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Judy, Kim, Ivan, Amélie et les autres : Ceux qui ont aidé Andy à devenir le roi du monde

Judy, Kim, Ivan, Amélie et les autres : Ceux qui ont aidé Murray à devenir le roi du monde

Le 07/11/2016 à 00:18Mis à jour Le 07/11/2016 à 14:12

Ce lundi, Andy Murray devient officiellement le nouveau numéro un du tennis mondial. Une forme d'aboutissement pour l'Ecossais de Dunblane, qui s'est forgé au fil des ans un palmarès remarquable. De sa maman, Judy, à Ivan Lendl, décisif dans sa mutation, en passant par son épouse Kim, voici sept personnalités qui ont largement contribué à faire d'Andy le champion respecté qu'il est aujourd'hui.

Judy Murray

La maman. La mère poule. Une femme de caractère, très présente, parfois envahissante, ont pu dire certains. On se souvient des propos de Boris Becker, qui, il y a quelques années, s'interrogeait publiquement sur l'omniprésence de madame Murray auprès du fiston : "Sa présence m'interpelle. Un jeune homme ne peut pas avoir en permanence sa mère sur le dos dans son travail. En tribunes, je ne vois pas constamment la mère de Nadal ou celle de Federer". Mais les mères de Nadal et Federer n'ont jamais eu une place aussi importante tennistiquement que Mrs Murray, qui, rappelons-le, a été la première à entraîner son fils. Et elle a également été la capitaine de l'équipe britannique de Fed Cup, ce qui lui confère une légitimité certaine.

Comme l'a encore rappelé Judy Murray samedi, à Dunblane, en Ecosse, le tennis n'était pas exactement une religion. Si elle-même n'avait pas été une technicienne de ce sport, sans doute Andy et Jamie ne seraient-ils jamais devenus ce qu'ils sont aujourd'hui. Le nouveau numéro un mondial a tenu à le souligner dimanche après sa finale victorieuse contre John Isner. "Le fait que ma mère ait été un coach de tennis nous a aidés, mon frère et moi, a-t-il évoqué. Cela nous a permis de jouer dès le plus jeune âge. On a beaucoup aimé le tennis à un très jeune âge. Je pense que sans notre mère, on ne serait pas devenu des joueurs professionnels. Il n'y avait aucune raison. Personne ne jouait vraiment sérieusement au tennis dans notre ville."

Si elle a pris davantage de recul (elle a notamment préféré rester chez elle pendant les Jeux Olympiques), maman Murray n'en reste pas moins très présente et très influente. "Pour tout ce qu'elle a apporté au tennis britannique, et pas seulement à moi, elle mériterait d'être fait Officier de l'Empire Britannique", a même suggéré le fils cadet.

Judy Murray dans le box de son fils Andy durant Roland-Garros 2016.

Judy Murray dans le box de son fils Andy durant Roland-Garros 2016.Panoramic

Jamie Murray

Quelle famille, quand même ! Andy Murray est numéro un mondial en simple, mais son frère, Jamie, a déjà occupé cette enviable position en double un peu plus tôt cette année. Jamie, c'est le grand frère. Il est l'ainé, de 15 mois. Si, aujourd'hui, Andy a la plus glorieuse de leurs deux carrières, l'influence de son frère a pesé sur lui, en tant que joueur et en tant qu'homme. "Andy, quand il était enfant et adolescent, a puisé dans tout ce que son grand frère a fait avant lui", expliquait leur mère, Judy, sur CNN au moment de l'US Open.

Le divorce de leurs parents, en 2005, a encore soudé un peu plus les deux frangins. Et si Andy a accompli davantage sur les courts de tennis, Jamie n'en a jamais pris ombrage. "J'imagine que les gens doivent penser que Jamie est jaloux d'Andy parfois, mais on ne peut pas être plus éloigné que cela de la vérité, rappelle encore maman Judy. Entre eux, pas de rivalité, mais une vraie complicité. Andy savoure aujourd'hui l'émergence de son frère, devenu une référence en double."

A une époque, Andy était même obsédé par les résultats de son frère, assure leur mère. "Il est presque plus excité par les succès de son frère que par les siens", dit-elle. Ils ont aussi vécu de grandes choses ensemble, avec en point d'orgue la conquête de la Coupe Davis, l'an dernier, où ils ont joué le double ensemble. Un moment très spécial pour les "Murray brothers". Et là, Jamie redevient le grand frère. "Quand ils jouent en double, raconte Judy Murray, Jamie est le patron, aucun doute."

