Nick Kyrgios : "Novak Djokovic détruirait Pete Sampras s'ils avaient pu s'affronter"

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S'il doit mettre entre parenthèses ses ambitions depuis quelques mois à cause de blessures, Nick Kyrgios n'en reste pas moins un observateur attentif du circuit. Dans un entretien à The Athletic, l'Australien a donné sa vision du tennis moderne et de son évolution lors des trente dernières années. Pour lui, les champions des années 1990 seraient totalement dépassés par ceux de nos jours.

Nick Kyrgios & Novak Djokovic

Crédit: Eurosport

Nick Kyrgios a décidément de l'avenir en tant que consultant. Celui qui a fait des premiers pas réussis et remarqués dans le métier sur Tennis Channel lors du dernier Masters n'est pas du genre à tergiverser. Quand il pense quelque chose, il n'hésite pas à en faire part. Et ses avis, tranchés et parfois contestables, sont d'autant plus intéressants quand ils sont argumentés. Dans un entretien à The Athletic paru en début de semaine, l'Aussie a fait part de son admiration pour le travail de Jim Courier en tant qu'analyste à la télévision, mais s'est montré plus sévère à l'égard d'autres anciens (sans préciser leur nom).
Kyrgios estime ainsi que les champions des années 1990 ne peuvent plus être pris en référence pour analyser le tennis contemporain. "Le jeu était si lent à l'époque. J'ai regardé Boris Becker et je ne dis pas qu'ils n'étaient pas bons à l'époque, mais dire qu'ils le seraient autant maintenant, c'est absurde. Un gros service, c'était 197 à 200 km/h. Des serveurs de mon calibre, c'est constamment 220 dans des zones précises désormais. C'est totalement différent", a-t-il fait remarquer.
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Djokovic dances to celebrate winning point after Kyrgios underarm serve

Video credit: Eurosport

Comparer les époques, un exercice délicat

Et Kyrgios d'enfoncer le clou. "Je ne dis pas qu'ils n'auraient pas trouvé de solution. Mais pour faire du service-volée tout le temps maintenant, il faut servir à 220, parce que sinon, Djokovic vous mange tout cru. Lleyton Hewitt a détruit Sampras une année à l'US Open (7-6, 6-1, 6-1 en finale en 2001, NDLR). C'était le premier à relancer de la sorte. Il a rendu Sampras impuissant. Et que ferait Djokovic à quelqu'un comme Sampras ? Ça ne ferait pas un pli, Djokovic détruirait Sampras. Il le mangerait tout cru."
Voilà qui a le mérite d'être clair, même si plusieurs arguments peuvent être opposés à l'Australien, forfait pour l'Open d'Australie après une opération au poignet. D'abord, Andre Agassi était certainement un relanceur hors normes et il a été globalement dominé par Sampras – qui n'était pas qu'un grand serveur, loin s'en faut – dans leur rivalité (20-14). Ensuite, la vérité d'un match et de cette finale de 2001 face à Hewitt n'est pas forcément celle du précédent ou du suivant. "Pistol Pete" avait maîtrisé l'Australien en demi-finale du même US Open en 2000 (7-6, 6-4, 7-6) alors qu'il était déjà sur le déclin (relatif) avant d'aller chercher un dernier titre à Flushing Meadows en 2002.
Mais Kyrgios a certainement raison sur un point crucial : il est difficile de comparer les époques, tout simplement parce que les dynamiques changent. Le tennis contemporain a atteint un degré de professionnalisme inédit dans les méthodes d'entraînement, Djokovic en est son représentant ultime et probablement le meilleur relanceur de tous les temps. Les conditions de jeu ont aussi changé, les surfaces ont été ralenties et le matériel (raquettes notamment) perfectionné. Le débat est donc passionnant et l'Aussie y a ajouté sa touche personnelle, pas dénuée d'intérêt.
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