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ATP Miami : Impressionnant en Floride, Federer a un talon d'Achille : les balles de break
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Publié 29/03/2019 à 18:25 GMT+1
MASTERS 1000 MIAMI - Plus les tours avancent et plus Roger Federer semble élever son niveau de jeu en Floride. Seul membre du top 5 encore en lice, le Suisse de 37 ans fait logiquement figure de favori du tournoi. Mais un domaine du jeu pourrait bien lui jouer des tours : son efficacité sur les balles de break.
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Les superlatifs manquent pour décrire la carrière de Roger Federer. Recordman du nombre de titres en Grand Chelem (20) et des semaines passées à la tête du classement mondial (310), l’homme aux 100 trophées sur le circuit ATP est aussi un champion des statistiques. Si le Bâlois semble avant tout passionné par le jeu – il n’y a qu’à voir son émotion presque enfantine à chaque triomphe pour s’en persuader –, il n’a jamais caché non plus son attrait pour l’histoire de son sport et son envie de la marquer en devenant la référence dans un maximum de secteurs du jeu. Les chiffres le lui rendent bien dans leur grande majorité, mais il est un domaine où il reste plus que perfectible : son taux de conversion de balles de break.
Ce constat a de quoi rendre perplexe, dans la mesure où les meilleurs joueurs du monde sont souvent qualifiés de prédateurs à sang froid, capables de saisir la moindre des opportunités pour faire la différence. Mais le circuit ATP est formel : dans ce secteur, Federer peut clairement mieux faire. Les quatre joueurs les plus performants sur leurs opportunités dans l’ère moderne sont tous des spécialistes de la terre battue qui ont fait partie de l’élite tennistique de leur époque : l’Argentin Guillermo Coria domine ce classement avec 45,71 % de balles de break converties, devant les Espagnols Sergi Bruguera (44,96 %), Rafael Nadal (44,94 %) et l’Autrichien Thomas Muster (44,73 %).
Seulement 91e en taux de balles de break converties
Avec une efficacité de 41,13 % sur ses occasions, Federer pointe lui à la… 91e place seulement en carrière. Pourtant, le Suisse est le joueur en activité qui en a converti le plus depuis le début de sa carrière (4675), et si ce nombre impressionnant en valeur absolue peut être corrélé à sa longévité, il signifie aussi que l’actuel 5e joueur mondial est globalement un très bon relanceur… mais qui a plus de mal que les autres cadors à saisir ses opportunités. Un comble pour lui qui a tant dominé le circuit entre 2004 et 2007 et qui reste encore aujourd’hui pour beaucoup l’homme à battre à 37 ans bien fêtés.
Le principal intéressé est d’ailleurs bien conscient de cette "carence" si on peut l’appeler ainsi. "Je suis probablement l’un des joueurs sur le circuit qui manquent le plus de balles de break. J’y suis habitué. Il faut rester positif et se procurer d’autres opportunités… que je raterai sûrement aussi. Mais je ne dois rien montrer à mon adversaire jusqu’à ce que ça marche", avait-il confié plein d’humour au micro de Jim Courier après être venu à bout d’Andy Murray en quart de finale de l’Open d’Australie il y a… cinq ans maintenant.
Trahi par ses émotions ?
Et malheureusement pour lui, la tendance ne s’améliore pas en 2019 : en 19 matches joués cette saison, il n’a converti que 36,42 % de ses balles de breaks (55/151). Et si cette statistique n’affecte en rien ses résultats globaux puisque Federer compte déjà un titre, une finale et au minimum une demi-finale à Miami en quatre tournois disputés, elle explique en grande partie ses deux seules défaites jusqu’ici. Contre Stefanos Tsitsipas en huitième de finale de l’Open d’Australie (0/12) et face à Dominic Thiem en finale à Indian Wells (2/11), le Suisse a payé une inefficacité indigne du champion hors norme qu’il est (2/23 soit un pourcentage famélique de 8,7 % de réussite sur ses opportunités).
Spécialiste de la "poker face", ce visage impassible que lui reprochent certains de ses détracteurs, Federer prouve dans les faits qu’il ne contrôle pas aussi bien que cela ses émotions sur les points importants. Bouillonnant et colérique dans sa jeunesse, le Suisse s’est construit une carrière exceptionnelle en parvenant à trouver un juste équilibre entre détachement total et trop grande démonstration de sa nervosité.
A 37 ans, son expérience du plus haut niveau et de ce qu’il faut faire pour y rester est inestimable, mais elle ne le met pas à l’abri de certaines déconvenues, surtout dans les moments décisifs d’une partie, à l’image de ses opportunités gâchées dans le troisième set de sa récente finale à Indian Wells. Face à John Isner, il devra pourtant se montrer implacable quand la tension montera pour s’imposer à nouveau en Masters 1000. S’il y parvient, il y a fort à parier que quelques nouveaux coups d’éclat pourraient émailler sa saison.
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