ATP Miami : Dans le dernier carré, Isner peut plus que jamais croire à la défense de son titre

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ATP MIAMI - Arrivé dans la peau d’un tenant du titre à la forme incertaine en Floride, John Isner s’est finalement frayé à coups de tie-breaks un chemin jusque dans le dernier carré de la compétition où il affrontera le phénomène Félix Auger-Aliassime vendredi. Après les sorties prématurées de nombreux favoris, il ne semble plus du tout insensé de le voir défendre son bien.

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Il a beau toiser son monde du haut de ses 2,08 mètres, John Isner a débarqué dans ses petits souliers à Miami voici dix jours. L’Américain aurait pu être rassuré de retrouver les terres de ce qui constitue à ce jour l’exploit de sa carrière : son premier et unique (pour le moment) titre en Masters 1000 conquis il y a tout juste un an en Floride. Mais le changement de site du tournoi de Crandon Park au Hard Rock Stadium lui a fait perdre ses repères, du moins le craignait-il, lui donnant la sensation de participer à une nouvelle épreuve.
Etant donné la densité du tableau, Isner avait toutes les raisons de craindre la perte de la grande majorité de ses 1000 points engrangés l’année dernière à Miami, et donc une sortie spectaculaire du top 10 mondial. Et pourtant, il sera bien au rendez-vous des demi-finales vendredi et reculera au pire, en cas de défaite, au 11e rang. "Je l’ai dit avant le tournoi et je le répète : il y a de grandes chances que je ne défende pas ce titre, parce que je n’ai gagné qu’un Masters 1000 dans ma carrière. Donc les probabilités sont faibles de le refaire, mais il ne me reste que deux matches à gagner désormais", a estimé l’intéressé après sa victoire sur Roberto Bautista Agut en quart de finale.

Isner a su apprivoiser le Hard Rock Stadium

Depuis son entrée en lice, l’Américain s’est employé à alléger ainsi la pression qui pèse sur les épaules, aussi larges soient-elles, du tenant d’un titre aussi prestigieux. Et s’il n’a pas pratiqué une qualité de tennis exceptionnelle, il a passé les tours sans laisser filer le moindre set en route, remportant sept de ses huit manches jouées au tie-break. Dans le même temps, les épouvantails de sa moitié de tableau, le numéro 1 mondial Novak Djokovic et Dominic Thiem, tout juste titré à Indian Wells, ont rapidement disparu de la circulation.
Finalement, Isner et ses ailes de géant ont trouvé un écrin à leur mesure dans l’antre des Miami Dolphins où il a disputé tous ses matches avec un plaisir certain. "J’aime vraiment le court central, les conditions me conviennent parfaitement, et j’adore la ville", a-t-il déclaré, dithyrambique. Pourtant, la surface, dont la lenteur a été unanimement soulignée par les joueurs et les observateurs, favorise la tenue d’échanges longs, pas vraiment la tasse de thé de l’Américain qui préfère faire la différence en deux ou trois coups de raquette.

Imprenable au tie-break cette semaine

Isner n’a d’ailleurs eu aucun mal à reconnaître ses limites dans ce domaine. "Sur ses jeux de service, Roberto Bautista Agut m’a emmené dans sa filière de fond de court et m’a rendu la vie très difficile, parce qu’il est tellement solide depuis sa ligne de fond", a-t-il expliqué, rendant ainsi hommage au bourreau de Novak Djokovic. Mais le 9e joueur mondial n’a pas besoin de breaker pour remporter un match. Comme contre Edmund et Sonego précédemment, il s’est appuyé sur la qualité de sa première balle pour faire la différence dans les jeux décisifs. Il en a d'ailleurs disputé 24 en 20 matchs en 2019 (14 gagnés, 10 perdus, 7-0 à Miami).
En demi-finale, John Isner partira indéniablement favori face au phénomène Félix Auger-Aliassime, plus jeune demi-finaliste de l’histoire du tournoi à 18 ans. Si le jeune Canadien en est déjà à 7 victoires consécutives cette semaine en Floride et a toutes les raisons d’être euphorique après s’être offert Borna Coric, son cinquième (déjà !) top 20 en carrière, il n’a encore jamais été confronté au service de l’Américain et à la frustration qui en résulte à la relance. Grâce à son expérience et à sa gestion impeccable des fins de sets, Isner pourrait bien faire la différence. Fidèle à son humilité assumée malgré son statut de tenant du titre, il ne fera en tout cas pas de complexe de supériorité.
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