En septembre 2000, les New-Yorkais avaient cru assister à une passation de pouvoir lorsque le Russe, alors âgé de 20 ans, avait balayé Pete Sampras en trois sets en finale de l'US Open en jouant un tennis de rêve. Safin était en effet devenu N.1 mondial deux mois plus tard, après sa première victoire à Paris-Bercy, mais pour peu de temps.
Trop irascible, cédant sous la pression des grands événements, gêné aussi par plusieurs blessures, il ne s'était plus jamais imposé dans les épreuves majeures. Contre Hewitt, le Russe a d'abord donné l'impression de caler de nouveau sur l'avant-dernière marche, après avoir signé un chef d'oeuvre en demi-finale en infligeant au N.1 mondial Roger Federer sa première défaite depuis cinq mois.
OPEN D'AUSTRALIE
La dernière carte postale
31/01/2005 À 05:00
25 ans, tout juste
En panne de première balles (42% dans la première manche), commettant énormément de fautes directes (13 contre 1 à l'Australien), il s'est retrouvé mené 1 set à 0 après seulement 23 minutes par un Hewitt opportuniste et offensif sur les faibles deuxièmes services adverses.
"Je n'arrivais pas à croire que je jouais aussi mal ", a raconté le Russe.
Mais Safin a vieilli - il a eu 25 ans jeudi dernier - et a appris de ces échecs, notamment ceux de 2002 et 2004 en finale à Melbourne. Sans s'affoler, et sans jeter sa raquette par terre de rage, il s'est patiemment appliqué à installer son jeu de fond de court. Lorsque celui est en place, notamment son magnifique revers, peu de joueurs sont capables d'y répondre.
Le tournant du match s'est produit au troisième set, le plus riche en échanges spectaculaires.
Des coups fantastiques
Mené 4 à 1, le Russe a réussi à refaire son retard, alors que Hewitt commençait à payer les efforts des tours précédents. "Je crois qu'il lui a manqué un peu d'énergie. Il lui manquait le petit pas supplémentaire qu'il fait d'habitude". Dans la dernière manche, en pleine réussite au service 18 aces au total), Safin n'a plus raté grand chose.
"Il a réussi des coups fantastiques du fond du court. C'est incroyable la puissance qu'il peut générer. Il était trop bon, tout simplement", a reconnu Hewitt.
L'Australien, qui espérait redonner le titre à son pays 29 ans après la victoire de Mark Edmondson, et ajouter un troisième tournoi du Grand Chelem à son palmarès (US Open 2001, Wimbledon 2002) a subi sa troisième défaite d'affilée en finale d'événements importants. Il avait été battu deux fois par Roger Federer à l'US Open en septembre et au Masters en novembre.
Federer toujours numéro 1
Le Suisse va rester N.1 mondial malgré sa défaite contre le futur vainqueur dans le plus beau match du tournoi, mais il a désormais retrouvé un rival à sa mesure.
Selon Safin, c'est son association avec le Suédois Peter Lundgren, ancien coach de... Federer en 2003, qui explique en grande partie sa remontée en puissance, commencée à l'automne dernier par des victoires aux Masters Series de Madrid et de Paris-Bercy.
"Après ma défaite en 2002 contre Thomas Johansson, je ne pensais plus pouvoir m'imposer en Grand Chelem, a avoué le champion. Je me disais: 'tu es bon, mais pas assez pour gagner en Grand Chelem. Aujourd'hui, je ne doute plus autant de moi-même ".
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