Et à la fin, c’est Novak Djokovic qui gagne. A l’image de sa semaine romaine, le numéro 1 mondial n’a pas ébloui lundi en finale contre Diego Schwartzman, mais comme toujours en 2020 – à l’exception de sa disqualification lors de l’US Open –, il a eu le dernier mot en deux sets accrochés (7-5, 6-3) et un peu moins de deux heures de jeu (1h53 précisément). Arrivé en Italie avec l’envie de rebondir après sa mésaventure à Flushing Meadows, il a rempli son contrat, s’adjugeant un 36e titre record en Masters 1000 (devant les 35 de Rafael Nadal), le 5e à Rome et le 81e de son impressionnante carrière.

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Qui est le plus grand ? "J’aurais tendance à dire que Djokovic est le plus fort de tous"
11/10/2020 À 17:48

Novak Djokovic bousculé, Novak Djokovic chahuté, Novak Djokovic embêté, mais Novak Djokovic libéré. A-t-on déjà vu un joueur plus à l’aise dans la tempête ? Constamment interrogé sur sa disqualification, ses coups de sang et sa capacité à maîtriser ses nerfs cette semaine, le numéro 1 mondial a répondu à sa manière, en allant chercher le 4e trophée de sa saison après l’Open d’Australie, Dubaï et Cincinnati (relocalisé à New York). Et ce alors qu’il devait digérer la transition entre le dur et la terre battue. Une manière de rappeler à ceux qui voyaient dans ses malheurs new-yorkais un tournant que le patron cette saison, c’est bien lui.

Un départ catastrophique...

Si un point pouvait résumer le tournoi du Serbe, la balle de match de cette finale conviendrait plutôt bien. A plusieurs reprises, Djokovic a eu l'occasion d'abréger cet échange final et il aurait pu se frustrer de cette relative incapacité à se montrer décisif. Mais à force de volonté et d'abnégation, il a fini par faire craquer la sublime défense adverse sur une ultime amortie, un coup qui ne lui avait pourtant pas beaucoup réussi dans cette finale. Car, à l'image de ses matches précédents face à Dominik Koepfer ou Casper Ruud, rien ne fut facile pour lui.

Djokovic a sorti toute la panoplie pour répondre à l'audace de Schwartzman

Le "Djoker" a même frôlé la correctionnelle dans un début de partie très difficile. A cause d'un service grippé, il a concédé le double break d'entrée (0-3), commettant un nombre d'erreurs inhabituel côté revers, son coup pourtant le plus stable (18 fautes directes sur 26 en tout). Peut-être aussi perturbé par la pluie - qui n'a pas provoqué d'interruption du jeu -, il a mis du temps à trouver son rythme face à un Schwartzman sur la lancée de ses superbes victoires contre Nadal et Shapovalov. Mais à l'orgueil et méthodiquement, il a gommé les scories dans son jeu en même temps que son adversaire a connu une légère baisse.

... mais une confiance inébranlable

Résultat : Djokovic est revenu à hauteur aussi vite qu'il avait laissé s'échapper son adversaire et sur la fin du set, il s'est montré le plus solide malgré la belle résistance adverse. S'il avait mis 1h27 à faire céder son compatriote Filip Krajinovic en huitième de finale, il lui a fallu 1h12 cette fois. Schwartzman n'a pas lâché l'affaire pour autant, démarrant le deuxième acte comme le premier : par un break. Mais il a peiné à maintenir cette intensité physique, payant aussi quelque peu ses combats épiques précédents.

S'il n'a pas donné l'impression de maîtriser totalement son sujet, le numéro 1 mondial n'a jamais non plus semblé douter de sa victoire. Et il a donné le petit coup d'accélérateur attendu pour aligner 11 points à partir de 3 jeux partout dans la seconde manche pour obtenir trois balles de match. La troisième a été la bonne à sa plus grande joie. Si tout ne fut pas parfait, Djokovic n'en a cure : il repart avec le trophée et a pu accumuler du temps de jeu et se tester dans l'optique de Roland. C'est peut-être ce dont il avait d'ailleurs besoin alors que cette année, la préparation sur ocre est réduite à portion congrue.

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