Les frères Murray en Coupe Davis en 2015

Les frères Murray en Coupe Davis en 2015AFP

Kim Sears-Murray

"A ma femme, Kim, je veux dire : 'tu es une légende, merci pour le soutien que tu m'as toujours apporté'". Ces mots, prononcés par Andy Murray pendant son discours d'après-finale (perdue) à l'Open d'Australie en janvier 2016, témoignent de l'importance de Kim Sears, devenue madame Murray, dans la carrière de l'Ecossais. Dix jours plus tard, elle donnait naissance à leur premier enfant, Sophia. Andy et Kim, c'est une histoire désormais ancienne de plus d'une décennie. Ils se sont rencontrés lors de l'US Open 2005. Il avait 18 ans, elle allait les avoir trois mois plus tard.

Pour tous ceux qui connaissent le couple, Kim a été décisive pour canaliser le tempérament explosif et parfois autodestructeur sur le court d'Andy. "Humainement, elle l'a calmé", avoue Judy Murray. "Je suis quelqu'un de très émotif, et Kim m'a aidé à canaliser ces émotions", explique Murray, qui a admis un jour que, quand Kim était au bord du court, il se sentait "plus relax". D'autre part, Kim Sears était bien placée pour comprendre et accepter l'exigence de la vie d'un champion de tennis. Son père, Nigel Sears, est un entraineur reconnu, qui a notamment coaché Ana Ivanovic, Amanda Coetzer ou encore Daniela Hantuchova. Ce qui, en 2009, fit dire à un proche d'Andy Murray dans le Daily Mail que Kim était "la petite amie parfaite pour un joueur de tennis".

Kim Sears et son "fameux" T-shirt

Kim Sears et son "fameux" T-shirtImago

Ivan Lendl

Beaucoup d'entraineurs ont compté dans la carrière de Murray, y compris Brad Gilbert (2007-2008), avec lequel il entretenait pourtant une relation conflictuelle, mais aucun n'aura pesé davantage que Lendl. Le 31 décembre 2011, quand Andy Murray a annoncé le début de leur collaboration, il a fallu se frotter les yeux trois ou quatre fois pour vérifier cette information. Lendl, plus de 15 ans après sa retraite comme joueur, n'avait encore jamais entrainé au plus haut niveau et il semblait à des années-lumière d'un tel engagement. Mais c'est précisément ce qui a plu à Murray. "Je cherchais quelqu'un avec un regard totalement neuf", avait-il expliqué. Si le choix de l'Ecossais de Dunblane a d'abord pu faire sourire, c'est peu dire qu'il s'est avéré payant.

Le principal apport d'Ivan Lendl aura sans doute été au plan psychologique. L'ancien Tchécoslovaque, roi du "choke" du temps de sa jeunesse, a perdu quatre finales de Grand Chelem avant de décrocher son premier majeur. Murray, lui aussi, a multiplié les échecs. Et s'il échouera à nouveau en finale à Wimbledon, le temps des triomphes ne tardera pas à arriver : Jeux Olympiques et US Open en 2012, Wimbledon en 2013. "En termes de contrôle émotionnel sur le court, Ivan a tout changé pour Andy, témoignera Judy Murray après le premier sacre du fiston à Wimbledon. Mentalement, il est devenu plus dur, plus fort depuis 18 mois."

Homme de peu de mots, Lendl a su trouver ceux qu'il fallait pour rassurer son poulain. Après une séparation en mars 2014, c'est encore vers Lendl que Murray s'est tourné en juin 2016, lorsqu'il s'est trouvé en quête d'un coach suite à la fin de l'expérience Mauresmo. "Ivan est tout simplement le meilleur coach que j'ai eu", avait-t-il alors confié. Et comme par miracle, le retour de Lendl a coïncidé avec le deuxième titre du Britannique à Wimbledon, son premier majeur en trois ans. Aujourd'hui, Lendl se tient à distance et se contente d'un ou deux échanges téléphoniques hebdomadaires avec Murray. Mais il sera là au Masters.

Ivan Lendl aux côtés d'Andy Murray en 2014

Ivan Lendl aux côtés d'Andy Murray en 2014Eurosport

Amélie Mauresmo

Un regard trop rapide pourrait conduire à un bilan ingrat de la collaboration entre Andy Murray et Amélie Mauresmo. Après tout, quand l'ancienne numéro un mondiale est devenue l'entraîneur du Britannique, il avait déjà deux titres du Grand Chelem en poche. Lors de leurs presque deux années de travail en commun, il n'a remporté aucun tournoi majeur. Deux mois après leur séparation, Murray renouait avec Lendl et s'imposait dans la foulée à Wimbledon.

