Etes-vous d'accord pour dire qu'Alexander Zverev n'a jamais été aussi fort ?
Mischa ZVEREV : Je vous le confirme. Si on compare avec son précédent titre au Masters en 2018, il joue mieux, il est devenu plus mature, plus intelligent et plus complet. C'est le meilleur Sascha que l'on ait vu jusqu'ici, mais il peut devenir encore meilleur.
En quoi a-t-il le plus progressé ?
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M.Z. : Il a énormément amélioré sa volée. Il lit aussi beaucoup mieux le jeu. Il sait quand attaquer ou temporiser. Il est bien meilleur dans la sélection de ses frappes. Il bouge bien en ce moment, de façon intelligente. Contre Medvedev, il a trouvé un très bon équilibre. Il a parfaitement évalué les moments où il devait jouer vers l'avant et ceux où il fallait jouer plus calmement. Il a mis beaucoup de changements de rythme dans son jeu, mais tout ça était parfaitement contrôlé.
Est-ce la fin pour lui du "traumatisme" Medvedev ?
M.Z. : Il y en a peut-être eu un pour lui mais pas pour moi. Avec le recul, en analysant ses défaites (cinq consécutives contre le Russe avant la finale de dimanche à Turin, NDLR), j'ai toujours considéré qu'elles sont intervenues principalement parce que Sascha n'était pas à 100% physiquement. Medvedev était au top de sa forme, alors que Sascha était fatigué ou n'avait pas pu jouer son meilleur tennis. Même à Turin, il aurait dû être le plus fatigué des deux. Si on compare leurs demi-finales, Medvedev a joué tôt contre Ruud alors que Sascha a dû batailler tard dans la soirée contre Djokovic et n'a pas eu beaucoup de temps pour récupérer. Pour cette raison, sa performance (en finale) est encore plus impressionnante.

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On l'a vu prendre énormément de risques sur sa seconde balle...
M.Z. : Il le fait très bien et beaucoup mieux qu'il ne le faisait il y a un an. S'il veut servir fort en seconde balle, il doit être très concentré sur son lancer de balle. Si le lancer est bon, alors il y a de fortes chances que sa seconde balle soit très rapide.
Comment se passe votre collaboration. Est-ce un avantage d'être son frère en plus d'être son coach ?
M.Z. : Chaque fois qu'il prépare une frappe, je peux presque déjà dire si elle sera dans le court ou faute. Je le connais, et je le sens. Je sais dans quel état d'esprit il se trouve. En fonction de ses déplacements, je perçois s'il est éveillé ou fatigué. S'il modifie certaines choses, je suis en empathie avec lui. Je ressens ce qu'il a besoin de travailler. Est-ce que je dois le calmer ? Ou au contraire le secouer ? Même si notre influence extérieure est minime, vous essayez d'apporter votre contribution.

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Pour Boris Becker, la place de numéro un Mondial se jouera l'an prochain entre Djokovic, Medvedev et votre frère. Qu'en pensez-vous ?
M.Z. : N'oubliez pas Tsitsipas. Il était incroyablement fort pendant la première moitié de la saison. Je pense aussi qu'un gars comme Rublev peut gêner beaucoup de joueurs. Il faut aussi attendre de voir comment les choses vont se passer pour Nadal la saison prochaine. Est-ce qu'il va revenir ou non ? Comment se comportera-t-il pendant la saison sur terre ? Mais de mon point de vue, le nouveau "Big Four", c'est Djokovic, Medvedev, Sascha et Tsitsipas. Mais c'est juste ma sensation du moment et bien sûr, tout peut changer.
Quel est le grand objectif d'Alexander pour 2022 : un titre du Grand Chelem ? Devenir numéro un mondial ?
M.Z. : Il vous dirait 'Les deux'. Mathématiquement, il est possible de devenir numéro un mondial sans gagner de Grand Chelem, mais ça reste très peu probable. Je crois que depuis 20 ans, seul Marcelo Rios a réussi à le faire sans Majeur à son palmarès (c'était en 1998 et Rios est effetcivement le seul, non pas depuis 20 ans mais dans l'histoire, à avoir été N°1 mondial sans victoire majeure, NDLR). Certains gagnent un Grand Chelem mais jamais le Masters. Gagner le Masters une fois, on peut dire que c'est une forme de "coup de chance". Mais Sascha fait maintenant partie des dix joueurs à l'avoir remporté à deux reprises et ça n'a rien à voir avec la chance. Dans cette liste il y a Becker, Borg, McEnroe ou Sampras. Si on regarde ces noms, on se dit que Sascha doit gagner un Grand Chelem. Mais je ne veux pas trop regarder vers le passé. Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont Sascha va évoluer à l'avenir.

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Crédit: Getty Images


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