Pour battre désormais Novak Djokovic au meilleur des cinq sets, il faut prendre le jeu à son compte, résister physiquement et psychologiquement à la pression et surtout rester constant. Sur ces trois aspects, Andy Murray n'a pas été au rendez-vous. Et cela s'est surtout vu au service, révélateur de performance et de contre-performance. L'Ecossais était parvenu à faire plier le Serbe à l'US Open, lequel n'avait pas été brillant sur sa mise en jeu. En Australie, cela a été l'inverse, l'Ecossais s'étant montré beaucoup plus friable.
En première intention, il a été très bon avec 81% de réussite de moyenne sur l'ensemble du match, mais a été catastrophique sur ses secondes balles avec seulement 46% de réussite. Ce qui avait coûté le match à Djokovic en finale de l'US Open l'a coulé à Melbourne. L'Ecossais a perdu trois manches là où son second service n'a pas dépassé les 40% de réussite. Il a perdu seulement 15 points derrière ses premières balles mais quasiment le double derrière ses secondes (28). Une statistique fatale face à un relanceur comme Djokovic.
35 montées gagnantes au filet à 9 et 3 breaks à 0 pour Djokovic
Le numéro un mondial n'a jamais été hors du coup dans cette deuxième finale majeure consécutive face à l'Ecossais. Régulier sans être très impressionnant, Djokovic a surtout brillé par sa montée en puissance durant les trois premiers sets sur ses mises en jeu : il est passé de 68% de réussite dans le premier acte à 79% dans le deuxième pour atteindre 88% dans le troisième. Il a ensuite connu moins de réussite dans le quatrième set (64%) sans que cela ne lui soit préjudiciable.
Le Serbe a pourtant mis plus de deux heures à prendre la mise en jeu du Britannique. Mais à partir du moment où il y est parvenu, le match a vite été plié. La raison : Djokovic a écarté les quatre occasions de break qu'a eues son adversaire. Mais les trois premières, obtenues dans le troisième jeu de la deuxième manche, ont été mal négociées par l'Ecossais alors que le Serbe n'était pas aussi confiant que par la suite. Lorsque la quatrième balle de break a été obtenue deux manches plus tard à 1-1 dans le quatrième set, le mal était déjà fait.
L'an passé, Andy Murray avait remporté l'US Open - entre autres - pour cinq petits points de plus que Novak Djokovic. A Melbourne, l'Ecossais termine cette fois-ci avec treize points de retard. Cet écart est peu conséquent en raison du grand nombre de fautes directes du numéro un mondial dans ce match. Djokovic a multiplié les erreurs sans que Murray n'en profite vraiment : le Serbe termine avec 61 fautes directes en quatre manches, soit l'équivalent de son total en finale de l'US Open qui s'est jouée en cinq manches (65), mais avec 47 coups gagnants, soit plus du tiers par rapport à Murray (29). Le Serbe a compensé son manque de réussite à l'échange en montant beaucoup plus au filet que son adversaire : avec 35 points inscrits contre seulement 9 pour Murray, qui sera resté beaucoup trop souvent en fond de court. Une tactique qui s'est rarement révélée payante face à Djokovic. Rafael Nadal, aussi, pourrait en témoigner.
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