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Masters Indian Wells

"Travail, discipline, humilité et respect" : tout ce qui manque encore à Zverev ?

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Alexander Zverev

Crédit: Eurosport

ParCyril Morin
09/03/2018 à 11:53 | Mis à jour 09/03/2018 à 13:50
@cyrilmourinho

MASTERS INDIAN WELLS - Attendue comme celle de la confirmation, l’année 2018 n’a pas encore permis à Alexander Zverev de franchir un palier. Pire, après s’être embrouillé avec son ex-entraîneur, Juan Carlos Ferrero, l’Allemand semble prendre un chemin tortueux. Et, mine de rien, ce tournoi d’Indian Wells figure déjà d’un tournant dans sa saison.

C’est écrit. Répété à l’envi. C’est même devenu une évidence pour certains. Un jour, Alexander Zverev sera numéro un mondial. Et dominera la planète tennis. Un jour. Mais pas encore aujourd’hui. Rien de grave après tout, le gamin n’a que 20 ans. Mais c’est aussi dans ces moments charnières que se construisent les grandes carrières. Ce n’est pas le fougueux Roger Federer de l’époque qui dira le contraire. Et ce virage décisif, l’Allemand l’aborde en dérapage dont on ne sait pas encore s’il sera contrôlé.

Pour l’instant, l’année 2018 du prodige mondial n’a rien d’une ballade. Certes, il sort d’une demi-finale à Acapulco face à Juan Martin Del Potro. Mais c’est son Open d’Australie, achevé dès le 3e tour face à la révélation Hyeon Chung qui a lancé l’année de manière chaotique. Et le tableau s’est noirci ces dernières semaines avec le départ de son coach, Juan Carlos Ferrero.

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Règlements de compte

En soit, une séparation entre un coach et son poulain est quelque chose de commun sur le circuit. Mais que celle-ci se termine si tôt dans la saison, et qui plus est en scène de ménages, cela devient plus compliqué. C’est l’ancien numéro un mondial, remercié après l’Open d’Australie raté de l’Allemand, qui s’est chargé de la première escarmouche dans Marca. Violente.

"Ce que j'ai demandé depuis le premier jour, c'est de respecter l'équipe... Et parmi d'autres choses, je lui ai demandé d'être un peu plus ponctuel, en lui disant que ce n'était pas correct d'arriver avec vingt ou trente minutes de retard à l'entrainement tous les jours" a d’abord expliqué l’Espagnol. Puis, il est revenu sur l’évolution de Zverev entre le début de leur collaboration, où le jeune Allemand n’affichait pas encore deux Masters 1000 au compteur. "Les premiers mois il était respectueux et discipliné, mais quand il a pris confiance en lui et il ne respectait plus les règles qu'on avait élaborées au départ…" a-t-il ajouté.

Mais Ferrero n’avait pas fini. En conclusion de son interview, il a glissé de manière anodine, une phrase assassine : "J'ai dit aux médias que je suis un professionnel, ce qui implique les valeurs que j'ai apprises : le travail, la discipline, l'humilité et le respect des autres…" Autrement dit, tout ce dont manque Zverev.

Zverev et Ferrero

Crédit: Imago

La nonchalance fait partie du personnage

Impossible pour l’Allemand de laisser passer ça. Interrogé sur la sortie, Zverev n’est pas rentré dans le combat frontal : "On a eu un souci après l'Open d'Australie... Cela concernait mon équipe, à un moment il a été irrespectueux envers tout le monde et c'est pour ça que j'ai dû arrêter notre collaboration…" Une forme de maturité, déjà.

Car finalement, Zverev continue de grandir. Avec ou sans Ferrero, peu importe. Prédestiné aux plus hautes marches, il a largement confirmé les attentes en 2017 en s’offrant deux Masters 1000, à Rome et à Montréal, au nez et à la barbe de Novak Djokovic et Roger Federer. Il s’est aussi immiscé aux Masters de Londres, laissant le Masters Next Gen à ses camarades de classe. Lui est déjà surclassé.

Surtout, la nonchalance dégagée par l’Allemand n’a rien de nouvelle. Conscient de ses qualités, aussi bien physiques que techniques, Zverev n’a finalement qu’un défaut. Majeur. Les tournois du Grands Chelems. Jusqu’ici, voici son palmarès dans les Majeurs en une image.

C’est dans cette optique que Ferrero avait été appelé aux côtés du jeune Allemand. Échec. Alors, certes, Indian Wells ne fait pas partie de cette catégorie de tournois. Mais c’est aussi en s’imposant dans de tels tournois que le prodige continuera d’avancer. Son tableau est ouvert : Raonic en 8e, Sock en quart avant, éventuellement, une demie explosive face à Cilic, Djokovic ou Del Potro. De quoi se tester au mieux. De quoi aussi prouver que Zverev continue d’avancer. N’en déplaise à son ex-entraîneur.

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