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Open d'Australie

Djokovic, marathon man

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ParEurosport
23/01/2013 à 17:52 | Mis à jour 24/01/2013 à 06:47

Novak Djokovic a encore démontré après son match à rallonge contre Stanislas Wawrinka une incroyable capacité de récupération. Mais comment fait-il ? Dans le contexte Armstrong et Rochus, le numéro un mondial a dû répondre aux insinuations avant d'affronter David Ferrer en quart de finale (9h30).

"Je me sentais suffisamment bien pour rejouer cinq heures." Cette phrase, lâchée après sa victoire contre Tomas Berdych mardi, en dit long. Elle résume même tout. Novak Djokovic touché, émoussé, entamé parce qu’il avait livré un combat de cinq heures face à Stanislas Wawrinka deux jours plus tôt ? Vous n’y pensez pas. Voilà des mots qui n’existent pas dans le langage du Serbe. Il a une fois de plus démontré son impressionnante capacité de récupération. Comme l’an dernier, lorsqu’il avait enchainé de la même façon deux matches marathon d’une incroyable intensité en demies (contre Murray) puis en finale (face à Nadal) pour conquérir son troisième Australian Open.

Difficile en tout cas, pour qui aurait pris l’histoire en cours de route, d’imaginer que le numéro un mondial avait effectué une telle débauche d’énergie 48 heures avant son quart de finale. Face à Berdych, il est apparu saignant, fluide et incisif dès le premier point. Du coup, lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre, la quasi-totalité des questions a porté sur cet aspect : la condition physique de Djokovic. Comme si tout le monde voulait comprendre. Comprendre pourquoi, et comment le Djoker parvient à enchainer de la sorte. A un journaliste comparant l’état de Gilles Simon, pouvant à peine marcher après sa bataille face à Monfils, au sien après son combat contre Wawrinka, Djokovic répond de façon sibylline : "Ça dépend des joueurs, et des habitudes qu’ils ont après les matches. Nous avons tous nos trucs. Pour moi, ça a marché par le passé, et ça a encore marché cette fois." Et lui, quel est son truc, justement ? "Je ne peux pas dire ça. Désolé. Ça doit rester privé". Toujours consent-il à expliquer qu’il a "compris ce qu’il fallait faire", avec son équipe, pour être "professionnel sur et en-dehors du court."

"Légal, correct et naturel"

Une chose est sûre, Djokovic met un soin tout particulier à sa préparation. C’est un obsédé de la récupération et du physique. Peut-être parce qu’il a payé pour apprendre dans certains matches au début de sa carrière. "A mes débuts, je suis passé par différents types de challenges, techniques mais aussi physiques, explique-t-il. J’ai commis des erreurs. J’ai vite pris conscience que je devais absolument progresser parce que je souffrais parfois physiquement, notamment sous la chaleur. J’ai eu pas mal de soucis. C’est sans doute pour cela que j’accorde autant d’importance à l’entrainement et à la récupération, justement parce que j’avais vécu ces mauvaises expériences auparavant. Je ne veux plus connaitre ça et je fais ce qu’il faut pour."

Au fil des questions, Djokovic voit bien où l’assemblée veut en venir. Entre l’affaire Armstrong d’un côté et les déclarations d’un Christophe Rochus, convaincu que le dopage est répandu dans le tennis, le mot que tout le monde entend dans cette discussion, sans qu’il soit jamais prononcé, c’est "dopage". Quand un confrère finit par lui demander s’il comprend que le grand public puisse s’étonner de le voir toujours aussi fringant, Djokovic, sans jamais se départir de son calme, met fin à la discussion. "On peut  discuter longtemps de ce genre de choses, dit-il. Les gens qui ne connaissent pas le tennis, qui n’ont jamais vécu ce genre de situation ne peuvent pas comprendre ce qu’un joueur traverse non seulement dans la préparation d’un tournoi du Grand Chelem, mais aussi au cours du tournoi lui-même. Après cinq heures de match, vous devez accorder beaucoup de temps à la récupération et ça passe par différentes choses. Je comprends que beaucoup de gens aient des points de vue et des opinions différents et je respecte ça. Simplement, je fais tout ce que je peux, mais qui reste légal, correct et naturel, pour récupérer." Le message se veut poli mais ferme.

Crédit: SID

Si les causes restent mystérieuses puisque Djokovic refuse de dévoiler ses "trucs", le résultat, lui, est incontestable : le Serbe est bien le joueur le plus "fit" du circuit. Tomas Berdych ne s’attendait d’ailleurs pas à bénéficier d’une quelconque lassitude de son adversaire mardi. "Peut-être que si j’avais joué Stan, estime-t-il, leur match aurait pu avoir des conséquences sur sa condition physique. Ça l’aurait probablement affecté à mon avis. Mais pas Novak. Sûrement pas. Je veux dire, c’est le gars le plus en forme sur le circuit aujourd’hui." Personne ne le contredira sur ce point. David Ferrer, pas mal non plus dans le genre marathonien des courts, sait déjà à quoi s’attendre.

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