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Roddick, sparring partner
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Publié 26/01/2007 à 13:48 GMT+1
En boxe, le sparring partner est celui qui participe à l'entraînement. Sur un court de tennis, face à Roger Federer, Andy Roddick peut à peine tenir ce rôle là. La comparaison est douloureuse, à l'image de la défaite vécue par l'Américain jeudi à Melbourn
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Crédit: Eurosport
L'interview de l'Américain après la raclée reçue en demi-finale de l'Open d'Australie donne à la fois l'ampleur de son désarroi et de bonnes raisons de croire qu'Andy est un gars vraiment sympathique. Complexé mais sympathique. Pire, il est apprécié par Roger Federer, son éternel bourreau.
Bien sûr, nous sommes tous d'accord, la performance de Federer est à la hauteur de ce que l'on attendait du N.1 mondial. Au premier set, il a tout simplement effacé tous les espoirs de son adversaire. Mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas la première "déculottée" de l'Américain face à "Rodgeur". Une treizième défaite, précisément.
La finale de Wimbledon 2005 avait été un grand moment de tennis aussi. Le génie de Federer avait parfaitement profité de l'obstination un peu pataude de Roddick qui enchaînait les service-volées comme on sert des hamburgers. Cette fois-ci, on sentait l'Américain prêt à livrer un tennis "total" pour défier le Suisse. Ses mauvais choix et son jeu de jambes beaucoup trop lent ont fait échouer sa tentative.
Techniquement, un détail me paraît révélateur. Roddick joue dans la profondeur, assez fort. Cela peut déstabiliser les joueurs qui jouent en cadence (Safin) comme ceux qui aiment attaquer (Ancic). Face à un joueur qui prend la balle tôt et qui utilise le court dans ses grandes largeurs, cela ne suffit pas.
"Je n'ai jamais fait ça de ma vie"
Il n'est pas question ici d'expliquer l'inexplicable. Roger Federer, interrogé après le match a déclaré : " J'ai converti mes sept balles de break ! Je n'avais jamais fait ça de ma vie ! C'est phénoménal. C'est un des meilleurs matches de ma vie. Avec celui contre Hewitt en finale de l'US Open 2004 (6-0, 7-6, 6-0) et la demi-finale de Wimbledon 2006 face à Björkman (6-2, 6-0, 6-2)."
On peut simplement poser que le jeu de l'Américain convient parfaitement à celui du Suisse et que la fatalité des face-à-face réside dans l'incapacité de Roddick à déborder Federer.
Privé de profondeur, il est resté à la merci des contres du Suisse dont le coup d'oeil génial n'a dégal que son sens tactique : "Au Masters, à Shanghai en novembre, j'avais trop utilisé mon revers lifté contre lui. Là, je me suis servi beaucoup du slice pour le faire venir, le laisser diriger le jeu et, ensuite, sortir les passings. "
L'analyse de Roddick, toujours très sympathique dans l'autodérision, est plus laconique : "C'était frustrant, misérable, nul, terrible. Mais à part ça, ça allait."
Après tant de défaites aussi nettes, Roddick doit admettre son impuissance pour le moment : Il ne peut pas briller face à Federer, il ne peut pas le déborder. Appréhender leur future confrontation sans cette obsession lui ôtera peut-être ses complexes et sa frustration.
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