Mais si leur histoire s'est mal terminée, la Française supportant de plus en plus mal le caractère parfois volcanique de l'Ecossais et sa maternité l'incitant à se recentrer sur sa vie de famille, il serait injuste de minimiser son apport. Après sa blessure au dos, alors qu'il était sorti du Top 10, Murray a livré une remarquable saison 2015 pour revenir près des sommets. Si le duo "Murraysmo" n'a pas gagné de Grand Chelem, ce fut plus à cause de la période exceptionnellement faste de Djokovic, que de leurs failles propres.

Avec Amélie, Murray est aussi devenu un formidable joueur de terre battue, remportant ses premiers titres sur cette surface qu'il avait jusqu'alors du mal à apprivoiser. Elle lui a notamment fait prendre conscience de l'a primauté de la dimension physique sur l'ocre. "J'ai beaucoup travaillé avec Amélie, avait-il expliqué après sa victoire à Madrid en avril 2015. Nous avons changé complètement ma façon de m'entraîner pour essayer de mieux comprendre le fonctionnement de mon corps et pour que je puisse tenir la distance. C'est une chose que je n'avais pas faite les années précédentes." C'est un des principaux legs d'Amélie Mauresmo, et il n'est pas neutre.

Amélie Mauresmo et Andy Murray, au temps de l'entente cordiale

Amélie Mauresmo et Andy Murray, au temps de l'entente cordialeAFP

Matt Little

Le staff d'Andy Murray, c'est un peu l'armée mexicaine. Comme souvent chez les meilleurs joueurs du monde. Murray ne laisse rien au hasard. Derrière les entraîneurs, têtes d'affiche du "Team Murray", il y a les personnages de l'ombre, qui ne sont pas moins importants pour autant. Parmi eux, Matt Mills. Le préparateur physique du numéro un mondial est aussi son plus ancien collaborateur puisqu'ils travaillent ensemble depuis maintenant neuf ans. Il n'est aujourd'hui que l'un des quatre préparateurs, auxquels il faut ajouter un nutritionniste, une physiothérapeute, etc. Mais Mills centralise le travail au plan physique, ce qui lui a valu dans la presse anglaise le surnom de "Fitness guru".

Andy Murray a été un bon joueur de tennis, puis un très bon et enfin un très grand joueur. Mais physiquement, il s'est métamorphosé au fil des années. La caisse qu'il a acquise, il la doit en grande partie à Matt Little, qui a contribué à faire de lui un monstre au plan physique, à la condition et à l'endurance irréprochables. "Je sais à quel point il a besoin d'être fort. Je sais à quel point il a besoin d'être rapide", relevait-il après Wimbledon dans les colonnes de The Independent en juillet dernier. Murray lui fait une confiance aveugle et il en redemande. "Après le titre à Wimbledon, Andy m'a dit 'bon, OK, c'est quoi la suite, on travaille sur quoi maintenant?'", s'amuse le préparateur. Pour mesurer son influence et son importance, il suffit de savoir que, quand Murray l'a approché cette année pour de possibles retrouvailles, Ivan Lendl a appelé une seule personne : Matt Little.

Matt Little et Andy Murray

Matt Little et Andy MurrayPanoramic

Jamie Delgado

Dans la liste des entraîneurs d'Andy Murray, il n'est certes pas le plus célèbre. Contrairement à Ivan Lendl ou Amélie Mauresmo, il n'a jamais été numéro un mondial, et il s'en faut de beaucoup puisqu'il n'a même jamais atteint le Top 100 en simple. Mais le vrai coach de l'Ecossais, aujourd'hui, c'est bien Jamie Delgado. Après avoir intégré le staff du Britannique au mois de février dernier au moment où l'association avec Amélie Mauresmo commençait déjà à avoir du plomb dans l'aile, l'Anglais a pris une place sans cesse croissante et c'est bien lui qui accompagne au quotidien le nouveau patron du circuit.

"Jamie a de l'expérience, il a travaillé avec Gilles Müller, il connait les ficelles du circuit, et il apporte de la continuité dans le travail d'Andy", estimait cet été Tim Henman, qui connait bien Delgado puisque les deux hommes étaient à l'école ensemble. Les deux hommes ont noué un rapport de confiance et même, aux dires des proches de Murray, d'amitié. Il est un élément stabilisateur du numéro un mondial. "Nous étions amis déjà auparavant mais maintenant, on a une relation très solide, a relevé Murray dimanche. Avoir quelqu'un qui voit tout ce qui se passe et qui est là en permanence est très précieux. Avoir quelqu'un à mes côtés, qui est tellement engagé, m'aide beaucoup."

Incroyable : Jamie Delgado arrive à faire (sou)rire Ivan Lendl.

Incroyable : Jamie Delgado arrive à faire (sou)rire Ivan Lendl.Panoramic

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