Andy Murray peut enfin exulter. Après la frustration d'une demi-finale gagnée sur un forfait, le Britannique a pu avoir sa balle de match tant attendue pour ressentir ce sentiment de devoir accompli. Devenir numéro un mondial sans gagner est une chose, perdre la finale aurait été compliquée à vivre. Mais dimanche, il était dit qu'il ne lui arriverait rien de mal. Le futur patron du circuit n'a pas failli à la tâche, malgré un adversaire qui n'était pas venu pour faire de la figuration et une pression présente tout de même un peu sur ses épaules.
"Je n'ai pas ressenti trop de tension, rectifie le nouveau lauréat de Bercy. On pourrait penser qu'après avoir appris être n°1, j'aurais pu avoir un creux. Je me suis senti bien avant d'aborder le match. Mais les matches sont fatigants : sur le plan mental, c'est vrai que c'est plus difficile de perdre que de gagner."
Masters Paris-Bercy
Murray, la cerise sur la couronne
06/11/2016 À 16:30

De perdant en finale face à Djokovic à numéro un mondial en un an

Il y a un an, quasiment jour pour jour, il était assis à la table du perdant, battu en finale par un Novak Djokovic qui marchait encore sur l'eau. Depuis, le Serbe a pris un bouillon et c'est maintenant le Britannique qui surfe sur la vague du succès. A Paris, il vient d'aligner un quatrième trophée sur le circuit. Jamais il n'avait connu pareille série. Ni connu autant de succès sur une saison avec ses huit titres, dont trois Masters 1000 et un titre majeur. S'il joue le meilleur tennis de sa vie, il devrait faire meilleure figure au Masters de Londres de Londres comparé à ses deux dernières participations où il n'a remporté que deux succès en six matches.
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"Les deux dernières années, je n'ai pas très bien joué à Londres. Cette fois-ci, je veux jouer mon meilleur tennis. La question n'est pas de savoir si je vais gagner cette finale, mais je veux bien terminer l'année. A la rigueur, finir l'année numéro un ne me tracasse pas, je veux juste continuer à gagner."
Modeste ? Murray préfère plutôt le mot prudent. "Ce que j'ai fait pendant l'été et après, c'était quand même inattendu pour moi-même. J'ai eu la meilleure année de ma carrière en ayant gagné l'US Open, les Jeux Olympiques et Wimbledon (entre 2012 et 2013, NDLR) Quelques mois après, je m'étais blessé. Je ne sais pas du tout où j'en serai dans cinq mois ou six mois. Bien entendu, j'adorerais gagner l'Open d'Australie, parce que c'est le prochain objectif majeur qui arrive à l'horizon, au début de l'année prochaine. Je n'ai jamais réussi à le gagner. J'ai été pris de court plusieurs fois et j'aimerais bien gagner cette année."

L'Open d'Australie, l'objectif principal à moyen terme

Si l'Open d'Australie, là où il a perdu cinq finales majeures, sera un juge de paix pour lui, bien jouer à Londres devant le public britannique sera bien évidemment un objectif important pour lui. Il n'y a jamais joué de finale, seulement deux demies depuis que le Masters s'est installé dans la capitale anglaise en 2009. Maintenant qu'il est dans la peau du numéro un mondial, ne pas le voir aller au bout serait indéniablement une déception. Mais sans doute moins que de repartir bredouille de Melbourne, son objectif N.1.
"Tout s'est passé très vite. Je ne sais pas vraiment si j'ai digéré l'information ou pas, a-t-il encore insisté. Devenir N.1, ce n'est pas comme si c'était arrivé après avoir gagné en tournoi de Grand Chelem ou les Jeux Olympiques. C'est différent mais c'est sans doute dû à la manière dont cela s'est passé. Quand on joue une finale, on gagne ou on perd. Tandis que le classement de n° 1 mondial, ce n'est pas pareil." Et de conclure : "On peut toujours se dire que l'on a une chance la semaine suivante."
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