Finale Djokovic - Murray : Battre Djokovic, c'est désormais casser une habitude banalisée par Federe
Par SEBASTIEN PETIT
Publié 08/11/2015 à 01:47 GMT+1
MASTERS 1000 PARIS-BERCY - Novak Djokovic est en train de terminer une saison quasi-parfaite. Une domination qui n’est pas sans rappeler celle des grandes heures de Roger Federer et Rafael Nadal il n’y a pas si longtemps. Mais contre laquelle certains essayent encore de se battre, malgré tout. Andy Murray le premier en finale du BNP Paribas Masters.
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Crédit: Eurosport
Ils ne sont pas nombreux à avoir battu Novak Djokovic cette saison. Ils sont quatre en tout et pour tout. Roger Federer et Stan Wawrinka font partie de ceux-là, tout comme Ivo Karlovic, le seul à l’avoir fait avant la finale, à Doha. Liste à laquelle s’ajoute aussi Andy Murray, qui a su trouver la solution pour résoudre l’équation de l’année en le dominant en finale à Montréal, lui infligeant sa première défaite de la saison en Masters 1000.
Retrouver Djokovic en finale est en fait devenu la norme en 2015. Une sorte d’habitude que personne, à une exception près, n’a pu briser cette année. Il faut dire qu’avec 14 finales jouées en 15 tournois disputés (la faute à Ivo), dont les 4 tournois majeurs et 8 des 9 Masters 1000, le numéro un mondial a fait plus que main basse sur la saison… sans que cela ne choque personne. Pour les acteurs (ou victimes du Serbe, c’est selon), c’est une continuité par rapport à ce qu’il a déjà réalisé. Et cette routine, peu de joueurs peuvent réellement la remettre en question.
"Ce qu'il a fait cette année est exceptionnel. Quand un joueur a une telle année, cela attire au contraire beaucoup d'attention sur notre sport", a souligné Andy Murray, contredisant l’idée qu’une certaine lassitude s’installe sur le circuit face à une telle domination. "Je pense que ce n'est pas négatif pour notre sport quand un joueur a une année exceptionnelle comme lui et pousse les autres joueurs à élever leur niveau et être compétitifs de manière régulière."
"C’est hallucinant ce qu’il fait cette année, renchérit Stanislas Wawrinka, mais il y en a d’autres qui nous ont habitués à une telle domination, c’est Roger et Rafa. Ils nous ont habitués à les voir jouer à un tel niveau, à tout prendre, à ne rien laisser aux autres depuis tellement d’années… une dizaine d’années maintenant. A tout gagner en somme. Cela reste hallucinant à quel point il a su entrer gentiment dans ce groupe, puis prendre les devants depuis quelques années. C’est clair qu’on ne peut être qu’en admiration face à ce que fait Novak cette saison. Monter à un tel niveau, gagner autant, c’est exceptionnel. A côté, nous autres, on essaye de grappiller ce qu’on peut."
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Crédit: Panoramic
Grappiller, c’est le mot qui convient. Et encore, lui piquer Roland-Garros a sans doute été le casse de l’année, à côté des deux finales de Masters 1000 perdues par le Serbe à Montréal et Cincinnati. "Murray a les moyens de l’empêcher de gagner pour la troisième fois de suite ici, estime Stan Wawrinka, lui-même battu par le monstre en demi-finale ce samedi (6-3, 3-6, 6-0). On l’a vu à Montréal cette saison, il a réussi à le battre. A Roland-Garros, j’ai eu un peu plus le temps pour poser mon jeu, et quand j’arrive à distribuer… Comme ici au deuxième set où j’arrive à lui faire mal, on le sent, c’est lui qui est un peu en panique car il n’a pas le contrôle du jeu. Il déteste ça. C’est toujours la bataille de celui qui va être le plus proche de la ligne et être le plus calme pour distribuer. C’est le plus dur contre lui parce qu’il te pousse à reculer, il essaye de contrer comme il faut et de garder la main sur le jeu."
Casser l’habitude, c’est le bousculer dans le jeu. Mais c’est aussi prendre l’ascendant physiquement sur lui, ce qui n’est pas non plus donner à tout le monde. "Peut-être que cela ne se voit pas beaucoup, mais Novak est un peu plus fatigué, souligne encore Wawrinka, plus cramé que le Serbe samedi. Il est un peu dans le dur, il n’est pas aussi confiant, en tout cas ce n’est pas aussi flagrant qu’à Shanghai ou à Pékin pendant la tournée asiatique. On sent que, pour lui aussi, c’est la fin de saison, il a joué énormément de matches. Avec un joueur comme Murray, s’il peut sortir un gros match, jouer comme à Montréal, il aura sa chance, clairement."
Andy Murray, habitué à subir la loi des derniers numéros un mondiaux, ne s’estime pas perdant d’avance lui non plus, malgré la marge de son adversaire face à lui. "Pour ma part, je pense l'avoir poussé dans ses retranchements plusieurs fois cette année. Je me rappelle du match à Indian Wells ou à Shanghai récemment. Ces deux matches n'étaient peut-être pas très bons mais pour les autres, je pense avoir été vraiment à la hauteur." Et Wawrinka de rappeler : "Maintenant, c’est Novak, c’est en indoor et mine de rien, il a un petit ascendant sur Murray. J’ai l’impression qu’il ne peut pas perdre quand il est en confiance face à lui." Avec 21 victoires de suite sur le circuit à l'heure actuelle, difficile de lui donner tort.
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