Jo-Wilfried Tsonga, qu'est-ce que cela représente pour vous de décrocher votre ticket pour la finale, à Paris, devant votre public ?

J.-W.T. : C'est très spécial pour moi. C'est un véritable rêve. Depuis toujours, tout au long de ma carrière, j'ai rêvé de ça, de jouer une finale en France. Ce sera peut-être le plus beau moment de ma vie. Je vais faire de mon mieux.

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Jo, après un match gigantesque hier face à Andy Roddick, pensez-vous avoir conservé le même niveau de jeu aujourd'hui, en demi-finale, contre James Blake ?

J.-W.T. : Non. Je pense avoir mieux joué aujourd'hui. J'ai mieux commencé le match qu'hier. J'ai servi incroyablement bien, et contre James, cela a été un grand avantage pour moi. J'ai gagné en deux sets, et j'ai pu breaker assez tôt, donc cela s'est super bien passé. Le mérite que j'ai, c'est d'être arrivé jusqu'à cette demi-finale. Je n'ai pas eu la tâche facile. Là, en demi-finale, j'ai joué le tennis que j'avais envie de jouer. J'ai presque envie de dire que la victoire d'hier était encore plus belle que celle d'aujourd'hui. J'espère que la plus belle des victoires sera... celle de dimanche. C'est une formalité, je ne compte vraiment pas m'arrêter là, et j'ai vraiment envie d'aller chercher un titre ici à Bercy.

Votre entrée sur le court était assez impressionnante...

J.-W.T. : Oui, j'ai ma manière bien à moi de faire ça. Mais je suis un être... singulier, comme tout le monde ! Certains vont rentrer en baissant la tête, d'autres en regardant en haut, d'autres à gauche, d'autres à droite. On est tous différents. C'est le sport, le tennis : une opposition de différents bonhommes, et voilà.

Bercy était littéralement en transe… et vous ?

J.-W.T. : Là, je maîtrise, je commence à avoir un peu plus d'expérience. Le joueur qui est sur son nuage quand il est en finale, n'a pas les pieds sur terre, "n'est pas là". Moi, je compte bien avoir les pieds sur terre et essayer de remporter le trophée.

Pouvez-vous comparer les sensations que vous avez en ce moment sur le terrain, avec celle que vous avez pu ressentir lors de l'Open d'Australie ?

J.-W.T. : L'Australie était l'occasion pour moi de découvrir une finale sur le circuit. Elle était importante. C'était la première de ma carrière... (sourire) J'espère en avoir d'autres dans le futur. Pour moi, c'était une étape. Je vais forcément m'en servir, mais je compte plutôt aborder cette finale de Bercy en regardant la façon dont j'avais abordé la finale de Bangkok, face à Djokovic. Et essayer de faire la même. Je peux dire que celle de Bercy sera plus importante, parce que je sais déjà que j'ai perdu l'autre... Et finir deuxième, ça ne m'intéresse pas forcément. Donc celle-ci sera plus intéressante. J'espère que ça va bien se passer, et que je serai encore être costaud.

Connaissez-vous précisément votre situation par rapport à la Masters Cup ?

J.-W.T. : Non, je ne la connais pas trop. Je vais peut-être choquer tout le monde, mais je m'en moque. Je n'ai qu'une seule envie : gagner ici. Le Masters, ce sera une autre semaine. Il faut penser au présent. Le présent est que je suis en finale d'un Masters Series, et pas n'importe lequel : Bercy ! J'ai bien les pieds sur terre, je sais ce que je veux. Je vais me donner à fond et je penserai au Masters à la fin.

Pouvez-vous vous projeter, et nous dire comment vous pensez le jouer, chez vous, comme vous dites ?

J.-W.T. : Je vais rentrer avec l'agressivité qu'il faut, avec l'envie de montrer qu'ici, c'est chez moi. Cela va être très difficile, parce que David retourne très bien. Et surtout parce qu'il est tenant du titre. Pour moi, ce sera dur. Mais c'est une finale, on ne sait jamais ce qui peut se passer jusqu'au dernier moment. Je ferai de mon mieux et je verrai ce qui se passe. Pour moi, c'est la dernière ligne droite, le sprint final. C'est le genre de matches dont on rêve toute une vie. C'est pour cela que l'on joue, qu'on se bat comme des lions dès les premiers tours. Quand on y arrive, il ne faut pas mollir. Il faut aller à la bagarre.

A votre avis, quelles seront donc les clefs pour s'imposer face à David Nalbandian ?

J.-W.T. : Le service sera primordial. Le retour également. Si j'arrive à lui mettre la pression et à bien servir, cela se passera peut-être bien pour moi. Je verrai demain, mais je vais rentrer sur le court pour gagner. Je crois qu'à ce niveau-là du jeu, chaque joueur peut être assez surprenant. On peut parfois sortir des coups que l'on n'a pas l'habitude de sortir. Mais je pense que l'on a suffisamment de matches derrière nous. Ça va être du beau tennis.

A Roland-Garros, on parle toujours d'une certaine pression. On dit que les Français veulent trop bien faire, qu'il y a une sorte de retenue. Or, à Bercy, ce n'est pas du tout le cas. Qu'en pensez-vous ?

J.-W.T. : Pour Roland-Garros, l'histoire est claire : on a un Grand Chelem sur terre battue. On s'entraîne trois semaines de l'année sur terre battue. Au moment de Roland Garros, on a moins de tennis sur terre battue que les autres. Le schéma est assez clair. On a moins de beau temps, moins les moyens de jouer sur terre battue. Forcément, on est moins performants. Il faudrait trouver des choses pour améliorer cela. L'année prochaine, je pense aller là où il fait beau pour jouer un peu plus sur terre battue, me préparer bien avant, supprimer peut-être des tournois pour m'entraîner sur terre afin d'être prêt pour Roland. C'est juste une question de temps de jeu. Nous ne sommes pas mauvais non plus sur terre battue. Nous sommes capables de faire de bonnes choses. La terre battue, c'est particulier. Ce sont des filières assez longues, auxquelles il faut se préparer. Nous n'étions pas très bien préparés jusque là. Il faut que l'on travaille.

Tout le milieu du tennis est derrière vous, s'enthousiasme et s'enflamme pour vous. Y a-t-il une ferveur populaire que vous pouvez ressentir chaque jour ?

J.-W.T. : Non, je ne la ressens pas trop. Vous savez, dès que je finis mon match, je vais faire ma récupération, je reviens vous voir en salle de presse, je retourne en récup', je pars à l'hôtel, je mange, je suis avec mes potes. On parle de tout sauf de tennis. Je dors. Le lendemain, quand je me réveille, je me dis qu'il faut y aller. Je ne fais pas attention à tout ce qui se passe.

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