Vous avez joué quelques grands matches déjà en Grand Chelem. Où situez-vous celui-ci ?
Jo-Wilfried TSONGA : Vous savez, je suis surtout de mauvaise humeur là, parce que j’ai perdu. Je pense avoir joué un très bon match. J’ai été solide. J’ai toujours été là, du début à la fin. J’ai essayé de garder mon niveau de concentration à un niveau très élevé, tout le temps. J’ai donné le meilleur de moi-même aujourd’hui et je suis fier de ça. Mais je ne suis pas content de cette défaite.
Qu’est-ce qui fait la différence au final selon vous ?
J-W.T. : Il m’a gêné avec son slice à la fin. Il ne me donnait pas beaucoup d’angle. Il a bien joué, il n’y a rien à dire. Il s’est montré agressif. Il n’a pas manqué grand-chose dans le cinquième set. C’est ça la différence.
A Roland-Garros contre Djokovic, puis aujourd’hui contre Federer, vous avez été tout près de gagner. Que vous manque-t-il ?
J-W.T. : Pour être honnête, je ne sais pas. Si vous avez des conseils pour moi, je suis preneur, parce que je ne sais pas. Je travaille vraiment dur. Je fais de mon mieux. Je donne tout. Peut-être que je suis moins talentueux qu’eux, tout simplement. C’est comme ça.
Par rapport à votre victoire contre lui à Wimbledon en 2011, pensez-vous qu’il soit au même niveau ?
J-W.T. : Je pense qu’il a mieux joué aujourd’hui. Moi aussi, d'ailleurs. Je me suis senti plus fort. En 2011, je pense que ce n’était pas une très bonne année pour Roger. Il n’était pas en super condition physiquement. Je suis certain qu’il est beaucoup mieux aujourd’hui. Il est au même niveau que l’année dernière. Il n’est plus le même joueur que quand je l’ai battu à Wimbledon. Mais aujourd’hui, ce qui est bien pour moi, c’est que j’ai envoyé un message. Un bon message, je pense. Je suis là, je joue bien et vous pouvez compter sur moi.
Voyez-vous Federer gagner ce tournoi ?
J-W.T. : Je ne sais pas. Andy n’a pas perdu un seul set donc il est en bonne position avant d’aborder les demi-finales. Novak a eu des matches durs, mais je suis sûr qu’il est en super condition. Roger a eu un match dur aujourd’hui mais, pour cinq sets, nous n’avons joué que 3h15 ou 3h20, parce que nous étions agressifs tous les deux et on n’a pas passé trop de temps sur le court. C’est difficile. Je vais dire Andy, mais tout peut changer.
Une fois encore, les quatre premières têtes de série sont dans le dernier carré, et l’absence de Nadal lors des deux derniers tournois n’y a rien changé. Cela vous surprend-il ?
J-W.T. : En tennis, vous ne pouvez pas mentir. (Il insiste) Vous ne pouvez pas mentir. S’ils sont numéro un, deux, trois et quatre, c’est qu’ils le méritent et parce qu’ils sont les meilleurs. C’est aussi simple que ça.
Il y a cinq ans, vous aviez explosé en atteignant la finale ici. Si vous deviez comparer le Tsonga de 2008 à celui d’aujourd’hui, que diriez-vous ?
J-W.T. : Je pense que je suis plus solide. Parfois, vous jouez deux semaines à un niveau incroyable et vous ne savez pas trop pourquoi. Mais pendant ces deux semaines, c’est comme ça. Puis après, pendant plusieurs mois, vous perdez tout. Je suis plus constant aujourd’hui, je suis meilleur qu’il y a cinq ans, c’est une certitude.

2013 Open Australie Jo-Wilfried Tsonga

Crédit: AFP