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Pouille : "Le top de ma saison ? J'espère qu'il sera ici..."

Pouille : "Le top de ma saison ? J'espère qu'il sera ici..."

Le 02/11/2016 à 20:56Mis à jour Le 02/11/2016 à 22:24

MASTERS 1000 PARIS-BERCY – Lucas Pouille, grande révélation de la saison tennistique, s'attaque à un énorme morceau jeudi avec son huitième de finale contre Andy Murray. Si sa campagne 2016 est déjà pleinement réussie, il espère un exploit face au numéro 2 mondial pour parachever son œuvre. Le Nordiste a fait le point mercredi à l'Accor Hôtels Arena.

Le défi contre Murray : "Essayer de gagner les 'petits points' "

Y a-t-il défi plus complexe en ce moment sur le circuit que d'affronter Andy Murray ? Sans doute pas. Le Britannique est "dans la zone" depuis plusieurs mois. Vainqueur de 42 de ses 45 derniers matches, il brigue même la place de numéro un mondial pour la première fois de sa carrière. Lucas Pouille est donc condamné à l'exploit s'il ne veut pas se retrouver en vacances jeudi soir. Ce sera leur troisième affrontement de l'année, le troisième en Masters 1000, après Rome et Shanghai. "J'ai pris une fois 6-1 6-2, une fois 6-1 6-3", a rappelé le Français en rigolant. Vu comme ça, évidemment...

Pourtant, au-delà de la sécheresse du score, Pouille veut retenir du positif de ces deux rencontres. "Ce n'étaient pas des mauvais matches, au contraire", assure-t-il. A Shanghai, beaucoup de jeux avaient été accrochés, mais Murray les avait presque tous gagnés. "J'avais eu beaucoup de balles de jeu sur mes jeux de service, se souvient le Nordiste. Mais au final, il y a un gros écart. Je vais essayer de gagner ces petits points. Contre lui, c'est important. Il est toujours présent, chaque point est difficile à gagner. On va essayer de le tenir et il y aura peut-être un moment où il doutera un peu. Quand il est devant, il est très dur à battre. Quand il y a 5-1 en 20 minutes, c’est plus relax que s’il y a 4 partout…"

Lucas Pouille (Bercy)

Lucas Pouille (Bercy)Eurosport

Sa saison : "Le flop, Indian Wells. Le top, j'espère que ce sera ici"

Quoi qu'il arrive à Bercy cette semaine, la saison de Lucas Pouille aura été une colossale réussite. Pour lui, la bascule s'est effectuée au printemps. Juste après avoir touché son point le plus bas. Interrogé sur son top et son flop de 2016, le Nordiste a sans hésiter brandi le premier Masters 1000 de la saison comme son pire souvenir. "Le flop, je pense au match à Indian Wells. J'étais le moins bien dans ma tête." Ce jour-là, il s'était incliné en deux sets face à Borna Coric. "Sinon, souligne-t-il, il n'y en a pas tant que ça (des flops)".

C'est donc paradoxalement juste après Indian Wells que Pouille a entamé son ascension. "Dès Miami, raconte le Français, quand je gagne trois ou quatre matches, je sens que la bascule s'opère. Après, je joue bien à Monte Carlo. Je bats Richard et Mahut. Je me qualifie, je bats Goffin. Après je perds sur Querrey. Ensuite je fais demie à Rome. Je pense que depuis ce moment-là, c’est allé en montant et il y a eu cette continuité que je n'arrivais pas à avoir avant." Évidemment, pour les temps les plus forts, il évoque ses "deux quarts en Grand Chelem" et son premier titre, à Metz. Même si, malicieux, il espère se forger son meilleur souvenir... maintenant : "Le top, j’espère qu’il sera ici, à Bercy."

Son nouveau statut : "S'il n'y avait aucune attention quand je joue, ce serait plus inquiétant"

Passé en six mois de la 82e place mondiale aux alentours du Top 15, Lucas Pouille est sans doute le joueur qui a le plus progressé dans le Top 100 cette saison. Ses deux quarts de finale en Grand Chelem, son premier titre, ses victoires face à Del Potro à Wimbledon et plus encore Nadal à Flushing ont braqué les projecteurs sur lui. Ce surcroit d'attention pourrait lui peser, mais ce n'est pas le cas. "C'est positif, juge-t-il. S'il n'y avait aucune attention et que le stade était vide quand je joue, ce serait plus inquiétant."

Pouille y voit plus une récompense de son ascension qu'une punition. "C'est sympa que les gens attendent de moi que je me batte, que je donne le meilleur et que j'essaie d'aller le plus loin possible, dit-il. C'est la conséquence de mes bons résultats et du fait que j'ai bien progressé cette année." Le protégé d'Emmanuel Planque semble, pour l'heure, tout accueillir avec une forme de flegme. Comme si rien ne devait venir perturber sa progression. Tant mieux.

Lucas Pouille à Shanghai

Lucas Pouille à ShanghaiPanoramic

Dépasser Federer au classement : "Si un jour j'ai son palmarès, ce sera encore mieux"

C'est une conséquence tout juste symbolique, rien de plus, de sa victoire contre Feliciano Lopez mercredi. Grâce aux points grappillés ici à Bercy, et même s'il s'arrête en huitièmes de finale, Lucas Pouille va dépasser Roger Federer au classement ATP. Si quelqu'un a misé là-dessus en tout début d'année 2016, il va pouvoir se payer des vacances prolongées et luxueuses.

C'est évidemment à la fois la conséquence de la très belle saison du Français et des soucis physiques du Suisse, qui n'a disputé que sept tournois et mis un terme à sa saison dès le mois de juillet. "C'est vraiment anecdotique, a-t-il souri. Il n'a pas joué cette année. Cela fait 6 mois qu'il ne joue plus. C'est toujours une bonne chose d'être devant lui, c'est sûr. On verra l'an prochain." Quitte à être comparer à Federer un jour, il aimerait que ce soit pour autre chose : "Si un jour j'ai son palmarès, ce sera encore mieux !"

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