Nicolas Mahut : "Murray a forcément retiré des choses face à Sinner ou Alcaraz pour aider Djokovic"
Eurosport sur GoogleComme beaucoup, Nicolas Mahut a été très surpris de l'annonce de la collaboration à venir entre Novak Djokovic et Andy Murray. Notre consultant, qui a déjà endossé le costume de coach récemment aux côtés d'Adrian Mannarino, évoque les défis qui se présentent au duo désormais et les pistes de travail pour remettre le Serbe au centre du jeu en 2025. Quoiqu'il arrive, l'alliance est prometteuse.
Le tennis, un sport finito après le Big 3 ?
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Pour commencer, quelle a été votre réaction à l'annonce choc de samedi, à savoir qu'Andy Murray devenait le coach de Novak Djokovic ?
Nicolas Mahut : J'ai été un peu surpris, je ne le cache pas, et en même temps très excité. Déjà parce que je suis très content de revoir Andy sur le circuit. il ne sera pas parti très longtemps, et c'est comme à l'époque quand Novak avait pris Agassi, quand Federer avait pris Edberg. Voir ces légendes du sport revenir et aider d'autres joueurs, je trouve ça incroyable déjà, et puis au-delà de ça, je pense que c'est une super bonne nouvelle pour Novak lui-même.
J'étais assez pessimiste pour lui pour être honnête, je trouvais qu'il se dirigeait un peu vers la fin, je ne le voyais pas gagner de Grand Chelem en 2025, et je le voyais vraiment arrêter sa carrière. C'était le ressenti que j'avais quand je le voyais évoluer. Peut-être qu'il a dû le sentir aussi de son côté. Parfois, quand tu as du mal à trouver des ressources personnelles intérieures, tu les cherches un petit peu à l'extérieur, et le fait de renouveler le staff, ça peut parfois être un déclencheur. Là, très clairement, prendre Andy, qui a été son rival pendant des années, qui le connait depuis qu'il est tout petit, ça va lui mettre un petit coup de boost, il va avoir envie de bien faire. Maintenant, j'ai vraiment le sentiment qu'on peut voir un super Novak.
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Que peut apporter Murray au Djokovic actuel ?
N. M. : On a parlé du côté émotionnel, mental mais il peut aussi lui apporter au niveau du jeu. Même si Andy n'a pas encore l'expérience du coaching, il a une connaissance parfaite de Novak, ils ont été rivaux, il a étudié son jeu, il le connait depuis plus de 20 ans, ça va vraiment être un atout. Ils avaient un peu un jeu similaire. Évidemment, Novak était plus fort mais Andy a réussi à trouver un moyen de souvent le battre, de trouver des clés. Donc je pense que ça va être intéressant pour Novak d'avoir la vision d'Andy en lui disant : "Tiens, qu'est-ce que tu as fait pour me battre ? Sur quoi tu t'es appuyé ?" Le fait d'échanger là-dessus, ça va vraiment l'aider, parce que Andy est un joueur qui était extrêmement malin, qui a dû étudier pas mal de choses, qui a vu dans quelles situations il pouvait poser des problèmes à Novak. Enfin, les deux ont eu tendance dans leur carrière à s'emporter avec leur box, à avoir parfois des écarts ou des pétages de plomb, Andy va très bien comprendre ce que va ressentir Novak sur le terrain, et il va aussi pouvoir l'aider je pense.
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Djokovic : "Bienvenue, coach Andy Murray !"
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Vous pensez que Djokovic pourrait être aussi "violent" envers Murray qu'il ne l'était, parfois, envers Ivanisevic ?
N. M. : Dans un premier temps, il devrait être un peu plus mesuré. Mais, dans l'action… Novak respectait profondément Ivanisevic et il l'a visé plusieurs fois. Andy, c'est pareil, c'est arrivé avec Lendl. Avec Amelie Mauresmo, il s'est un peu plus contenu, mais ça lui est arrivé aussi. En fait, il sait ce qu'il se passe dans le crâne d'un joueur de très haut niveau parfois.
Vous avez récemment accompagné Adrian Mannarino. En quoi le fait d'avoir joué tous ses potentiels adversaires, de connaître le circuit actuel et les forces de chacun, joue quand on est coach aujourd'hui ?
N. M. : Évidemment, ça aide ! Avec Adrian, par exemple, le fait d'avoir joué certains joueurs qu'il a pu affronter, ça me donne une idée de comment ils peuvent s'y prendre face à lui. Mais, ce qui est surtout intéressant pour Novak et Andy, c'est que dans le style de jeu, dans leur approche, ils parlent le même langage. Quand Andy aborde le match, il peut sur certains aspects tactiquement avoir le même fonctionnement et la même approche stratégique que Novak. Ce n'était plus le même Andy qui a affronté Sinner ou Alcaraz, bien sûr, mais il a forcément retiré certaines choses face à eux.
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Le chiffre méconnu qui illustre encore plus la domination de Sinner
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Justement, Alcaraz et encore plus Sinner, sur l'impression des dernières semaines, ressemblent à des joueurs infaillibles aujourd'hui. Que peut faire Murray face à ce constat pour aider Djokovic à se réinventer ?
N. M. : Ça va partir des échanges entre les deux, savoir déjà à quel niveau physique et d'intensité Novak peut encore évoluer. C'est la principale question à ce niveau-là. Novak, pendant des années, il a été dominant parce qu'il prenait la balle très tôt, il était indébordable, il jouait plus vite que les autres. Aujourd'hui, très honnêtement, on a le sentiment que Sinner en cadence, sur ce style de jeu-là, il est imprenable. Donc c'est intéressant de voir quelle approche ils vont avoir. Est-ce qu'ils vont se dire : "Voilà, il faut que j'arrive à de nouveau imposer mon jeu sur la ligne en cadence" ou est-ce qu'ils vont accepter que ce n'est plus possible, qu'il n'est plus le plus fort dans cette filière-là pour avoir une approche différente ? C'est toute la question.
On a beaucoup parlé de Djokovic mais le cas Murray est aussi surprenant. Est-ce que, parmi le Top 4, il est celui qui avait le plus de profil de coach ?
N. M. : Je pense qu'ils l'ont tous un peu au fond. Parce que dès qu'ils parlent de tennis, c'est toujours très intéressant, ils ont tous une approche vraiment différente. Rafa parle beaucoup d'intensité, Roger aussi a une capacité d'analyse qui est extraordinaire… Mais je ne sais pas si on verra Roger comme coach. Pour Andy, je pensais honnêtement qu'il aurait plutôt eu le profil de capitaine de Coupe Davis pour remplacer Leon Smith. Je m'attendais plus à ça. Mais, pour répondre à la question, je ne suis pas étonné de voir Andy dans ce rôle. Si demain Roger était coach, je serais beaucoup plus surpris.
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En larmes, Andy Murray fait ses adieux au tennis
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