffe, il peut mettre Murray à deux mètres de la balle. Ce lundi, la raquette était très froide. A revoir à Miami : "Maintenant, je voudrais bien finir la première saison sur dur à Miami (le semaine prochaine, ndlr), c'est un tournoi que j'aime bien".
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