Open d'Australie : Adrian Mannarino, numéro un français sans prise de tête

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Opposé à Stan Wawrinka pour son entrée en lice dans l'Open d'Australie, dans la nuit de dimanche à lundi, Adrian Mannarino aborde son premier Grand Chelem dans la peau du numéro un français. Le 20e joueur mondial ne va pas changer d'état d'esprit pour autant. Pour Eurosport, le joueur de 35 ans a expliqué qu'il ne se fixait pas d'objectif en arrivant à Melbourne. C'est le plaisir qui compte.

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Ne comptez pas sur lui pour devenir quelqu'un d'autre. Même après la meilleure saison de sa carrière. Même s'il s'est invité dans le Top 20 du classement mondial. Même s'il est devenu le numéro un français, et qu'il s'apprête à disputer son premier tournoi du Grand Chelem avec ce costume. Adrian Mannarino ne sait que trop bien comment il en est arrivé là. Et, avant d'affronter Stan Wawrinka au 1er tour de l'Open d'Australie (en direct sur Eurosport dans la nuit de dimanche à lundi à partir de 1h), il n'entend pas changer la recette d'une année 2023 si savoureuse, avec 43 victoires et trois titres à la clé.
Le Français s'est vu progresser. Il n'était pas loin de meilleurs Tricolores. Mais il lui manquait un petit quelque chose pour arriver au sommet. "Même si j'étais parmi les meilleurs joueurs français dans les catégories de jeune, je n'ai jamais été le meilleur, a-t-il confié dans une interview accordée à Eurosport. J'ai un jeu un peu atypique. Il m'a fallu du temps pour me rendre compte quelles étaient vraiment mes qualités, vers quoi je devais orienter mon jeu. Ensuite, il a fallu travailler pour réussir à mettre les choses en place, pour pouvoir me rendre compétitif."

"Des petites victoires qui ont fait un petit déclic"

Cela s'est fait petit à petit, "step by step" comme le tennisman de 35 ans le décrit. Il sentait son jeu aller dans le bon sens depuis la pause due au Covid. Mais en 2023, il a franchi un cap supplémentaire. "Je jouais bien mais je faisais un petit complexe quand je rentrais sur le terrain en match pour jouer les tous meilleurs, a-t-il expliqué. Et puis l'année dernière, le fait d'en battre un, puis deux… Il y a eu des petites victoires qui ont fait un petit déclic dans ma tête. Ensuite, j'ai aussi réussi à rester éloigné des blessures. Cela m'a aidé à faire une saison complète. Au niveau du classement, ça change tout."
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Il lui a quand même fallu digérer cette année faste. Cela n'a pas été si simple. Embêté par une blessure au pied puis par une maladie, Mannarino n'a pas connu la préparation idéale avant de débarquer en Australie pour disputer l'United Cup. Plutôt surpris par ses sensations, compte tenu de son hiver compliqué, Mannarino a cependant connu trois défaites en quatre matches. "C'est une compétition très difficile, a-t-il souligné. Il y a tous les meilleurs joueurs, donc il n'y a pas de round d'observation. Il faut être au top tout de suite sinon on enchaîne les défaites, je l'ai bien réalisé."

Un jeu pour les Grands Chelems

Mais cela lui a permis de prendre doucement son rythme face à une opposition relevée. "Tu joues quasiment que des Top 10-15, a-t-il souligné. C'est une très bonne manière de commencer l'année, se frotter tout de suite à ce qui se fait de mieux. Après, j'ai préféré zapper le deuxième tournoi parce que j'avais quelques douleurs et le sentiment de manquer de préparation. Donc on est arrivé tôt à Melbourne, j'ai fait une bonne semaine sans avoir été trop gêné. Je me sens prêt à commencer le tournoi, et ça me relâche un peu de me sentir prêt. Commencer un tournoi en se sentant à moitié prêt, ce n'est jamais agréable. Là je suis un peu plus rassuré."
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De bon augure au moment d'aborder l'Open d'Australie. Où la perspective de longs combats dans des conditions parfois extrêmes ne l'effraie pas. Bien au contraire. "Je trouve que le format des tournois du Grand Chelem est assez propice à mon jeu, a-t-il avancé. J'aime bien jouer sur la longueur, j'aime bien fatiguer mes adversaires. Je suis quelqu'un qui bosse énormément en dehors du court, à la salle de gym, et j'ai l'impression que sur des matches longs et fatigants, j'arrive à prendre le dessus. Malgré mon âge, et souvent on m'en parle, j'arrive à rester assez compétitif de ce côte-là et j'espère que ça va continuer dans ce sens-là."

Le plaisir entraînera les résultats

Jusqu'à quel stade du tournoi ? C'est fatalement une question qui peut légitimement se poser pour Mannarino compte tenu de son classement et de son statut dans le tennis tricolore. Mais lui ne se la pose pas. "Commencer les tournois en se mettant un objectif élevé, ça ne m'a jamais vraiment réussi, reconnaît-il. Gagner un match, c'est déjà très bien. Et puis une fois que j'ai gagné un match… Je ne suis pas quelqu'un qui se satisfait très rapidement. Je vais donner le max pour en gagner un deuxième et un troisième, mais je n'aime pas voir trop loin en avance."
"Manna" préfère ne pas se prendre la tête. S'il ne se fixe pas d'objectif, cela ne signifie pas qu'il manque d'ambition. Juste qu'il a compris comment donner le meilleur de lui-même. "Le fait de bien jouer au tennis, de prendre du plaisir sur le court, énumère-t-il. Si j'arrive à continuer un peu sur la même lancée que l'année dernière, si j'arrive à me faire plaisir ou à bien jouer, les résultats viendront tôt ou tard. J'essaie juste de rester en bonne santé et le reste suivra." La formule a largement donné satisfaction en 2023. Alors, pourquoi en changer ?
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